Scènes de la vie parisienne et d’ailleurs

Entendue à Paris, une causerie de rue tandis que se rassemble la manifestation pro-tibétaine du 10 mars 2009. En face, les bandeaux noués sur les fronts disent « Tibet Libre », les tee-shirts disent « Stop killing » et « Never give up », et sur les drapeaux le soleil se détache sur fond de grisaille parisienne.
Bloqués à un feu piéton, deux cadres disent :
– C’est quoi encore ceux-là ?
– ‘Dirait une secte, avec leurs drapeaux.
– Nan mais attends… Regarde, ça me dit quelque chose. Le truc, là-bas, sur la banderole, « Paix »… c’est pas… Gandhi je crois, ou un truc du genre ?…
– Ouiiiii. C’est ça, l’aut’ gars, là, tu sais, l’ennemi de la Chine – merde, comment il s’appelle encore ?
Un peu plus loin, un mot s’échappe en sifflant d’une autre conversation : « séparatistes ».

Feu vert. Tandis que je file en piaffant rejoindre ma zone d’attraction, le seul coin aux alentours de Montparnasse peuplé de gens vivants pour de vrai, chacun s’éloigne vers ses courses, son boulot, son métro. Mines moroses barricadées dans des îlots d’abris-parapluie.
Indifférence, ignorance, ou un fade cocktail des deux.
Ben oui. C’est qu’il n’y a pas de JO à la clé cette année.
‘Juste’ ça, le Tibet occupé depuis cinquante ans. Les garnisons autour de Lhassa, les soldats déployés, les communications bloquées particulièrement en cette période.
En France, faible écho, une barricade de CRS dressée au début de l’avenue George-V, pour protéger  l’ambassade de Chine d’une manif’ pacifique, du cri Freedom qui roule dans les rues et peut-être, rebondissant de façade en façade contre les volets fermés, les visages fermés, finira tout de même par atteindre sa cible.

Ca a fait rire autour de moi, quand un vent bousculant a fait claquer les drapeaux tibétains et que j’ai murmuré : ‘le vent du changement…’ Les Frenchies ont bien ri – mais le regard qu’un vieux Tibétain m’a lancé disait autre chose. Comme le message du Dalaï Lama sur son tee-shirt : Never give up.

Never give up, et attendant que le vent se lève, donner de la voix, sur le ton de l’information ou de la gueulante, pour ne pas permettre à ceux-là qui sous leurs parapluies trouvent plus confortable de ne pas savoir, ne pas leur permettre, non, de confondre Gandhi et le Dalaï Lama, ou Free Tibet et séparatisme.

« No matter what is going on around you, Never give up. »

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