Just a Dream

2007 commence vraiment bien, d’autant que c’te lâcheur d’Hypnos a déserté le bateau ivre, emmenant avec lui, au passage, lady Luck et ses trop rares bienfaits. Une heure or such de sommeil par nuit, et une poisse vraiment très poisseuse. Yeah, Chaos rules ! ^-^

Bon, un des avantages de l’insomnie, c’est que les rêves que je fais pendant les rares heures de sommeil volées sont plus marquants qu’à l’ordinaire. Particulièrement le dernier en date :
Premier acte, je suis fort affairée à découper en tout petits carrés ma carte d’identité, accompagnant la manœuvre d’exclamations jubilatoires et très cromagnonnesques. Les morceaux sont glissés dans une enveloppe adressée à l’Iznogoud des temps modernes (sûr que cela a dû lui briser le cœur de recevoir mon courrier, poor boy – encore, si je m’appelais Johnny /erk/). Ceci fait, je quitte la France, avec un sac à dos chargé de bouquins et un chat pas très rassuré planté de toutes ses griffes sur l’épaule.
Acte deux, donc, me voilà à vadrouiller de par le monde, en observant toujours le même rituel pour chaque pays traversé, pour chaque peuplade/ethnie/tribu rencontrée : je pose mon paquetage quelques mois, le temps d’apprendre la langue ou le dialecte du coin. Avant de repartir, je me fais tatouer une phrase, toujours la même, traduite par mes soins dans le langage fraîchement appris, puis je reprends mon paquetage (dans l’intervalle, les bouquins ont disparu, et le chat s’est royalement installé dans le sac à dos) et poursuis mon tour du monde. Je me suis réveillée avec en tête le chiffre de 80 langues déjà apprises, et l’idée qu’une fois ma quête achevée, j’aurai remplacé ma carte d’identité mise en miettes par une sorte de passeport mondial, plus légitime, et inscrit dans ma chair.

Strange dream. Je ne me rappelle pas en avoir fait d’aussi personnel depuis les songes de mort qui ont hanté mes nuits d’ado. Il combine les angoisses et fureurs qui précèdent ces fucking élections présidentielles, et des thématiques qui me sont chères depuis longtemps – les langues, et à travers elles l’ouverture aux cultures « étrangères ». Apprendre une langue comme on baisserait un bouclier, en quelque sorte, et par ce vecteur permettre à l’autre d’infuser en nous un peu de son esprit. Je me rappelle être tombée, gamine, sur une phrase de Pennac qui disait, je crois, « il y a toutes les histoires du monde dans une langue qu’on ne connaît pas », et je m’étais jurée de ne jamais manquer une occasion d’apprendre le plus possible de ces histoires.

Bon, à l’origine de ce rêve, il y a aussi tout simplement, je crois, un vieux message de Catherynne Valente sur lequel je suis tombée en faisant quelques recherches internet, et où, pour résumer, elle proposait à d’éventuels lecteurs d’écrire pour eux une short short story (en anglais, latin ou grec) qu’ils se feraient ensuite tatouer de la manière qui leur conviendrait le mieux. L’idée m’avait laissée songeuse, et j’en ai profité pour me replonger dans la belle anthologie Tatouages (aux Belles Lettres). Voilà pour l’inspiration directe…

Enfin… just daydreaming ;-)

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Une réflexion sur “Just a Dream

  1. psycheinhell dit :

    [Reflet intro-rétrospectif] Ce billet-là, comme sa date ne l’indique pas, date donc du tout début de 2007. J’avais oublié le blog, mais pas le rêve, et en relisant ça je songe encore à quel point il y a là les germes de trucs qui depuis ont poussé ferme et fort comme un tronc supporteur, sous l’influence de Thoreau, la vision de Frontier, les impulsions de marche intothewild-like… wow. C’était déjà là, la forme du tronc futur, alors que j’avais tant à élaguer, de ces piquets rigides imposés comme pauvres ersatz de branches…

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