Paroles taggées sur un quai de gare

*squeaks and wails of anguish all over the place*

Le train n’est pas venu.
Bordel.
Un jour de plus sur le quai.

J’avais mon ticket, pourtant. Valide, oblitéré, acheté auprès de la big company Amazon.
Le train arrive, qu’y disaient, à la gare.
Palimpsest a ouvert ses portes, accueille en ce moment même ses premiers immigrants, et ses trains. viennent. vous. chercher. Right now.
Lundi soir, train en cours d’assemblage. Je prépare mes valises, taille la route vers la gare. Mardi, le train est lancé, attrape déjà les plus proches voyageurs, les plus chanceux, les plus rapides. Sur le quai, je tourne en rond, regarde l’heure – tic tac, chaque minute si longue -,  m’accroche de toutes mes griffes aux mots du contrôleur : Votre train est en route.
Mercredi matin, attente, espoir… le train n’est pas venu. Une voix de gamine, moqueuse, innocente, insolente, chante dans le vent : « il passera dans cinq minutes, cinq minutes sont écoulées, un deux trois » Je ferme les yeux, un deux trois je les rouvre – ne trouve qu’un train de banlieue. La gamine rit, me donne rendez-vous d’ici demain.
Demain. Bordel.

WHERE THE HELL IS THIS FUCKIN’ TRAIN ?

L’aurais-je manqué ? Pas vu, mal regardé ? Laissé passer l’instant ?
Etait-ce ce train de banlieue, déguisé ?
Palimpsest, cité de sensualité, rêve sexuellement transmissible… Ne veut-elle pas de moi ? Je l’ai dans la peau, à défaut, pour l’instant, de porter sur la peau ses cartes et mes allégeances, mes addictions.

Et tandis que j’attends, le monde découvre Palimpsest. Les bardes en célèbrent les merveilles, les artisans oeuvrent à nous en faire partager les délices.
Et pendant ce temps, là-bas, aux States, on fête l’avènement de Palimpsest. Dans les trains, dans les théâtres, on se rassemble, les mains  & les voix tremblent d’excitation tandis que la cité déploie ses visions somptueuses et ses passions extrêmes jusque dans notre monde.

Sur mon bout de quai où parviennent les échos lointains des réjouissances, j’ai cessé de tourner en rond. Je rentre en moi-même, pour y chercher de quoi abolir la lenteur de l’horloge : Mes souvenirs de voyageuse de passage, la première vision que nous eûmes tous de Palimpsest – quelques cartes postales rangées parmi la présentation d’autres cités soeurs de papier, un avant-goût obsédant, une dizaine de pages dont l’encre la nuit s’est infiltrée sous ma peau, tandis que mes rêves déjà me ramenaient là-bas.

Là-bas… Je me demande comment ce sera, cette fois. L’esprit dérive loin de la gare, brode ses espoirs sur le fil des mots…

Between life and death, dreaming and waking, at the train stop
beyond the end of the world is the city of Palimpsest. To get there is
a miracle, a mystery, a gift, and a curse — a voyage permitted only to
those who’ve always believed there’s another world than the one that
meets the eye. Those fated to make the passage are marked forever by a
map of that wondrous city tattooed on their flesh after a single
orgasmic night. To this kingdom of ghost trains, lion-priests, living
kanji, and cream-filled canals come four travelers: Oleg, a New York
locksmith; the beekeeper November; Ludovico, a binder of rare books;
and a young Japanese woman named Sei. They’ve each lost something
important — a wife, a lover, a sister, a direction in life—and what
they will find in Palimpsest is more than they could ever imagine.


… File à la poursuite des images…

J’ai mon billet. Une fois dans le train, je l’échangerai contre une carte de Palimpsest. J’attends. Je n’ai pas pris de billet de retour.
Et demain, ah demain, j’entrerai en immigrée dans une cité par-delà le bout du monde.

Je vous attendrai là-bas, à Palimpsest. Ne manquez pas votre train.

Agences de voyage, offices de tourisme, & autres guides vers Palimpsest :
sur le site de l’auteure, Catherynne M. Valente
– au sein des communautés de voyageurs : les nouveaux « immigrant punks » de Livejournal
Mais on murmure çà et là qu’il existe également des voies détournées et des chemins de traverse pour aborder Palimpsest. Allez donc jeter un oeil au forum Quartered, à la très spéciale boutique de tatouage Tabula Rasa, au blog de l’auteur japonais Sato Kenji, ailleurs encore, qui sait ?…

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