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	<title>Psychopompe</title>
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		<title>Psychopompe</title>
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		<title>Steel Fire in White</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Nov 2011 11:16:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Citoyenne du Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Lueurs d'aubes ou de bougies]]></category>
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		<description><![CDATA[Beauté de neige, blancheur de métal : white vs white.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2312&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Je ne devrais pas être là.<br />
Things to do. Places to be. People to see.<br />
(vieux refrain, pas vrai ?)</p>
<p style="text-align:justify;">Mais <em>avant</em>&#8230; suivre jusqu&#8217;au bout, avec vous, la piste ouverte par ma complice de marche sur sa Clef de Fa, dans son dernier, déchirant &#8220;<a href="http://laclefdefa.wordpress.com/2011/11/17/message-in-a-bottle/"><em>Message in a Bottle</em></a>&#8220;. Message déroulé, bouteille bue avec son goût de sel, jusqu&#8217;au dépôt – et le gris des cendres de virer gris acier. Un goût de métal en bouche, à défaut de pouvoir mettre une sensation sur l&#8217;invisible danger.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>J’en ai certainement déjà parlé ici, mais chopez si vous le pouvez le documentaire <strong>Into Eternity</strong>, film glacé, beauté froide aux relents de science-fiction, sur la construction d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires en Finlande.</em></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">&#8230; disait donc l&#8217;amie. Ai trouvé hier sur ma route <a href="http://www.intoeternitythemovie.com/"><em>Into Eternity</em></a> et, m&#8217;inclinant devant la synchro et les conseils, l&#8217;ai attrapé, et visionné dans la foulée.</p>
<p style="text-align:center;"><span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='460' height='289' src='http://www.youtube.com/embed/qoyKe-HxmFk?version=3&amp;rel=1&amp;fs=1&amp;showsearch=0&amp;showinfo=1&amp;iv_load_policy=1&amp;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span><span id="more-2312"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Ce docu. Hallucinant. Un saisissement mental et visuel, une perfection dans l&#8217;exécution qui s&#8217;insinue dans l&#8217;esprit, s&#8217;installe dans les os, glaçante. Images marquées non au fer rouge, mais au feu blanc, au métal froid. Atmosphère entre horreur et sf, l&#8217;imagination reconnaissant les codes cherche le monstre tapi dans le décor hostile&#8230; mais il n&#8217;y a que des hommes, aux prises avec ce qui dépasse l&#8217;entendement. Comment mieux réaliser la folie du nucléaire, qu&#8217;en plaçant son activité sur la ligne du temps de l&#8217;humanité, ainsi démesurément, impossiblement étirée. Bâtir pour une perspective de durée de 100 000 ans, chercher comment adresser un message d&#8217;avertissement clair à des générations situées si loin dans le futur qu&#8217;on ne peut imaginer ce qu&#8217;elles seront, ce qu&#8217;elles sauront, ce qu&#8217;elles comprendront&#8230; et penser, en regard, aux pyramides si mystérieuses du loin de leurs petits milliers d&#8217;années, à la mouvance des civilisations&#8230; Folie.</p>
<p style="text-align:justify;">Partie fiction, le réalisateur a choisi de présenter son documentaire comme, justement, un message adressé à ces générations à venir dont on ne sait rien. On bascule, fasciné, de l&#8217;autre côté de la ligne du temps, saisissant au passage un possible paysage légendaire.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2313" title="Landscape of thorns" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/landsc10.jpg?w=300&#038;h=221" alt="" width="300" height="221" /></p>
<p style="text-align:justify;">Message imaginé : une forêt d&#8217;épines, pour tenir les populations du futur à l&#8217;écart du lieu contaminé<em>. </em>&#8220;<em>When you opened Onkalo, did you see landscapes of thorns?</em>&#8221; demande le narrateur. Demande s&#8217;il en existe d&#8217;autres, des forêts de ce genre, poussées autour d&#8217;espaces maudits. Le vertige me saisit. Impression terrible de voir naître les mutations à venir du conte de la Belle au Bois Dormant. Une terre irradiée, et ainsi close au monde, une terre où le temps humain, la vie humaine n’aurait plus de place. Les cent ans deviennent cent mille. Il n’y aura pas de prince.<br />
&#8230; Du moins faut-il le souhaiter. &#8220;<em>did you see landscapes of thorns ? did it make you hesitate&#8230; or maybe curious?</em>&#8221; Curiosity kills. Le prince cherche un château et une belle, mais trouve, et ouvre, une boite de Pandore.</p>
<p style="text-align:justify;">Comment communiqueront les gens de cette lointaine époque, s&#8217;interroge-t-on longuement dans le docu. Et je me demande, moi, comment aura évolué leur inconscient collectif. Quelles mutations le nucléaire, avec ses conséquences encore inconnues, ses issues incertaines et possiblement dramatiques, aura-t-il provoquées dans les esprits ? Si Godzilla est né d&#8217;Hiroshima&#8230; quels monstres habiteront alors les souterrains du site d&#8217;enfouissement des déchets d&#8217;Onkalo ?</p>
<p style="text-align:justify;">Pas de réponse. Michael Madsen plonge l&#8217;oeil de la caméra dans l&#8217;abîme, l&#8217;abîme nous renvoie un regard glacé, et tout un tas de questions auxquelles les scientifiques et responsables interrogés n&#8217;ont pas de réponses. Juste des scénarios, des probabilités, des hésitations, des contradictions, des silences, des sourires fragiles ou des regards chargés.<br />
Dans ce vertigineux tourbillon d&#8217;incertitudes, on se raccroche à la présence humaine la plus manifeste : un visage, disputant à l&#8217;obscurité la part de lumière qu&#8217;il nous fait partager, le temps de dire une légende pour générations à venir. Et glacés que nous sommes par la démesure du nucléaire, on se dit que, décidément, oui, l&#8217;humanité dans ses durées connaît les limites de la flamme d&#8217;allumette.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-2314" title="Into Eternity – Madsen" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/into-eternity-michael-madsen.jpg?w=300&#038;h=159" alt="" width="300" height="159" /></p>
<p style="text-align:justify;">A la surface, au-dehors, au-dessus du centre en construction, la forêt, la neige, des rennes. Autre blancheur, de beauté celle-là, non d&#8217;horreur. Mon regard va du lit à l&#8217;écran.<br />
Sur le lit, le <em>White Nature</em> du photographe <a href="http://www.vincentmunier.com/">Vincent Munier</a>, grâce de cristal, l&#8217;immaculé, l&#8217;éphémère, beauté fragile et infinie. L&#8217;invisible se perçoit dans le souffle, dans l&#8217;harmonie d&#8217;ensemble du paysage.<br />
A l&#8217;écran, <em>Into Eternity</em>. Perfection de froide technique, blancheur de métal, le silence comme un ronronnement de machine ou un rayonnement d&#8217;atome. Esthétique inaltérable et tellement limitée, une éternité renvoyant à la finitude &amp; fragilité de l&#8217;humanité. L&#8217;invisible perçu comme une menace. La pensée de l&#8217;<em>autre blancheur</em>, la vraie, la vie, contaminée – insupportable.<br />
Les touches blanches de mon Mac électrique soudain me brûlent les doigts, sous la lueur blafarde de l&#8217;écran. Débrancher ?<br />
Il fait nuit. J&#8217;éteins la lampe, allume une bougie.</p>
<p style="text-align:justify;">Le froid recule – mais il est déjà allé trop loin. <em>Nous</em> en sommes arrivés là.<br />
Et on ne peut pas continuer comme ça.</p>
<p style="text-align:justify;">Ultime pensée glacée, chiffrée : pour que les populations d&#8217;Inde et de Chine rejoignent en l&#8217;espace de 20 ans, en matière de consommation électrique, le niveau occidental actuel, il faudrait, si on continuait comme on a fait, construire <em>trois nouveaux réacteurs nucléaires par jour.</em></p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;abîme nous regarde, l&#8217;oeil brillant d&#8217;une lumière froide.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/earthling/'>Earthling</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/psychopompe.wordpress.com/2312/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/psychopompe.wordpress.com/2312/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2312&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Love &amp; Revolution</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 14:56:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
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		<category><![CDATA[le Chant de la Marche]]></category>
		<category><![CDATA[Lueurs d'aubes ou de bougies]]></category>
		<category><![CDATA[Marcher dans la Beauté]]></category>
		<category><![CDATA[Resi-stare & stand]]></category>

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		<description><![CDATA["Or donc, ça campe à La Défense, et que dire de cela, de l’expérience ?" Une 'petite' carte, postée du camp...<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2246&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;"><em><span style="color:#808080;">For Freedom, Beauty, Truth, and Love.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;">Je vous parle depuis une petite boite en vrac.<br />
Ma chambre, vrac complet. Des piles de vêtements trempés, de books en équilibre précaire au bord du crash, de cartons couverts de slogans, fruit d’essais ratés.<br />
Ma chambre, jamais devenue si proche du pur point de chute. Choir dans le lit, sous la douche, pour chasser le froid. Le reste du temps, rire, humour un rien halluciné, que l’hiver a lancé son occupation OccupyBones.</p>
<p style="text-align:justify;">Je vois de l’occupation partout. Occupy Hope, Occupy Books, Occupy the Minds, the World. Occupy Money, so money won’t occupy <strong>you</strong>. Occupy the ads, the walls. Occupy Art, Occupy Hearts.<br />
Occupy yourself. C’est la base. Be the change. Be the light you want to see in the world. Be the lighthouse, standing tall in the wind, shining hope, shining change. Occupy the sky, to keep the big companies from colonializing it.<br />
Occupy public space, occupy the parks, the plazas. Occupy interstices, and occupy open air. Occupy the voids, the gaps.<br />
And learn to share, to live and breathe and dream and act there together.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2259" title="Respect // Resistance / \ Existence \\ Expect" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/img_0076.jpg?w=300&#038;h=225" alt="" width="300" height="225" /><span id="more-2246"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Je vois des slogans partout, des affiches, des messages. La créativité, envahissante et tenace comme une plante sauvage, une mauvaise herbe. Ai vu des centaines de pancartes pousser sur le sol, tant stérile d’apparence, de La Défense. Se faire arracher par la police, et repousser aussi sec. Vous vous rappelez cette image d’Astérix, quand les Romains veulent construire une résidence de luxe dans les bois, arrachent des chênes que le druide replante chaque nuit, d’un gland magique ? C’est La Défense, et les gens y sont irréductibles, et encerclés. Par la police, certes, déployée en des moyens démesurés. Surtout, nous sommes encerclés de symboles à la gloire d’un monde abhorré, les tours gigantesques de La Défense.<br />
On nous a dit, on nous répète, et je sais que certains d’entre nous le pensent également, que le lieu est mal choisi. Que c’est une copie mal pensée, mal dégrossie, de Wall Street, pour surfer sur la vague.</p>
<p style="text-align:justify;">… Vous avez déjà été à La Défense ? Mon train passe devant, moi, matin et soir, soir et matin, sans se lasser. S’y arrête, en milieu de trajet. Tous les matins, tous les soirs, moi qui ai la tête tournée sans cesse vers le ciel, j’y vois inscrits les noms d’Areva, d’EDF &amp; GDF, d’Alsthom, et je ressens pour ce ciel la rage de l’occupé contemplant l’arrogant occupant royalement installé sur des territoires qui, légitimement, ne lui reviennent pas. La Défense, c’est, pour les loisirs, un temple de la consommation à l’échelle géante, et pour le travail, un sanctuaire du monde financier. C’est un espace à la démesure de nos économies folles, où il n’y pas de place pour l’humain, perdu dans la foule des consommateurs, à l’intérieur, et, dehors, complétement écrasé par les tours, et par la vastitude de l’esplanade, cette grande place où rien ne pousse si ce n’est les opérations commerciales ponctuelles, cet endroit où l’on a oublié les arbres.<br />
C’est pour ça qu’on est là, même si l’endroit de fait n’est pas facile, un terrain hostile. Replanter la vie, replacer l’humain au centre. Mettre de la couleur, des rires, des cris, des chiens qui courent, de la diversité, dans ce coin de béton aseptisé. Revivifier cette poésie froide, revitaliser – car il y a une certaine beauté par ici, mais elle est vitrifiée, métallique, déshumanisée. C’est une poésie surréaliste ou futuriste, droit échappée d’un livre de Mike Davis. Un univers glacé, où nous sommes venus nous geler pour, justement, apporter de la chaleur. Pour combien de temps, on ne sait. Pour l’instant, on y est.<br />
(et c’est déjà beaucoup, pour nous qui sommes venus tout chargés d’espoir, mais n’attendant guère de pouvoir tenir ne serait-ce qu’une nuit)</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter  wp-image-2256" title="OccupyDefense" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/img_0096.jpg?w=174&#038;h=417" alt="" width="174" height="417" /></p>
<p style="text-align:justify;">Or donc, ça campe à La Défense, et que dire de cela, de l’expérience ?</p>
<div id="attachment_2266" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-2266  " title="Night @Occupy" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/occupy2.jpg?w=300&#038;h=225" alt="" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">I&#039;d rather dream great than sleep well</p></div>
<p style="text-align:justify;">C’est le moment, je pense, de préciser que je ne parle ici qu’en mon nom propre, sans étiquette. Le campement accueille toute une diversité de personnes et d’expériences, une variété d’indignés et d’indignations. J’en suis part, mais non, ici, porte-parole. Je vous livre un point de vue, un vécu tout personnel, en subjectivité nécessaire, et assumée. Et si j’ai eu tant de mal, tant traîné à me poser devant le clavier, c’est à cause du camp, justement, je crois. Je me sens étrangement réticente à passer du « nous » au « je » (et ne le fais qu’à la pensée d’un autre « nous », celui des ami-e-s physiquement distants, présents par le cœur, et dont les messages solidaires vont, justement, droit au cœur), et c’est un effet secondaire de l’occupation que la solitaire et asociale ci-présente n’attendait pas. Une surprise, une grâce – et pourtant, je ne suis pas la plus impliquée, active ou efficace dans le camp. Mais chacun y est accueilli, on trouve une place pour tous, on prend soin les uns des autres, et c’est beau à voir, touchant à vivre. Expérience, à petite échelle, d’une société réparée, aperçu de ce que pourrait être, et devrait être, la société. Comme une tribu, un peu. Comment dire cela, cette chaleur humaine, ce chaud au cœur ? A la fin du premier week-end, quand au petit matin je laissai le camp pour reprendre la route du travail, la route des travailleurs, le froid m’a saisie dans le métro. Foule indifférente, les regards tellement fermés qu’on les croirait morts, un stressé qui me bouscule en râlant pour lui avoir fait l’affront de me trouver sur sa route… Les camarades me manquaient déjà, eux que j’avais quittés en pleine opération d’accueil des travailleurs à la sortie du métro, bardés de pancartes Free Hug, de rires et de plaisanteries, d’invits à venir partager un café et échanger des idées.<br />
<strong><em>El pueblo unido jamas sera vencido.</em></strong> Cri de guerre, de résistance pacifique, et de fraternité. Je ne l’entendrai plus jamais pareil. Et peine à détailler tous les fils de cette toile fraternelle. Lesquels dire ? Les membres que l’on entrelace pour mieux résister à une charge de crs, et bloquer d’une chaîne humaine l’accès à ces pauvres tentes qui nous seront arrachées ? les rires qui chassent la peur, les plaisanteries échangées pour narguer tout danger, les voix qui s’unissent pour lancer un message vers le ciel, plus haut que les tours ? quand la vague d’uniformes reflue, les sourires, les petits mots qui circulent, « ça va ? », « tout le monde va bien, pas de blessés ? », « quelqu’un a perdu une chaussure, à qui elle est ? » (et en écho, l’  « attachez vos lacets, les amis » d’un petit malin) (pour l’histoire, la dite chaussure finira accrochée au drapeau des indignés, témoin des charges de la première soirée, avant qu’une autre vague de crs ne vienne l’emporter à jamais)<br />
Parler, aussi, des gestes qui se dessinent à la nuit tombée, quand le froid s’abat. Les couvertures réparties de façon à ne laisser personne démuni. Les duvets partagés – nous serons deux à habiter le mien, partageant encore un matelat gonflable avec une troisième personne, et c’est une telle solidarité naturelle qu’au lever du jour, au moment de partir vers une douche chaude, je ne me serais pas sentie de remballer mon couchage alors que d’autres encore gèlent sous une mince couverture de survie – je le dépose donc sur des épaules transies, et il n’aura pas quitté le camp depuis, et c’est bien et juste ainsi. Et je n’ai pas évoqué encore les anges qui veillent quand tous dorment (ou essayent de, parce que bon, c’est pas le confort de l’hôtel Pullman qui trône à deux pas – mais nous sommes venus faire la nique au monde de Pullman), les anges donc qui passent une partie de la nuit à ajuster les couvertures, à les répartir, à distribuer des couv’ de survie. Ni la magie du premier café au terme d’une nuit qui semblait n’en plus finir, ou le bonheur fédérateur d’une soupe chaude, surgie par enchantement pour réconforter tout le monde après une énième charge policière, ou l’accueil à coups de bisous les matins où je débarque, n’ayant pas campé, avec un thermos de café chaud. Ni le nombre de fois où l’on se tombe dans les bras, n’en revenant pas d’être encore là et d’être toujours ensemble, tout au plaisir de retrouver l’un ou l’autre de ces camarades avec qui l’on a échangé une pépite de chaleur. Les tabous physiques d’une société où personne ne se touche sont tombés, et je vais me jeter dans l’étreinte de ce type qui partagea un bout de nuit avec moi, juste comme ça, <a href="http://www.ludonline.fr/portfolio/wp-content/uploads/2011/11/indigne-14.jpg">parce que je l’ai vu se promener toute une soirée portant une jolie petite lanterne ouvragée</a>, parce que sa lanterne a survécu à une charge de la police, et que j’en veux saluer la lumière résistante, et réchauffante.</p>
<div id="attachment_2255" class="wp-caption aligncenter" style="width: 470px"><img class="size-full wp-image-2255" title="BeNuts" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/benuts.jpg?w=460&#038;h=344" alt="" width="460" height="344" /><p class="wp-caption-text">Pic (c) Will Why</p></div>
<p style="text-align:justify;">Parce qu’il y a ça, aussi, dans le paysage du camp : la lumière. Encore une fois, il faut voir le paysage de La Défense pour comprendre : tout un univers de lueurs artificielles, de néons qui brillent faussement et corrompent le ciel de Paris. La nuit au-dessus de nous n’est pas noire, elle est vaguement, salement mauve. Il faut vous dire la première nuit passée ici, sous ces lumières de l’industrie, parce que là aussi il y a du sens. L’extinction de l’Arche vers minuit, quand s’instaure en réponse la tradition, moquerie bon enfant, de chanter joyeux anniversaire – et quelque part, ce sera un anniversaire, soir après soir, célébrer le fait que nous ayons tenu un jour encore. Notre hallucination d’écolos, en constatant que plus de la moitié des bureaux, dans ces tours, ne sont jamais, jamais éteints – les néons flambent leur maigre feu toute la nuit, flambent l’électricité, flambent la santé de la planète. Ah, oui, nous sommes bien en plein domaine d’Areva et d’EDF. Mais ce territoire est fragile, altérable, et la nuit nous le rappelle, tandis que vers deux-trois heures du matin descend la brume, qui peu à peu avale les arrogants logos au sommet des tours, à ma plus grande joie. Le froid alors ne me paraît plus si hostile, l’hiver assaille à égalité l’humain, l’inhumain. Une force de la nature, vrai de vrai. Et donc, nous voilà, dans ce monde de néons. Et donc, nous dégainons, nous, les bougies. Accueillons la flamme, la petite lumière tremblotante et persistante, parmi nos symboles résistants. Quand les pancartes sont interdites, un jeu de bougies sera installé sur les marches de l’Arche, pour y dessiner en lumière le mot ‘indignés’. Certains soirs, des bougies sont posées tout autour du camp, ou déposées par d’autres anges gardiens au centre des cercles de travail. Elles sont disposées pour esquisser des cœurs, ou le symbole de la paix. Autre manière de ramener cet endroit déshumanisé à une meilleure échelle.<br />
Et puis, bien sûr, il y a l’aube. Cette part tellement important de mon petit rituel de vie personnel, et qui s’éclaire de nouvelles significations. Quand on arrive à ce moment, vers quatre-cinq heures du matin, où la nuit paraît durer d’éternité, nourrie par l’hiver, déployée sur le flux d’un froid qui nous semble installé à demeure… ah, la venue de l’aube. Je n’aurais jamais cru que je la regarderais un jour se lever depuis une telle place.</p>
<p style="text-align:justify;">…</p>
<p style="text-align:justify;">Tout ceci est hautement personnel, du pur vécu, et du vécu à travers ce filtre poétique que je forme sur le monde.<br />
J’entends les voix qui demandent, « mais, quelles sont vos revendications ? » Qui disent, ou sous-entendent, que sans une petite list of demands (big up @saul williams), on ne sera pas pris au sérieux.<br />
Alors, pour être claire : je me fiche d’être prise au sérieux par l’un ou l’autre parti politique. Ce que nous sommes en train de poser, là, c’est une autre forme de protestation. Nous disons que nous voulons dépasser les manifestations compartimentées, où l’on se bat pour une cause à l’exclusion de toutes les autres, et où l’on rentre chez soi le soir, laissant le pouvoir libre de faire œuvre de dénigrement, ou carrément de nous ignorer.<br />
Dans le camp, parfois, quand deux personnes font connaissance, cette question souvent remonte : « Et toi, qu’est-ce qui t’indigne ? » En écho, il y a aussi l’action lancée par les artistes, allant demander aux gens « Et vous, qu’est-ce qui vous fait battre le cœur ? », réalisant une fresque à partir des réponses. Et les réponses, à l’une et l’autre question, sont diverses, bigarrées. Différentes, quoique souvent convergentes.</p>
<p style="text-align:justify;">L’occupy mouvement ne se laisse pas cerner. Ecolo, social, économique, anar, révolutionnaire, jeune et vieux, populo ou bobo, eux, nous, whatever : chacun trouve à s’y exprimer, à exprimer sa colère face au système actuel, et son besoin de changement. Je ne crois pas que nous soyons là pour revendiquer. Nous sommes là pour incarner le changement, le besoin d’un monde meilleur qui ne soit pas le meilleur des mondes. Et mettre en place, sur cet espace public reconquis, l’expérience d’alternatives. A La Défense, ce n’est pas encore flagrant, parce que les autorités ne nous permettent pas de construire : tout ce qui pourrait durer est systématiquement détruit, raid après raid après raid. Les tentes. Les édifices de cartons et de bois, les ‘chambres’, la bibliothèque, le salon des artistes, le coin cuisine, le point info : tous les jours, voire plusieurs fois par jour, une marée d’uniformes déferle, emportant dans son reflux tout ce qui fut bâti. Nous, on nettoie la place, comme on voudrait nettoyer le monde des saloperies d’autrui, et des crasses dont nous sommes collectivement responsables ; on rassemble le peu qui a survécu, on cherche, récupérant et recyclant, de nouveaux matériaux, et on reconstruit. C’est déjà une expérience, en soi. Dans l’espoir de ce que l’on a vu réaliser ailleurs : des espaces communautaires d’où l’argent a été banni, où chacun reçoit selon ses besoins, où tout se partage et s’échange. Il y a tant de choses qui me font battre le cœur, comme il y a tant de choses qui m’indignent, pour répondre à ces questions d’occupiers – et je peux le dire, <a href="http://peopleslibrary.wordpress.com/">la bibliothèque d’Occupy Wall Street</a>, libre, fonctionnant selon un système de confiance qui fait honneur à tous, cela, oui, ça m’a fait battre le cœur. Je veux voir de tels espaces de partage se propager, reprendre le terrain sur la pub, sur le commerce, sur l’industrie polluante et non-pensante. Je suis là pour ça, <em>aussi</em>.</p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2262" title="Y croire a du sens" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/img_0097.jpg?w=225&#038;h=300" alt="" width="225" height="300" /></p>
<p style="text-align:justify;">Et pourquoi, sinon pour cela, avoir choisi, s&#8217;obstiner à occuper un terrain aussi inhospitalier, où l&#8217;on savait qu&#8217;il nous serait mauvais accueil par les autorités, et qui s&#8217;avère, dans la pratique, difficilement défendable ? Pourquoi d&#8217;autre, être là ? Pour se fighter avec les flics, générer du buzz ? Ah. Ce qui me fait aussi battre le coeur, dans ce mouvement, c&#8217;est qu&#8217;il est non-violent, et non-binaire. Vous noterez que je n&#8217;ai fait passer aucune image, aucune vidéo de &#8216;violences policières&#8217;. Ce n&#8217;est pas cela que je retiens des moments passés sur place, pas les charges ou les destructions – je ne donne pas aux autorités le pouvoir de nous acculer à l&#8217;affrontement comme seul mode de communication – mais l&#8217;ouverture au dialogue, mais le besoin de compréhension.<br />
Là encore, l&#8217;expérience fut riche, et je ne sais par où commencer, encore moins conclure. Par le premier soir, peut-être, quand il était évident que ça allait péter d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre ; que les CRS sont arrivés, silhouettes sombres se détachant du sommet des marches de l&#8217;Arche, provoquant comme un vent de panique chez certains, un frisson chez ceux qui pensent aux forces de l&#8217;Empire, contre-attaquant ; et que cette ligne inquiétante recula, une première fois, tandis que refluait la peur, devant un groupe de clowns qui monta les marches en tendant un fil orné de ballons. Cette belle image, je ne l&#8217;oublierai, je crois, jamais. Par cette première, misérable nuit, où l&#8217;on s&#8217;arma d&#8217;amour &amp; d&#8217;humour pour résister aux tentatives de sape de la police, qui ne pensait pas que le mouvement survivrait à la nuit, si l&#8217;on nous rendait la vie impossible, en confisquant tentes, nourriture, puis les bâches pour s&#8217;abriter de la pluie, et enfin jusqu&#8217;aux couvertures de survie. On a tenu, pourtant, en faisant péter les plaisanteries – sur la collection de tentes des crs, sur le préfet qui paye mal ses troupes, les réduisant à la rapine. On a tenu en emboitant le pas aux forces de l&#8217;ordre qui sillonnaient le camp par petits groupes prétendument intimidants (dans le but, comprendrons-nous à la dure, de repérer tout matériel &#8216;utile&#8217;, pour nous le confisquer en raid éclair). On a tenu en brandissant nos mains ouvertes, taggés de petits coeurs. Et en allant discuter avec ces messieurs qui eux aussi se sont gelés toute la nuit (quoique mieux protégés que nous, et régulièrement relevés, <em>eux</em>). En promettant de partager la bouffe, s&#8217;ils nous la rendaient. En proposant des jeux pour se réchauffer, tout en sachant pertinemment que toutes ces offres seraient lettres mortes. Mais au moins, on offrait de la vie, et on arrivait même à récolter, chez certains, quelque chose qui ressemblait bien à un petit sourire en coin. Les plaisanteries perdureront et évolueront au fil des jours et des vexations, même si chez certains la bonne humeur parfois tendra à s&#8217;user – mais les autres sont là alors, nous sommes là, tant qu&#8217;on peut, pour rattraper celui qui flanche. Aussi l&#8217;occupation évolue-t-elle également en cohabitation, pas si antagoniste que les médias (ou le préfet, sans doute) le souhaiteraient. Et c&#8217;est ainsi que dans les zones liminaires de notre petit camp s&#8217;esquisse une autre expérience de dialogue, où l&#8217;on sent affleurer, parfois, comme des contradictions, des tentations aussi peut-être. Les types qui, s&#8217;emmerdant ferme sans doute, vont lire les cartons qui entourent les indignés, les commenter – ces mêmes cartons qu&#8217;ils détruiront sans hésiter sitôt lancé l&#8217;ordre d&#8217;une charge. Ceux qui ont fouillé nos sacs, à une copine et moi, tandis qu&#8217;on revenait d&#8217;une ballade nocturne dans La Défense ; qui nous auraient pris sans tergiverser nos duvets s&#8217;ils en avaient trouvé, parce que Célézordres, mais qui en même temps se souciaient de savoir si l&#8217;on avait des vêtements assez chauds pour la nuit. Etrange position que celle où la cohérence s&#8217;écrase devant les ordres. Personne n&#8217;aimerait être à leur place, et quand la tension monte trop, c&#8217;est ce que l&#8217;on souligne, chantant en choeur &#8220;Si tu es fier d&#8217;ton métier frappe dans tes mains&#8221;, et chaque clap-clap à la barbe des uniformes est une manière de demander &#8216;Et toi, tu es fier, là, de ce qu&#8217;on te fait faire ? T&#8217;aurais pas mieux, justement, à faire, dans ce vaste et triste monde, que de t&#8217;acharner sur un tas de cartons ?&#8217; Leur métier nous interpelle, nous qui nous battons pour la créativité et la liberté d&#8217;expression – pourquoi la république aurait-elle besoin de tenir ainsi sous la botte du pouvoir ceux qui sont censés être les gardiens de ses institutions ? La réelle démocratie, maintenant, c&#8217;est là aussi, encore, qu&#8217;elle se joue. Commotion récente à Wall Street : un officier de police à la retraite, <a href="http://www.deathandtaxesmag.com/161545/retired-philadelphia-police-captain-ray-lewis-arrested-at-ows-calls-nypd-rationale-a-farce/">Ray Lewis</a>, a été arrêté avec les occupants. <em>&#8220;All the cops are just workers for the one percent, and they don’t even realize they’re being exploited&#8221;, dira-t-il. &#8220;As soon as I’m let out of jail, I’ll be right back here and they’ll have to arrest me again.&#8221;</em><br />
Au téléphone, ma mère est dubitative. Elle campe, elle, sur le slogan CRS = SS, ne comprend pas qu&#8217;on le remplace d&#8217;un &#8220;La police, avec nous !&#8221; Je lui rappelle un de ces chants qui bercèrent mon enfance, <em>M&#8217;en voudrez-vous beaucoup, si je vous dis un monde, où l&#8217;on n&#8217;est pas toujours, du côté du plus fort&#8230; Ils tournèrent leurs carabines&#8230;<br />
</em>&#8230;<em> Potemkine</em>, elle enchaîne, et rend les armes.</p>
<p style="text-align:justify;">&#8230;<br />
Alors voilà. Je vois, sur le parvis de La Défense, sur la Puerta del Sol, sur la Liberty Plaza, à Tahrir, et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_villes_occup%C3%A9es_par_Occupy_movement">partout où cela prend</a>, Berlin, Vancouver, Londres, Oakland, Belo Monte, tant d&#8217;autres encore, je vois et sens une force à la recherche active d’alternatives, et traçant ses espaces d’expérimentations et de réflexions, ses enceintes sacrées délimitées de cartons comme une résurgence de téménos.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans les assemblées, la parole déborde. Tout le monde a tant à dire, et s’enivre un peu en redécouvrant cette sensation primordiale : être écouté, possiblement entendu. Les mains s’agitent en vagues, on se retrouve des semblables, on réalise que l’on n’est pas seul, que l’on n’est plus seul. Il y a un foisonnement d’idées, ou de désirs plus ou moins réalisables ; des groupes thématiques se sont mis au travail, pour recueillir le tout sous des formes décantées. Mais tout cela, on le sait, demandera du temps. Et ne sera pas présenté comme une réponse aux sommations politiques de nous définir par des demandes, de nous restreindre en une liste de revendications.<br />
Mes pensées, mes révoltes, mes combats, mes actions, les lecteurs &amp; amis de Psychopompe les connaissent, à force, je pense (j&#8217;espère). Ce que je découvre en ce moment, c&#8217;est (ce qui me manque tant au quotidien, tissé de grands moments de solitude) une <em>puissance</em> d&#8217;action, une volonté de changement, une force collective, et une résistance sous la forme d&#8217;une chaîne, mieux, une trame humaine, une communauté solidaire où il soit possible d&#8217;enfin tout lier, et de tous nous relier.<br />
<em>Mitakuye Oyasin</em>, diraient les Lakotas.</p>
<div id="attachment_2263" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.flickr.com/photos/kapkap/6188558484/"><img class="size-medium wp-image-2263" title="Compassion" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/compassion.jpg?w=300&#038;h=199" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Pic (c) Paul Stein, sous Creative Commons BY SA</p></div>
<p style="text-align:justify;">Nous sommes, d’abord, un mouvement. Débordant du cadre politique, des petits papiers de la Loi, nos messages essentiels envahissent les cartons et les murs, poussent dans la rue par milliers, en plein béton, en plein air, et tendus vers le ciel. Nous n’avons pas de leader, pas de parti. Tous parlent, et créent, et le message ainsi vit.<br />
Nous sommes une force sauvage, élémentale. Nous sommes le vent du changement.<br />
Nous sommes le Vif, levés pour dire que nous ne voulons plus d’un système qui est la mort et le mépris du vivant.<strong></strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong>* ** *** Voices in the Wind *** ** *</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>Les liens d’amitié qui se tissent sur ce mouvement sont jubilatoires. Ceux qui ne savent pas ce que signifie le lien social n’ont qu’à venir avec nous, ils en feront l’expérience directe ; ça dépasse les concepts. « L’essentiel est invisible avec les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur ».</em></span><br />
From Djidji, <a href="http://www.humanite.fr/politique/carnet-de-bord-dun-indigne-de-la-defense-483375">&#8220;Je resterai, coûte que coûte&#8221; : carnet de bord d&#8217;un Indigné de La Défense</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">Je pense que nous sommes témoins de la renaissance de ces qualités morales qui ont défini de manière si caractéristique les immigrants et les grévistes de la grande dépression, la génération de mes parents : je parle d’une solidarité et une compassion spontanées et larges fondées sur une éthique dangereusement égalitaire. Une éthique qui dicte de s’arrêter pour prendre en voiture une famille qui fait du stop. De ne jamais briser une grève même lorsque le loyer est en souffrance. De partager sa dernière cigarette avec un étranger. De voler du lait quand vos enfants en manquait et d’en donner la moitié aux petits d’à coté— ce que ma propre mère a fait de manière répétée en 1936. Une éthique qui dicte d’écouter attentivement les gens profondément silencieux qui ont tout perdu sauf leur dignité. De cultiver la générosité du « nous ».</span><br />
</em>From Mike Davis, <a href="http://mouvements.info/A-court-de-chewing-gum.html">À court de chewing-gum</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>“I would say to them that they need to wake up and look around at the world—we’re in an end-time moment. (&#8230;) There’s financial collapse, ecological collapse, there’s moral collapse and mental collapse.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> We’re entering this moment in human history where it’s now or never. And we can sit on our couches and be cynical, or we can do something. If we choose to be cynical, there is no salvation. There is no light at the end of this tunnel unless we make it.”</em></span><br />
From Micah White, <a href="http://thelinknewspaper.ca/article/1951#.TpSBGJ9QxjM.twitter">The Ballerina and the Bull</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>sometimes we forget that the world is absolutely fungible, morphable, re-creatable. we forget (maybe want to forget) that governments and systems topple ALL THE TIME, that human peoples have a habit of looking around, saying “nope, nope, don’t like this one bit” and gathering enough force, energy, and will to create a change. i’m sure at every single moment in history where a regime has seen a giant shift, there’s been those standing by, thinking that the impossible (change) would never happen, could never happen.</em></span></p>
<p><span style="color:#808080;"><em>is that you?</em></span></p>
<p><span style="color:#808080;"><em>could you honestly imagine a different kind of country, where business and government run without corruption, where the wealth of the land is fairly shared, where people actively took responsibility to take care of each other instead of just trampling their way to the top as an accepted way of life? or does that sound stupid, naïve, an impossible hippie-dream? what if everyone who thought that was a actually a pretty good idea stood up in solidarity and forced a change? would you stand up?</em></span></p>
<p><span style="color:#808080;"><em>if occupy does nothing else, it’s made people wonder that.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;">From Amanda Palmer, <a href="http://blog.amandapalmer.net/post/13000020529/greetings-from-sunny-occupy-and-this-ones-long-i">Greetings from sunny #Occupy</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">We all know, or at least sense, that the world is upside down: we act as if there is no end to what is actually finite: fossil fuels and the atmospheric space to absorb their emissions. And we act as if there are strict and immovable limits to what is actually bountiful: the financial resources to build the kind of society we need.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">The task of our time is to turn this round: to challenge this false scarcity. To insist that we can afford to build a decent, inclusive society – while at the same time respect the real limits to what the earth can take.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">What climate change means is that we have to do this on a deadline. This time our movement cannot get distracted, divided, burned out or swept away by events. This time we have to succeed. And I&#8217;m not talking about regulating the banks and increasing taxes on the rich, though that&#8217;s important.</span></em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">I am talking about changing the underlying values that govern our society. That is hard to fit into a single media-friendly demand, and it&#8217;s also hard to figure out how to do it. But it is no less urgent for being difficult.That is what I see happening in this square. In the way you are feeding each other, keeping each other warm, sharing information freely and providing health care, meditation classes and empowerment training. My favorite sign here says &#8220;I care about you&#8221;. In a culture that trains people to avoid each other&#8217;s gaze, to say &#8220;Let them die,&#8221; that is a deeply radical statement.</span></em></p>
</blockquote>
<blockquote><p>From Naomi Klein, <a href="http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/oct/07/fight-climate-change-99?fb=optOut">The fight against climate change is down to us – the 99%</a></p></blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>Le réalisme, c&#8217;est ce système qui va dans le mur.</em></span><br />
From David, quoted in <a href="http://www.telerama.fr/monde/a-la-defense-les-indignes-resistent-au-vent-du-capitalisme,75182.php">A La Défense, les Indignés résistent au &#8216;vent du capitalisme&#8217;</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">[Est-il] juste que quatre-vingt dix-neuf – ou plutôt neuf cent quatre-vingt dix-neuf – personnes [doivent] supporter les extravagances ou la supériorité d&#8217;un seul, en particulier si l&#8217;on considère que les hommes de ce type bâtissent d&#8217;ordinaire leur fortune aux dépens de leurs voisins ?</span><br />
</em>From un Américain des années 1765, quoted by Howard Zinn in <a href="http://atheles.org/agone/memoiressociales/unehistoirepopulairedesetatsunis/index.html">Une histoire populaire des Etats-Unis</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">The powers that be are overcome by the powers of being, which is to say, We Shall Overcome.</span><br />
<span style="color:#808080;">We shall overcome corporate greed, government negligence, martial law, anything you place in our way.</span><br />
<span style="color:#808080;">The anchorman, thrown overboard, has simply rooted us in history&#8217;s repeated cycle. Your history books are science-fiction. The people win!</span><br />
<span style="color:#808080;">&#8230;by a landslide, a mudslide, a tsunami, an earthquake, a hurricane, a tornado, all metaphors of vibrant emotion and epiphany.</span></em><br />
From Saul Williams, <a href="https://twitter.com/#!/SaulWilliams">#occupyallstreets on twitter</a></p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>You cannot evict an idea whose time has come.</em></span><br />
From Le monde, à travers slogans &amp; pancartes</p>
</blockquote>
<p style="text-align:center;"><strong>*** ** * Soundtrack to the wind * ** ***<br />
</strong></p>
<div id="id_4ec7aac809b027355616695" style="text-align:center;"><span style="color:#808080;"><em>Fluide comme l&#8217;eau, libre comme l&#8217;air</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Comme l&#8217;éther, pur comme le feu et solide comme la terre&#8230;</em></span><span style="color:#808080;"><em><br />
A la mémoire des nôtres, de nos galères et des potes</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Des coups de sang énormes et du poids sur les épaules</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> A la lumière de nos torts, de nos erreurs et des vôtres</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> A la folie de l&#8217;époque, à tous les fruits de nos révoltes</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> A nos rêves qui se vautrent, au monde qu&#8217;on nous a laissé</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Aux idéaux qu&#8217;on porte, dans les tripes de nos âmes blessées</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Aux nôtres qui s&#8217;endorment la haine au ventre</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Nos rêves d&#8217;enfant, à l&#8217;air, au vent&#8230; A fond !</em></span><span style="color:#808080;"><em><br />
Voici que reviennent les sauvages, secouer ceux qui dorment</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Dans leurs cages dorées, nous sommes venus briser vos idoles</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Nous sommes ceux qu&#8217;on ne dompte pas, ceux qui viennent crier sur les toits</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> La digne liberté perdue, Que la nature reprenne ses droits !&#8230;</em></span><span style="color:#808080;"><em><br />
Le vent effrite nos poids, souffle sur nos voiles</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Les poumons plein de rêves, laissez passer les sauvages</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Au delà de vos lois comme l&#8217;Amour, comme le temps</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Comme la mort, comme le vent, comme la vie, comme le Grand,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Bienvenue dans la création, sachez que ce n&#8217;est pas la vôtre,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Libres enfants de Dieu, ce n&#8217;est pas votre veau d&#8217;or que l&#8217;on adore !</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Sous les canons des ordures</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Ils nous ont mis du plomb dans les ailes&#8230;</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Alchimistes, on en a fait de l&#8217;or pur !</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Dîtes-leur qu&#8217;on ne dort plus, que leur monde est tordu</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Qu&#8217;on évite les torpilles de leurs psychiques tortures</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Même si ça vous importune, on porte une cause</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em> Ami d&#8217;infortune, déploie tes ailes, et deviens qui tu es, OSE !</em></span></div>
<div style="text-align:center;"></div>
<div style="text-align:left;"><span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='460' height='289' src='http://www.youtube.com/embed/f7iuAz7sUvs?version=3&amp;rel=1&amp;fs=1&amp;showsearch=0&amp;showinfo=1&amp;iv_load_policy=1&amp;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span></div>
<div style="text-align:center;">*</div>
<div style="text-align:right;"><span class='embed-youtube' style='text-align:center; display: block;'><iframe class='youtube-player' type='text/html' width='460' height='289' src='http://www.youtube.com/embed/y0sE_OSW7A4?version=3&amp;rel=1&amp;fs=1&amp;showsearch=0&amp;showinfo=1&amp;iv_load_policy=1&amp;wmode=transparent' frameborder='0'></iframe></span></div>
<div style="text-align:right;"></div>
<div style="text-align:justify;"></div>
<div style="text-align:center;"><span style="color:#808080;"><em>Are you afraid to have someone believe in you?</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Can you commit to your ideals?</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Even if you think nothing of it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>are you willing to allow others to think the world of it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and of you?</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Pedagogue of Young Gods.</em></span><span style="color:#808080;"><em><br />
All slavery ever does is free you.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>All anyone ever does is an example.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>All power is just collective energy.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>To abuse the privilege is to sell your soul</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and that is to rent with the illusion of owning.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We are the landlords.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>If you misunderstand us,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>you&#8217;re dead and deserve your demise.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Your dominion is your overthrow.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>The controllers are controlled.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Spread the word,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>it will save you</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and depends on you to be understood.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>There is no school bell, only nursery.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Our heroes reward us with stars,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>ever-still, ever-moving.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We sing to ourselves in our cars.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Music is our sanctuary.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Anywhere you put it it&#8217;s ours.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Our living voice,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>our living testament.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We dream aloud,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>we scream and shout.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Our courage will defeat them.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Our struggle will unite us.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Our wisdom is ourselves,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>our resources our own,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>our blood ocean,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>our skin oil.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We are mountain and waterfall,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>they cannot contain us.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Their prisons will not restrain us,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>their customs will not un-name us.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We are what they know in their hearts,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>you guessed it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>you knew that,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>you felt it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>you tried to doubt it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>denied it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>but you knew it,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>ain&#8217;t nobody had to tell you.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We had them from the start.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>A world apart, a world within,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>ancient and luminous.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>The before before and the hereafter.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We are the essence of laughter.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>The comforting prayer</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and the gatekeepers</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and the street-sweepers.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>A mountain of ports outside of a city of dreams.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>A bird that prays, yet offers its wingspan to the wind.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Things are not as they seem.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We hover above while giving the appearance of scurrying below.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>All is as it should be.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We are more than we know.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>More than we hoped and dreamed,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>a generation of generators,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>a power source and supply.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>The better we learn to live,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>the better we learn to die.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Old as anything,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>old as everything,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>we are participants in a ritual</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>older than our collective memory,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>a marriage of heart and mind,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>secular and divine.</em></span><span style="color:#808080;"><em><br />
All is as it should be.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Slavery carefully bred us.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>No child of Greece or Rome can behead us.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We are ahead of our time.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Slavery was simply a state of mind.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Hip-hop reminded us of confidence.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Overcoming now is simply common sense.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>You deserve the ice and the riches of Solomon.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>But don&#8217;t let warped values turn you into hollow men.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Education is the only thing given that cannot be taken.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Learn to think for yourself,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>analyze the forsaken.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Pimp your fears,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>surrender to love,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>dance all night when you need to.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Play this song for a thug,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>let &#8216;em know ain&#8217;t no judgment.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>We all hustle and grind,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>any system against us is against the divine.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>But there&#8217;s no sense of glory in repenting,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and repeating,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>their mistakes.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>You have a greater calling.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Answering it is all it takes.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Take a second to hear this</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>and go back about your day.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Know that laws don&#8217;t govern us,</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>we&#8217;re governed by what we say.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>What we think, why we think it, how we handle.</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>Place no blame, point no fingers, take your aim.</em></span><span style="color:#808080;"><em><br />
Shoot to kill. the bullshit.</em></span></div>
<p style="text-align:justify;">&#8230; <em>Et je vais m&#8217;arrêter là. C&#8217;est fragmentaire, subjectif, cela ne saurait, et ne prétend pas à, saisir les formes mouvantes qui se dessinent dans l&#8217;espace d&#8217;occupation. Il y a tant à dire, de liens à souligner et faire passer, tout un débordement d&#8217;images et de messages qui occupe, aussi, le web, au point que l&#8217;on peine à garder pleinement trace. Impression d&#8217;être dans l&#8217;éphémère et l&#8217;instant, pour mieux défendre le durable et l&#8217;avenir.<br />
A La Défense, tandis que je tape, l&#8217;on réfléchit aux moyens d&#8217;étendre et renforcer le lien unitaire, l&#8217;unité, la légitimité, et d&#8217;inviter, notamment, les quartiers dits populaires en ce temple des 1% qu&#8217;ils n&#8217;ont guère l&#8217;habitude de fréquenter. Et de les aider, aussi, à reprendre les espaces que les autorités leur disputent, à coups de décrets tracassieurs, de contrôles au faciès, d&#8217;arrêts anti-mendicité, anti-vendeurs à la sauvette, anti-pauvres quoi. El pueblo unido&#8230;</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/alien/'>Alien</a>, <a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/earthling/'>Earthling</a>, <a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/hellgirl/'>Hellgirl</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/psychopompe.wordpress.com/2246/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/psychopompe.wordpress.com/2246/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2246&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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			<media:title type="html">psycheinhell</media:title>
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			<media:title type="html">Respect // Resistance / \ Existence \\ Expect</media:title>
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			<media:title type="html">OccupyDefense</media:title>
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			<media:title type="html">Night @Occupy</media:title>
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			<media:title type="html">BeNuts</media:title>
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		<media:content url="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/11/img_0097.jpg?w=225" medium="image">
			<media:title type="html">Y croire a du sens</media:title>
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			<media:title type="html">Compassion</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Flying is beautiful</title>
		<link>http://psychopompe.wordpress.com/2011/11/03/flying-is-beautiful/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Nov 2011 06:43:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alien]]></category>
		<category><![CDATA[Earthling]]></category>
		<category><![CDATA[Harmonie des Mondes]]></category>
		<category><![CDATA[Irruption poétique]]></category>
		<category><![CDATA[Marcher dans la Beauté]]></category>

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		<description><![CDATA[... Voler dans la beauté...<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2237&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Petit post spéciale dédicace à la Clef d&#8217;une amie, qui nous parlait, dernièrement, des mots de la beauté (je ne vous dis pas le sien – <a href="http://laclefdefa.wordpress.com/2011/10/26/oiseaux-de-montagne/">allez voir.</a>)</p>
<p style="text-align:justify;">Don pour don, oiseau de montagne pour oiseau de crépuscule, voici le mien, fraîchement découvert du jour. Il nous vient de l&#8217;anglais. Il n&#8217;en existe pas, à ma connaissance, d&#8217;équivalent en français. Et les sonorités en sont parfaites, l&#8217;expression résonne comme un poème à elle seule.<br />
Ecoutez le son que fait&#8230;</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.google.fr/search?q=murmuration+of+starling&amp;hl=fr&amp;client=firefox-a&amp;hs=EvW&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;prmd=imvns&amp;tbm=isch&amp;tbo=u&amp;source=univ&amp;sa=X&amp;ei=LDGyTs_9DYXvsgaNuLk3&amp;ved=0CFgQsAQ&amp;biw=1429&amp;bih=680&amp;sei=%20gjKyTt_LPMbusga0krhV"><strong>A Murmuration of Starlings.</strong></a></p>
<p style="text-align:justify;">Les &#8216;starlings&#8217; : des oiseaux, de la famille des passereaux. Des ailes dans le ciel, un point noir près des étoiles.<br />
A murmuration : c&#8217;est une image et un murmure, c&#8217;est un ballet de la nature. C&#8217;est, techniquement, une volée de passereaux, quand ils se rassemblent en nuages, et c&#8217;est, sans doute aussi, le froissement de ces milliers d&#8217;ailes sur le tissu céleste. C&#8217;est une des magies de l&#8217;hiver, puisque le phénomène débute à la saison froide, au soir, alors que les oiseaux se rassemblent dans la recherche d&#8217;une place où nicher pour la nuit.</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;expression n&#8217;appartient qu&#8217;à ces passereaux. Mais la terre entière en reçoit en partage la beauté soufflante, bruissante.</p>
<p style="text-align:center;"><div class='embed-vimeo' style='text-align:center;'><iframe src='http://player.vimeo.com/video/31158841' width='400' height='300' frameborder='0'></iframe></div></p>
<br />Classé dans:<a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/alien/'>Alien</a>, <a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/earthling/'>Earthling</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/psychopompe.wordpress.com/2237/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/psychopompe.wordpress.com/2237/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2237&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>L&#8217;insupportable quotidien (cliché, 1952-2010)</title>
		<link>http://psychopompe.wordpress.com/2011/10/20/linsupportable-quotidien-cliche-1952-2010/</link>
		<comments>http://psychopompe.wordpress.com/2011/10/20/linsupportable-quotidien-cliche-1952-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 05:27:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
				<category><![CDATA[Earthling]]></category>
		<category><![CDATA[Hellgirl]]></category>
		<category><![CDATA[De l'Alien à l'Autre]]></category>
		<category><![CDATA[Effractions sociales & fragments individuels]]></category>
		<category><![CDATA[Resi-stare & stand]]></category>
		<category><![CDATA[Scènes de ville / scènes de vie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://psychopompe.wordpress.com/?p=2227</guid>
		<description><![CDATA[Une ancienne entrée de blog, initialement postée sur myspace, remontée dans les souvenirs et que je fais remonter par ici. Je n&#8217;en suis pas fière. La scène n&#8217;est pas belle, pas propre, pas nette. Pas de happy ending, et pas de fin, puisque tout cela s&#8217;amplifie. C&#8217;était en 2010. Nous sommes en octobre 2011, et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2227&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><em>Une ancienne entrée de blog, initialement postée sur myspace, remontée dans les souvenirs et que je fais remonter par ici. Je n&#8217;en suis pas fière. La scène n&#8217;est pas belle, pas propre, pas nette. Pas de happy ending, et pas de fin, puisque tout cela s&#8217;amplifie.<br />
C&#8217;était en 2010. Nous sommes en octobre 2011, et <a href="http://www.europe1.fr/France/Ces-Francais-qui-font-les-poubelles-765167/">un brave maire UMP poursuit gaiement sa guerre aux pauvres</a>, mettant à l&#8217;amende les glaneurs de poubelles. Elle est où, la saleté ?<br />
Nous sommes en octobre 2011, et quatre militaires déployés en rose des vents, mais sans fleur au fusil, guettent à l&#8217;entrée du métro. Il y a un nombre incroyable ces jours-ci de cars de crs alignés le long des grands axes. Des caméras partout, et, comme me l&#8217;avouera une employée de la ratp, prêtes à s&#8217;assurer que les agents font leur travail, virent les mendiants, ces indésirables. &#8220;Ca ne m&#8217;amuse pas, mais je n&#8217;ai pas le choix, on est surveillés.&#8221;<span id="more-2227"></span> Les mendiants gênent le regard, gênent le passage en gare St-Lazare. Moi ce sont les pubs qui m&#8217;écorchent le regard, mais le marketing prolifère, et tous les matins, à l&#8217;heure de pointe, tandis que la bête à la Zola avale sa moisson de travailleurs au rythme de digestion de l&#8217;escalator, un embouteillage se crée autour des distributeurs de presse gratuite et d&#8217;échantillons promotionnels (les jours de sortie du catalogue Ikéa, c&#8217;est carrément la foire d&#8217;empoigne, sérieux). Je repense à Article XI, à la terrifiante analyse des luttes territoriales en gare du Nord :</em></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.article11.info/spip/Gare-du-Nord-La-fabrique-du-non">La fabrique du non-lieu</a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.article11.info/spip/Gare-du-Nord-Police-du-recoin">Police du recoin</a></p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.article11.info/spip/Gare-du-Nord-Theatre-brut">Théâtre brut</a></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Et j&#8217;apprends en ce même mois que le cercle de silence qui devait se fonder à La Défense est compromis. Motif : la société qui gère l&#8217;espace local n&#8217;a pas approuvé la présence des soutiens aux sans-papiers. Motif : &#8220;ce type de manifestation n’étant pas compatible avec la dynamique d’animations que nous souhaitons développer&#8221;</em>. <em>Ah bah forcément, c&#8217;est pas très animé un cercle de silence, zéro divertissement. Je google par curiosité (cette grande cause de mortalité féline) le nom de Defacto, la société en question. Ah, ils ont un site – et &#8220;l&#8217;ambition de l&#8217;excellence&#8221;. Je clique sur l&#8217;onglet &#8216;événementiel&#8217; : &#8220;</em>Pour un tournage de film, une opération de <strong>street marketing</strong> ou une manifestation <strong>culturelle ou publicitaire</strong>, La Défense vous accueille.<em>&#8221; Ah, yes. Le marketing oui, l&#8217;humanité non. C&#8217;est fou comme je me sens accueillie, là d&#8217;un coup.<br />
(Me demande comment ils accueilleront <strong><a href="http://www.fruncut.org/actions/78">cette dynamique d&#8217;animation</a></strong>, à La Défense, tiens, la semaine prochaine. Héhé&#8230;)</em></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Bon. Assez retardé. Vous connaissez le tableau. Le souvenir d&#8217;une scène &#8216;de détail&#8217;, donc, et qui fait toujours mal à cette heure.</em></p>
<p style="text-align:justify;">Scène de la vie parisienne.<br />
Setting : train de banlieue, fin d’une énième journée de labeur. Blottie contre la fenêtre, je bave sur mon bouquin – littéralement, rattrapée , acculée, assommée par la fatigue après mes jours à vélo et mes nuits sur l’ordi.<br />
Un éclat de voix me tire du truc. Assez violent pour avoir passé la musique du mp3, et les murmures de Morphée. J’ouvre un oeil.<br />
Un type est en train de balancer un journal à la gueule d’un cadre assis. Le cadre ne réagit pas, si ce n’est en rentrant un peu plus les épaules.<br />
Regard circulaire. Je n’en croise pas, justement, de regards. Le monde est très occupé à regarder – à ne regarder rien, pourvu que ce soit ailleurs. Le monde s’applique à ne rien voir.<br />
Focus sur l’énervé qui s’est retourné pour interpeller le reste de la rame. Je laisse glisser les écouteurs – « même pas un centime », que je me prends dans les oreilles. Le type avance, hurle qu’il en peut plus, et que personne n’en a rien à foutre, flingue la société, le métro boulot dodo et sa cohorte de lâches et d’indifférents, « je suis un bon à rien ?!? c’est vous les bons à rien, juste bons à attendre les vacances, et elles viendront même pas vos vacances, on vous les prendra et vous ferez rien, et moi j’ai faim, et vous faites rien, j’en peux plus, bande de bons à rien »<br />
Le type se fissure, fission, explosion, implosion intérieure d’un humain démoli par sa vie – face à lui, on ne pense qu’à éviter les éclats en répercussion, à ne pas se placer, justement, face à lui. Un être humain s’effondre, et il a raison, on ne fait rien.<br />
Au fur et à mesure qu’il dépasse une rangée, les regards se relèvent prudemment, le soulagement y allume une maigre lueur de néon sale.</p>
<p style="text-align:justify;">Je me lève, fait un pas dans l’allée. Faire quelque chose, sans savoir encore quoi. La Défense nous avale dans ses entrailles, pas mon arrêt mais je suis la masse. Repère mon gars qui file vers la rame suivante, m’y faufile à sa suite, m’installe tout près de lui.<br />
Ne sais toujours pas quoi faire.<br />
Tandis qu’il reprend sa litanie de la faim, je me rappelle les quelques pièces qui me traînaient dans la poche, le pourboire mis  de côté en guise de pourmanger. Je les rassemble, accroche le gars dans son passage toujours infructueux, sa montée renouvelée vers la rage. Parler surtout, tuer le silence, remplacer le mur par de l’humain – un maladroit voeu de courage, une risible excuse de n’avoir pas plus à filer. « Pas grave, t’auras vite oublié. Tu vas manger quoi ce soir, escargots, escalope à la crème ? »<br />
Je vois ce qu’il voit. Bouquin à la main, sac à dos, cheveux blonds et silhouette fine, mes 27 ans desquels on retranche souvent facile une dizaine d’années – une gamine, en route vers la sécurité du foyer familial.<br />
J’ouvre la bouche pour lui répondre que c’est mon repas du soir qu’il tient dans les doigts, mon sachet de pâtes. La referme, secoue juste tristement la tête, parce que ouaip, j’ai plus de chance que lui. J’aurais voulu l’ouvrir – dû ? pas dû ? –, pour tuer au moins l’indifférence, dire ‘regarde je ne m’en fous pas de ce qui t’arrive, regarde ce que je te file à travers ces piécettes’, mais que répondre qui ne sonne comme une justification alors qu’il n’y a rien – *rien* – de justifiable ni juste dans nos positions respectives, que répondre qui puisse compter quand l’estomac hurle sa douleur de vide ?<br />
Que répondre, quand une rame entière de braves gens carrément lâches vient de lui prouver que son mépris, sa rage, sa douleur ont de très bonnes raisons d’être ? Et que de telles preuves, il en reçoit, pas de doute, des tonnes au quotidien, tombereaux de désespoir&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">Une lueur étrange dans son regard. Il va tenter autre chose, un nouvel angle d’attaque contre ce mur de riches nantis où pas une porte ne demeure ouverte pour lui.<br />
Ecarte les pans de son vieux veston où se délave le bleu de l’océan, laisse voir un manche de couteau. Un laguiole. Dit que de toute façon, il va faire quelque chose, et n’est-ce pas qu’il est beau son couteau, hein, regardez tous, j’ai un couteau&#8230; Provoc’ de gars habitués aux regards détournés et têtes baissées de la bonne société. Mon voisin se raidit, lui se détourne pour repartir, pensant avoir marqué son point, tranché la situation, joué son rôle d’épouvantail de la société, le seul qu’il lui reste à endosser. Je pose sur les genoux, geste sans menace, le mien, de couteau (un couvert de randonneur écolo, sooo tough, girl). Je le rappelle :<br />
« Le couteau, l’arme, il n’est pas beau ou sale. C’est ce qu’on fait avec qui le rend bon, ou mauvais. »<br />
Il se retourne, laisse échapper un rire amer. « Avec moi, ce sera mauvais, je peux te le dire. Ce sera mauvais. » Du doigt, un geste tranchant en travers du poignet.<br />
« J’espère que non. J’espère. que. non. » Nos regards ne se lâchent pas. Ca ne dure pas longtemps, ça dure toujours. Ca change des regards pré-cadenassés, en tout cas.<br />
Il rompt le truc, riant encore, plus doucement. « Mais non, je vais pas le faire. » Plus doucement encore, un truc que je ne comprends pas. Ajoute, « Je te raconterai, un jour, si tu veux. »<br />
« Oui. » Je m’accroche à ça, qu’il y ait encore dans sa parole un demain, un jour à venir. Sans même savoir si j’ai le droit de le lui souhaiter, ce lendemain, vu la gueule du jour présent.<br />
Il hoche la tête, s’ébroue, s’éloigne en reprenant son laïus. Pas de travail, pas d’endroit où dormir, alors au moins, si seulement, de quoi manger messieurs-dames.<br />
Je suis son trajet le long de la rame, la démarche est un peu moins frénétique, pas apaisée – jamais, j’imagine –, l’élocution ne ressemble plus à celle d’un gars bourré parti en live dans ses bières. Il se tient droit, épaules déployées, même en plein lâchage de câbles, il s’est tout du long tenu droit.</p>
<p style="text-align:justify;">Sur le quai. Il change de rame. Je reste plantée là, un sale goût en bouche. J’en connais le nom : impuissance (pour épices, la rage, l’écoeurement).<br />
Poings serrés. Je veux un mur sur lequel cogner, démolir en mouvements furax cette saleté de feeling.<br />
Je cogne sur le monde et ses crasses.<br />
Impuissance. (un coup)<br />
Impuissance. (un coup)<br />
Impuissance. (un coup)<br />
C’est sur moi que je cogne. Une raclée, pour briser les limites. Pouvoir, enfin, changer les choses. Make a difference. Se secouer, remuer les eaux dormantes, pour ne pas y laisser infuser la sale leçon du système, celle qui voudrait nous persuader que l’on ne peut rien.<br />
Le coeur au bord des lèvres, coincé entre les dents serrées. Impuissance. Un coup. Impuissance. Un c– /play repeat, never stop/</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em>Je crève de faim, hurlait-il.</em><br />
<em>A la sortie des théâtres, l&#8217;homme criait au milieu de la rue, barbu et en veston court, sous la pluie. Il criait. Je crève de faim. Oh ! Payez-moi à manger ! Ce Oh ! sautait dans ma poitrine. Il ne s&#8217;adressait à personne en particulier, zigzaguait sur la chaussée. J&#8217;ai faim, pleurait-il, larmoyant, suppliant, reniflant, toussant, criant de nouveau, hurlant. Les gens cavalaient vers le métro et les taxis. Ils ignoraient s&#8217;il était soûl ou sincère, ils l&#8217;évitaient. Je crève de faim. Il ne sortait pas les mains de ses poches. J&#8217;ai faim. Au bout de la rue, ils se retournaient quand même avant de disparaître. Il continuait à chanceler, homme fantôme pourtant si proche, sirène de détresse crevant le brouillard. Dès qu&#8217;il frôlait un groupe, un couple, son cri les déchirait, les éparpillait, les femmes accéléraient, les hommes tournaient l&#8217;épaule. Sur une salle entière vidée sur le trottoir il n&#8217;eut pas une pièce de vingt ronds, les bourgeois veulent bien faire la charité mais il faut qu&#8217;on la demande poliment, et discrètement, qu&#8217;on fasse le beau d&#8217;abord et surtout pas cet affreux scandale sur la voie publique qui allait gâcher une si belle soirée, quelle horreur mon cher ! Pourquoi n&#8217;empêche-t-on pas cet état de choses, mon chéri ? Payez-moi à manger. Oh j&#8217;ai faim ! Il fléchissait sur ses jambes. Sa litanie devenait monocorde. J&#8217;avais la poitrine bouleversée. (&#8230;) Ce Oh ! dans ma tête jusqu&#8217;au bout de la nuit. Je n&#8217;avais jamais atteint ce délire de la faim où l&#8217;estomac remonte et bouffe le cerveau. La rue se vidait. Planté là dans le décor, impuissant puisque fauché, incapable de réfléchir à une combine quelconque, voulant mais ne pouvant fuir, l&#8217;abandonner. Il ne me voyait pas, ne voyait personne, gueulant sa malédiction au ciel, qui me coula dans le dos pendant des jours et coupa ma faim. Où est-il ?</em></p>
<p style="text-align:justify;">Clébert, <a href="http://www.editions-attila.net/paris_insolite/paris_insolite.html"><em>Paris Insolite</em></a> (encore une bonne pioche des chouettes éditions Attila)</p>
</blockquote>
<br />Classé dans:<a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/earthling/'>Earthling</a>, <a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/hellgirl/'>Hellgirl</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/psychopompe.wordpress.com/2227/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/psychopompe.wordpress.com/2227/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2227&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La façade de la violence</title>
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		<pubDate>Sun, 09 Oct 2011 12:38:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><object width="425" height="334"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/xlk9jx"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><param name="wmode" value="opaque"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xlk9jx" width="425" height="334" allowfullscreen="true" wmode="opaque"></embed></object></p>
<p style="text-align:justify;">Le contexte : arènes de Rodilhan. La finale 2011 du concours Graines de Toreros, où la jeune génération s&#8217;applique à massacrer des taurillons. Ceux-là n&#8217;ont pas deux ans, les autres en ont moins de 18 – et même s&#8217;il n&#8217;y pas d&#8217;âge, jamais, qui rende supportable la violence, c&#8217;est bien jeune pour avoir en bouche le goût de son propre sang, ou avoir celui d&#8217;autrui sur les mains.</p>
<p style="text-align:justify;">Un ensemble de militants organise une intervention non-violente : un groupe dans les gradins avec des banderoles, détournant l&#8217;attention tandis qu&#8217;un second groupe investit l&#8217;arène, s&#8217;enchaînant pour un sit-in.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour la suite&#8230; La vidéo parle d&#8217;elle-même. Montre à quelle vitesse la façade de l&#8217;esthétisme se désagrège, pour laisser place à la violence, sous l&#8217;effet de la frustration, face à la résistance pacifique. La foule veut ses jeux du cirque, et elle les aura coûte que coûte.</p>
<p style="text-align:justify;">Les militants auront tenu 20 minutes.<br />
Les six petits taureaux seront tués.</p>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est ça, la culture ?<br />
(Question subsidiaire : Et elle est où, la fameuse haine du genre humain censément manifestée par les défenseurs des animaux ? Chez ceux qui réclament le meilleur de l&#8217;humanité, et refusent que l&#8217;on banalise auprès de la jeunesse l&#8217;exercice de la torture, ou chez ceux qui envoient les leurs dans l&#8217;arène, puis n&#8217;hésitent pas à descendre cogner sur des personnes enchaînées ?)</p>
<br />Classé dans:<a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/earthling/'>Earthling</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/psychopompe.wordpress.com/2219/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/psychopompe.wordpress.com/2219/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2219&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>– je suis partie – mais je suis là – mais tout est partout –</title>
		<link>http://psychopompe.wordpress.com/2011/09/23/%e2%80%93-je-suis-partie-%e2%80%93-mais-je-suis-la-%e2%80%93-mais-tout-est-partout-%e2%80%93/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 05:53:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alien]]></category>
		<category><![CDATA[Earthling]]></category>
		<category><![CDATA[Citoyenne du Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Resi-stare & stand]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-papiers]]></category>

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		<description><![CDATA[D'ici à là, de là vers l'ailleurs, pas de frontière.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2202&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai la tête ailleurs. Un peu beaucoup passionnément. Les astres me l&#8217;ont soufflé, l&#8217;heure avait sonné de repartir sur les chères routes amérindiennes – Piste des Larmes, Medicine Road, la voie de la beauté. Non que je les avais vraiment quittées, mais vous savez&#8230; convergences, synchronicité. Ai reçu plein de books – jamais assez. Ai réussi à m&#8217;arracher des tripes certaine préface qui s&#8217;agitait, et m&#8217;agitait, depuis trop longtemps – c&#8217;était le moment – je ne connais que ces instants. Ai entendu résonner sur la place de la Concorde, de la bouche d&#8217;un fighter Choctaw pour les droits humains &amp; amérindiens, relayée par les percussions, répercussions deep inside du tambour, la fameuse chanson de l&#8217;American Indian Movement. Concordance.<span id="more-2202"></span></p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai la tête ailleurs, et aimerais l&#8217;avoir plus, parfois. Le malaise de notre société me frappe, par flux et reflux, vagues de mal-être portées par les mouvements furieux du Paris consommateur, consumateur.<br />
Hocho, disorder, l&#8217;harmonie naturelle perturbée. L&#8217;homme souffre comme son monde.<br />
Je cherche refuge, remède, près de l&#8217;eau, près des oiseaux. Je suis là, et le ciel aussi, blessed be.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai la tête ailleurs, et pas tant que cela. Je ne peux pas regarder ailleurs, ou vers le seul intérieur, quand le monde hurle que notre présence est requise. Je suis là, je suis présente.<br />
Un peu ici, un peu aux Etats-Unis. Devant l&#8217;ambassade, une voix dans la foule, je crie comme on allume une bougie, pour la fin de la barbarie. Cela n&#8217;aura pas suffi – Troy Davis a péri, exécuté alors que la majorité des témoins (sur la seule parole desquels reposait l&#8217;accusation, en l&#8217;absence de preuves matérielles) se sont rétractés, alors qu&#8217;il n&#8217;a cessé de clamer son innocence. L&#8217;esprit essaye de saisir la réalité de la peine de mort, la réalité de la vie d&#8217;un homme arrêté à 18 ans, condamné en 1991, exécuté en 2011 – 20 ans dans le couloir de la mort, dans une cellule de la taille d&#8217;une salle de bains, dans le silence (je ne trouve pas en ligne l&#8217;intégralité du texte qu&#8217;on nous a lu, qui m&#8217;a marquée, alors je vous renvoie aux écrits d&#8217;un autre condamné à mort se battant pour obtenir justice, Mumia Abu-Jamal, et je vais certainement rassembler mon courage pour en faire autant) – l&#8217;esprit essaye de saisir, l&#8217;esprit bloque, sent la folie au bout de la ligne. Un homme est mort, on n&#8217;a pas pu empêcher ça, et le combat alors doit en sortir plus vigoureux, déterminé. Et pour commencer :</p>
<p style="text-align:center;"><strong><a href="http://takeaction.amnestyusa.org/site/c.6oJCLQPAJiJUG/b.7741827/k.62FF/Not_in_my_Name_Pledge/apps/ka/ct/contactus.asp?c=6oJCLQPAJiJUG&amp;b=7741827&amp;en=dmIPI6PPJcIYLgOSLbKULiM9LvL9KmN4LtI9LqNaIAK">Not in my name – taking the pledge (Amnesty International)</a></strong></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">The state of Georgia shamefully executed Troy Davis on September 21, 2011 despite serious doubts about his guilt.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">But <strong>Not In My Name.</strong></span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">While a majority of the world – more than 65% of all countries – has abolished the death penalty in law or practice, the United States remains one of the top countries responsible for executing people.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;"><strong>Not In My Name.</strong></span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">Officials continue to allow this deeply-flawed, extremely arbitrary and severely-biased (both economically and racially) system to run rampant without checks, balances or concern for moral decency.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;"><strong>Not In My Name.</strong></span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">Guilty or innocent every person is a human being with human rights. Executions are always wrong.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;"><strong>I won&#8217;t stand for it.</strong></span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">THE DEATH PENALTY MUST BE ABOLISHED. I take this pledge because human rights and human lives are on the line.</span></em></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Pour continuer, en ce qui me concerne, je vais certainement aller voir de plus près ce qui se passe du côté de la défense d&#8217;Abu-Jamal, et de Leonard Peltier – ce militant amérindien emprisonné depuis maintenant 35 ans.<br />
(il y en a d&#8217;autres, bien sûr. Je cite ces noms parce qu&#8217;ils ont été associés au dernier rassemblement pour Troy Davis, parce que, ai-je découvert, putain, si tardivement, des soutiens se rassemblent chaque semaine devant l&#8217;ambassade&#8230; Mais il en est d&#8217;autres, et c&#8217;est l&#8217;abolition que nous voulons. Point.)</p>
<p style="text-align:justify;">Et je suis là, en même temps qu&#8217;aux Etats-Unis, en Russie. A me taper une méchante honte de <em>ne pas savoir</em>, parce que là encore, quelqu&#8217;un est mort, a risqué sa vie, en connaissance de cause, pour que tous sachent. Honte de connaître les noms, la Tchétchénie, Grozny, Anna Politkovskaïa, pas la réalité derrière. La réalité qui hurle pourtant, l&#8217;horreur et l&#8217;absurde enlacés. Tous les morts, toutes ces morts atroces, à la face du monde. Le regard vide des survivants, gamins ou grands-mères, l&#8217;esprit tué net par ce qu&#8217;ils ont vu, le sang des leurs sur la peau, à moins que les corps n&#8217;aient disparu, avalés par la terre silencieuse, engloutis sous d&#8217;anonymes ruines. <strong><a href="http://www.babelio.com/livres/Politkovskaia-Quai-je-fait-/118249"><em>Qu&#8217;ai-je fait ?</em></a></strong> instantanés d&#8217;une réalité plongée dans les ténèbres, chaque article comme un flash pour saisir le monstre qui avance dans le noir. Et ce noir-là est au grand jour.</p>
<p style="text-align:justify;">Je suis là, tant que je peux, à n&#8217;en plus pouvoir, quand s&#8217;élève la voix des sans-papiers. Répercuter la parole de ceux que l&#8217;on enferme, les prisonniers de cet absurde système des temps modernes, les proies de la machine à expulser. Not in my name, another pledge – faire honneur à la parole donnée il y a des années sur le <a href="http://www.educationsansfrontieres.org/article8941.html">manifeste des innombrables</a>, que l&#8217;on aimerait tant voir plus nombreux. Malgré notre opposition, <a href="http://www.lacimade.org/minisites/mesnil2">le camp d&#8217;internement du Mesnil-Amelot 2</a>, 240 places dont certaines toutes prêtes à accueillir <em>des enfants</em>, a ouvert ses portes. Les sans-papiers qui y sont retenus ont fait passer, sur un bout de papier, une pétition, protestation, appel au respect de leurs droits, de leur humanité.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.mediapart.fr/article/offert/476c5c5b0572343e55732d54de3efc66"><strong>L&#8217;appel au droit des étrangers enfermés au Mesnil-Amelot</strong></a></p>
<p style="text-align:justify;">Je suis là, et les murs sont partout. Mais avec eux, à travers eux, les passeurs, les interstices. Coup de projo sur les <a href="http://www.territoiresenmarge.fr/projets/">projets</a> de <a href="http://www.territoiresenmarge.fr/"><strong>Territoires en marge</strong></a> dont je viens de découvrir l&#8217;existence, témoignant, par la photo et l&#8217;audio, réfléchissant le thème de la frontière, de la migration, de la vie suspendue au fil de la marge – des vivants en marche, n&#8217;en déplaise aux murs.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">Un premier travail photographique sur la frontière Mexicano-états-unienne puis sur les migrants bloqués aux marges de l&#8217;Europe, sont à l&#8217;origine de Territoires en marge.</span></em><br />
<em><span style="color:#808080;"> Des frontières aux espaces de relégation que sont les prisons, les hôpitaux, les centres d&#8217;accueil d&#8217;urgence, les foyers d&#8217;hébergement, les camps, les cités, <strong>Territoires en marge cherche à interroger les formes de cloisonnement et la déshumanisation produites par un monde toujours plus divisé</strong>.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;"> Territoires en marge s&#8217;appuie et met en valeur la parole des hommes et des femmes tenus à la marge, en rupture ou en résistance. Nous avons donc pour ambition d&#8217;élaborer <strong>un espace de recherche artistique et documentaire</strong> qui questionne les thématiques suivantes : mise à l&#8217;écart, résistance/obéissance, figures de l&#8217;exclusion, réhabilitation, construction de la mémoire, rapports entre l&#8217;image et le pouvoir politique, rapports de forces sociaux.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;"> Nous voulons que Territoires en marge soit avant tout <strong>un espace d&#8217;exploration des lieux de mise à l&#8217;écart</strong> : documenter les lieux, comprendre leur histoire, les envisager dans une perspective politique et les aborder a travers ce qu&#8217;ils racontent de l&#8217;état de nos sociétés et du traitement des hommes.</span></em></p>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">Territoires en marge tient à développer une traduction formelle des thématiques abordées à travers <strong>une démarche photographique et audio-visuelle esthétique, rigoureuse et engagée</strong>.</span></em></p>
<blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><em><span style="color:#808080;">&#8221; Aujourd’hui de plus en plus d’humains se révèlent de trop ou problématiques pour le capitalisme mondial intégré. Population en voie d’expansion qu’avec Robert Castel nous appelons les « surnuméraires ». Il s’agit d’individus jugés inutiles pour le système de production et/ou indésirables pour l’ordre social. Déqualifiés économiquement, civiquement et politiquement, dispersés, sérialisés, impuissants ne disposant pas de la moindre conscience collective ni possibilité d’organisation, il ne leur reste que la résignation ou la rage, souvent autodestructrice. C’est pourquoi les dispositifs sécuritaires, chargés de protéger la population intégrée, cherchent à les contenir soit en les occupant malgré leur inutilité (passage du « welfare » ou « workfare State », activation, retour du diagramme de la responsabilité) soit, pour les irrécupérables, en les casant dans des zones d’exception telles que les banlieues-ghettos, les prisons et les camps.&#8221; </span></em><br />
<em><span style="color:#808080;"> Mathieu Bietlot. Le camp, révélateur d’une politique inquiétante de l’étranger,<br />
paru dans Cultures &amp; Conflits, 57 – L&#8217;Europe des camps, printemps 2005</span></em></p>
</blockquote>
</blockquote>
</blockquote>
<p>Un aperçu de leur boulot : <a href="http://www.territoiresenmarge.fr/projets/maroc-espagne/diaporamas_sonores/je-suis-pas-mort-je-suis-la.php">&#8220;Je suis pas mort, je suis là&#8221;</a></p>
<p style="text-align:center;"><div class='embed-vimeo' style='text-align:center;'><iframe src='http://player.vimeo.com/video/25212714' width='400' height='300' frameborder='0'></iframe></div></p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;ici à là, de là vers l&#8217;ailleurs, pas de frontière.<br />
Tout est lié, et le coeur est sans limites.</p>
<div id="attachment_2206" class="wp-caption aligncenter" style="width: 470px"><img class="size-full wp-image-2206" title="Vivre debout" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/09/imgp3270.jpg?w=460&#038;h=258" alt="" width="460" height="258" /><p class="wp-caption-text">4 sept 2010 – manifestation anti-raciste &quot;Non à la politique du pilori&quot;</p></div>
<br />Classé dans:<a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/alien/'>Alien</a>, <a href='http://psychopompe.wordpress.com/category/earthling/'>Earthling</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/psychopompe.wordpress.com/2202/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/psychopompe.wordpress.com/2202/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2202&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>L&#8217;empreinte des histoires sur la terre</title>
		<link>http://psychopompe.wordpress.com/2011/09/11/lempreinte-des-histoires-sur-la-terre/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 08:48:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>psycheinhell</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Citoyenne du Monde]]></category>
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		<description><![CDATA[Changer d'histoires pour changer l'Histoire...<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=psychopompe.wordpress.com&amp;blog=5003776&amp;post=2193&amp;subd=psychopompe&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<div style="text-align:right;"><em><span style="color:#808080;">&#8220;Quand on avait vu la lumière de la nuit, comme ça, sans vitre entre elle et les yeux, on connaissait tout d&#8217;un coup la pureté, on s&#8217;apercevait que la lumière du fanal, avec son pétrole, était sale, et qu&#8217;elle vivait avec du sang charbonné.&#8221;</span></em><br />
<span style="color:#808080;">Jean Giono, <em>Que ma Joie demeure</em></span></div>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;étais perchée avec bonheur sur ma fenêtre, à hauteur des cimes d&#8217;arbre et des chants d&#8217;oiseaux, au royaume des feuilles bruissant les prémices de l&#8217;automne, quand un feuillet d&#8217;autre sorte me fit basculer de mon perchoir.</p>
<p style="text-align:justify;">Vous le savez ou ne le savez pas, <a href="http://www.planetebleue.info/2011/08/ce-que-les-sables-bitumineux-et-le-pipeline-keystone-xl-signifient-pour-le-changement-climatique/">une grande bataille se joue en ce moment  aux Etats-Unis et au Canada, sur la question des sables bitumineux de l&#8217;Alberta</a>, cette source de pétrole à la saleté extrême. <span id="more-2193"></span>Point de focus : le projet de construction d&#8217;un oléoduc géant qui transporterait ce pétrole brut du Canada jusqu&#8217;aux raffineries du Texas, histoire que les States puissent avoir leur part du gâteau.<br />
Ce projet a rencontré, récemment, une résistance telle que j&#8217;ai entendu parler à plusieurs reprises d&#8217;un des plus grands mouvements de désobéissance civile autour du changement climatique. Du 20 août au 3 septembre, des milliers de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche, pour <a href="http://www.treehugger.com/files/2011/09/1252-peaceful-protesters-.php">une manif&#8217; marathon de protestation</a> – qui donna lieu à plus de 1200 arrestations sur place. Des étudiants, des activistes, des scientifiques, des artistes, des communautés indigènes&#8230; tous réunis pour rappeler à Obama ses responsabilités écologiques, et, vu les échos vibrants d&#8217;énergie qu&#8217;ils ont transmis, pas décidés à en rester là.<br />
Pour plus d&#8217;infos sur le mouvement et de nouvelles du front, c&#8217;est par là : <strong></strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong><a href="http://www.tarsandsaction.org/">Tar Sands Action</a></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Dans la foulée, un autre appel à Obama fut lancé (le 7 septembre) par 9 lauréats du prix Nobel de la Paix, pour l&#8217;inciter à mettre un terme à ce dangereux projet de construction. Rappelant que ces sables bitumineux, si on permettait qu&#8217;ils soient exploités à pleine capacité, deviendraient la deuxième plus importante cause de réchauffement climatique (on rappelle le calcul qui tue : <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-05-05-Sommet-UE-Canada-les-sables">l&#8217;équivalent d&#8217;une marée noire répétée chaque année, en termes de rejets atmosphériques !</a>), et que cela marquerait la fin, et l&#8217;échec, du combat climatique. Game over, martèlent les scientifiques qu&#8217;on n&#8217;aime pas trop écouter, dans les hautes sphères.<br />
<a href="http://www.nobelwomensinitiative.org/news/article/nobel-peace-prize-laureates-urge-obama-reject-keystone-xl-tar-sands-oil-pipeline">(L&#8217;intégralité de la lettre à Obama est en ligne par là.)</a></p>
<p style="text-align:justify;">Voilà pour le fond que l&#8217;on touche. Voilà où j&#8217;en étais, où l&#8217;on en est tous, lorsque je tombai, depuis ma fenêtre, sur un article de Naomi Klein, &#8220;On Precaution&#8221;. Naomi Klein (l&#8217;auteure de ces pavés que je vois souvent côtoyer en librairie le <em>Bidoche</em> nicolinesque, <em>No Logo</em> et <em>La stratégie du choc</em>) est partie active, activiste, du mouvement <em>Tar Sands Action</em>, elle était devant la Maison Blanche et fut arrêtée comme tant d&#8217;autres. Et, trimballée sur un bateau de chercheurs en pleine étude des conséquences de la BP-cata dans le Golfe du Mexique, elle s&#8217;interroge : qu&#8217;est-ce qui, bordel de bonsoir, peut bien inciter à prendre tous ces putains de risques mettant en danger tout ce que l&#8217;on a de plus précieux et irremplaçable, le vivant ? ça vient d&#8217;où, cette imprudence, cette inconscience, cette absence de garde-fous qui un de ces quatre nous fera bien basculer dans le gouffre, à pleine vitesse ?</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>In environmental circles, we often hear complaints that, rather than shifting to renewables, we are continuing with “business as usual.” That assessment is far too optimistic. </em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> The truth is that we have exhausted so much of the easily accessible fossil fuel that we have already entered a much riskier business era—the era of extreme energy. That means drilling for oil in the deepest water—including in icy Arctic seas, where a clean up may simply be impossible. It means large-scale hydraulic fracturing (&#8220;fracking&#8221;) for gas and massive strip mining operations for coal. And most controversially, it means the tar sands. (&#8230;)</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> The tar sands live under one of the last magnificent old-growth boreal forests. But the oil underneath those trees is not liquid, you can’t just drill a hole and pump it out. Tar sands oil is solid, mixed into the soil. So to get at it, you first have to get rid of the trees. Then you rip off the top soil and dig up the stuff—a process so disruptive it requires enlisting the biggest dump trucks ever built. It also requires a huge amount of water, which is then pumped into massive toxic tailings ponds. That’s very bad news for local indigenous people who are facing unusually high cancer rates.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> Tar sands extraction is growing so fast that the project can already be seen from space and could grow to an area roughly the size of England. This is not oil drilling. It is not even mining. It is terrestrial skinning. Vast vivid landscapes are being gutted, left monochromatic grey.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> I should confess that as far as I’m concerned, this would be an abomination if it emitted not one particle of carbon. But the truth is that on average, turning that gunk into crude oil produces about 3 times more greenhouse gas pollution per barrel than it does to produce conventional crude oil in Canada.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> How else to describe this but as a form of mass insanity? Just when we know we need to be learning to live on the surface of our planet—off the power of sun, wind, and waves—we are frantically digging to get at the dirtiest, highest emitting stuff imaginable.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> This is where our story about endless growth has taken us: to the tar sands, this black hole at the center of my country. A place of such planetary pain that, like the BP gusher, one can only bear to look at it for so long. As Jared Diamond and others have shown us, this is how civilizations commit suicide: by slamming their foot on the accelerator at the exact moment they should be putting on the brakes.</em></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Le suicide par l&#8217;écocide. &#8220;Terrestrial skinning&#8221; : la terre écorchée, les veines à vif.<br />
Voilà où l&#8217;on en est. Mais pourquoi ? Naomi Klein ne s&#8217;arrête pas aux explications les plus évidentes, le système capitaliste, l&#8217;avidité. Elle plonge vers le coeur, l&#8217;inconscient, les archétypes fondamentaux.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>Whether we actively believe them, or consciously reject them, our culture remains in the grips of certain archetypal stories about our supremacy over others and over nature. The narrative of the newly discovered frontier and the conquering pioneer. The narrative of manifest destiny. Of apocalypse and salvation.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> And just when it seems that these stories are fading into history, they show up, in unlikely places. For instance, I recently stumbled across a Motorola advertisement outside the women’s washroom in the Kansas City Airport. It was for the company’s new rugged cell phone. As a man gnaws on the phone to prove its ability to withstand the elements, the ad exhorts us to “Slap Mother Nature in the Face.” And it struck me that, in its own way, the bizarre ad was a crass version of our founding story—we slapped mother nature around and won. And we will always win, because dominating nature is our destiny.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> But this is not the only fairy tale we tell ourselves about nature. There is another one, equally important, about how that very same “mother nature” is so nurturing and so resilient, that we can never make a dent in her infinite abundance.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> Let’s hear from Tony Hayward again. You remember this one: “The Gulf of Mexico is a very big ocean. The amount of volume of oil and dispersant we are putting into it is tiny in relation to the total water volume.” In other words, the ocean is big. She can take it.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> It is only this underlying assumption of limitlessness that makes it possible to take the reckless risks that we do. Because this is our real master narrative: however much we mess up, there will always be more: more water, more land, more untapped resources. A new bubble will replace the old one, a new technology will fix the mess we made with the last one.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> That, in a way, is the story of the settling of the Americas, the supposedly inexhaustible frontier to which Europeans escaped. And it is also the story of modern capitalism because it was the wealth from this land that gave birth to our economic system—one that cannot survive without perpetual growth and an unending supply of new frontiers.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> The problem is that the story was always a lie. The Earth always did have limits, they were just beyond our sights—and now we are hitting those limits on multiple fronts. I believe that we know this. And yet we find ourselves trapped in a kind of narrative loop. Not only do we continue to tell and retell the same stories, but we are now doing so with a frenzy and a fury that frankly verges on camp.</em></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">C&#8217;est important, je crois, ce qu&#8217;elle pointe là. On a tous besoin d&#8217;histoires pour soutenir nos systèmes, internes, externes. Et on a besoin, présentement, de sortir de schémas narratifs hollywoodiens. Réaliser que les films-catastrophe ne sont pas voués au happy ending. On parlait sur une Clef amie, y a pas longtemps, des relents apocalyptiques que se trimballe le nucléaire, de cette impression terrible de déchirement des cieux, comme dans cette épisode de Buffy où les monstres menacent notre réalité – sauf qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il importe de réaliser que du moment où nous serons arrivé à ce point de fracture du tissu mondial, il sera trop tard pour les héros, et les Scooby-gang crèveront en même temps que la terre qu&#8217;ils foulent. Point barre, et point d&#8217;issue.<br />
A moins de changer d&#8217;histoires, pour pouvoir changer l&#8217;Histoire telle qu&#8217;elle s&#8217;annonce.</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>The bottom line is that we badly need some new stories. We need stories that have different kinds of heroes—and we need heroes willing to take different kinds of risks. Risks that confront recklessness head-on, and that put the precautionary principle into practice—even if that means direct action.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> Like the hundreds of young people getting arrested blocking dirty power plants, or fighting mountain top removal coal mining. Like the indigenous people and ranchers in the US banding together to stop a new pipeline carrying tar sands oil. The organizers call it the “Cowboys and Indians coalition”—a new twist on an old myth.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> Most of all we need stories that replace linear narratives of endless growth with circular ones that remind us that what goes around comes around. That this is our only home. There is no escape hatch. Call it Karma if you like. Call it Physics: action and reaction.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em> Or call it precaution: the principle that reminds us that life is too precious to be risked for any profit.</em></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">Les gays, les minorités indigènes, les marginalisés en tous genres le disent : pour survivre au sein d&#8217;un mode de pensée dominant qui vous considère comme pièce étrangère, il faut des histoires.<br />
Pour vivre dans le monde, pour se préparer à vivre hors du capitalisme, pour qu&#8217;ainsi le monde vive encore, il nous faut des histoires. Certaines sont à puiser dans la biodiversité des terreaux culturels, les contes et légendes des peuples racines qui n&#8217;ont pas renié le lien à la terre ni oublié leur juste place dans la communauté cosmique ; d&#8217;autres se tressent en ce moment même, prenant leur matière dans la terre des nouvelles voies ouvertes par tous les chercheurs d&#8217;alternatives, dans la poussière soulevée sur les terrains où se battent les désobéissants, les résistants, les activistes, tous ceux que l&#8217;on dit terroristes dans les histoires pour systèmes mourants.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous sommes les voix à qui il revient de faire entendre ces histoires-là.</p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<p style="text-align:center;">L&#8217;intégralité de l&#8217;article est en ligne sur le site NaomiKlein.org :</p>
<p style="text-align:center;"><strong><a title="Naomi Klein – On precaution" href="http://www.naomiklein.org/articles/2010/12/on-precaution">On Precaution</a></strong></p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p style="text-align:center;">A noter pour les non-anglophones qu&#8217;il s&#8217;agit de <a href="http://www.ted.com/talks/naomi_klein_addicted_to_risk.html">la retranscription d&#8217;un TEDTalk</a>, et donc que le tout peut être consulté en VOST :</p>
<p style="text-align:center;"><object width="446" height="326"><param name="movie" value="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf"></param><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always"/><param name="wmode" value="transparent"></param><param name="bgColor" value="#ffffff"></param> <param name="flashvars" value="vu=http://video.ted.com/talks/dynamic/NaomiKlein_2010W-medium.flv&su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/NaomiKlein-2010W.embed_thumbnail.jpg&vw=432&vh=240&ap=0&ti=1054&introDuration=15330&adDuration=4000&postAdDuration=830&adKeys=talk=naomi_klein_addicted_to_risk;year=2011;theme=bold_predictions_stern_warnings;theme=not_business_as_usual;theme=celebrating_tedwomen;theme=new_on_ted_com;event=TEDWomen;&preAdTag=tconf.ted/embed;tile=1;sz=512x288;" /><embed src="http://video.ted.com/assets/player/swf/EmbedPlayer.swf" pluginspace="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" bgColor="#ffffff" width="446" height="326" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" flashvars="vu=http://video.ted.com/talks/dynamic/NaomiKlein_2010W-medium.flv&su=http://images.ted.com/images/ted/tedindex/embed-posters/NaomiKlein-2010W.embed_thumbnail.jpg&vw=432&vh=240&ap=0&ti=1054&introDuration=15330&adDuration=4000&postAdDuration=830&adKeys=talk=naomi_klein_addicted_to_risk;year=2011;theme=bold_predictions_stern_warnings;theme=not_business_as_usual;theme=celebrating_tedwomen;theme=new_on_ted_com;event=TEDWomen;"></embed></object></p>
<p style="text-align:center;">***</p>
<div id="attachment_2195" class="wp-caption aligncenter" style="width: 470px"><a href="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/09/imgp3477.jpg"><img class="size-full wp-image-2195" title="Empreintes" src="http://psychopompe.files.wordpress.com/2011/09/imgp3477.jpg?w=460&#038;h=613" alt="" width="460" height="613" /></a><p class="wp-caption-text">... impression – empreinte – palimpsestes terrestres...</p></div>
<p style="text-align:center;">*</p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>We watched the towers collapse. We watched America chose war. The peace in our own hearts shattered.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>How to pick up the pieces?</em></span><br />
<span style="color:#808080;"><em>What to do with these pieces?</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>I was desperate to retrieve the poetry I had lost.</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>Standing on a rocky point in Maine, looking east toward the horizon at dusk, I faced the ocean. &#8220;</em>Give me one wild word.<em>&#8221; It was all I asked of the sea. (&#8230;)</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;"><em>&#8220;</em>Give me one wild word to follow<em> . . .&#8221;</em></span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="color:#808080;">Terry Tempest Williams, <em>Finding Beauty in a Broken World</em></span></p>
<p style="text-align:justify;">
</blockquote>
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