De la Marche et des Hommes

« C’est vrai, nous ne sommes que des croisés au coeur défaillant, même les marcheurs d’aujourd’hui, qui ne se lancent jamais dans la moindre entreprise de longue haleine exigeant quelque persévérance. Nos expéditions ne sont que des périples qui nous ramènent le soir auprès de l’âtre d’où nous étions partis. La moitié de la promenade consiste à revenir sur nos pas. Nous devrions entreprendre chaque balade dans un esprit d’aventure éternelle, sans retour ; prêt à ne renvoyer que nos coeurs embaumés, comme des reliques de nos royaumes désolés. Si vous êtes prêt à abandonner père et mère, frère et soeur, femme, enfants et amis et à ne jamais les revoir ; si vous avez payé toutes vos dettes, rédigé votre testament, réglé toutes vos affaires et êtes un homme libre ; alors vous êtes prêt pour aller marcher. »
Thoreau, De la Marche

Des lecteurs de Thoreau out there ? (…)
Plus j’avance dans ses oeuvres, plus cet homme me fascine. Respect, total respect pour cet amoureux de l’absolu (et de la liberté, et de la nature). Pour le citoyen qui refusa de payer ses impôts, manière de protester, dans les années 1840, contre un gouvernement qui admet l’esclavage et fait la guerre au Mexique. Pour cet adepte du « je fais ce que je dis, et jusqu’au bout ». Il faut lire (et faire lire), aujourd’hui, demain, toujours, son traité De la désobéissance civile. Un excellent coup de pied au cul quand on se sent découragé ou impuissant. « Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. » Et vlan dans les dents ! :-)
Là je viens de m’offrir une édition de son Journal, illustrée par les photographies d’Anne Sol et les oeuvres de Willy Cabourdin.
Superbe édition, qui porte ces mots en couverture : « C’est dans les bois que j’aimerais trouver l’homme » – et tout est dit. Je suis en train de le feuilleter, pas une page qui ne m’interpelle. De belles heures de méditation en perspective !

When the spring stirs my blood
With the instinct to travel,
I can get enough gravel
On the Old Marlborough Road.
Nobody repairs it,
For nobody wears it ;
It is a living way,
As the Christians say. (…)
What is it, what is it,
But a direction out there,
And the bare possibility
Of going somewhere ?
Great guide-boards of stone,
But travellers none ;
Cenotaphs of the towns
Named on their crown. (…)
Blank tablets of stone
Where a traveller might groan,
And in one sentence
Grave all that is known ;
Which another might read,
In his extreme need.
I know one or two
Lines that would do,
Literature that might stand
All over the land,
Which a man could remember
Till next December,
And read again in the spring,
After the thawing.
If with fancy unfurled
You leave your abode,
You may go round the world
By the Old Marlborough Road.

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Une réflexion sur “De la Marche et des Hommes

  1. psycheinhell dit :

    [Note intro-rétrospective] Date de fin octobre 2007. J’me rappelle, je lisais au fil de mes allers-retours vers le piège de l’IUFM, et ces mots sur la marche accompagnaient mon cheminement intérieur, jusqu’à la big définitive bifurcation…
    … Lecture coup de pied au cul pour se lancer sur la route, fondatrice, salvatrice…

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