Tucson, les deux Charles, et Spiderman en kilt

(Quelques pensées errantes inspirées par le contenu de ma boite aux lettres ce matin…)

C’est à travers les oeuvres de Charles de Lint que je suis tombée amoureuse des environs de Tucson et du désert. Un monde où les nuits dégagent un parfum de mythe, où les plantes et cactus sont dotés d’une vie et d’une sagesse millénaires, où hommes et animaux s’appellent « cousins » et se retrouvent sur le chemin des esprits. Le monde des coyotes et des Tricksters, un espace sacré de transformation – changement des corps, d’animal à humain et inversement, accomplissement de l’esprit qui s’ouvre et apprend toujours plus des incursions dans cet entre-deux mondes qu’est le désert ; et ultimement, changement du monde qui bénéficiera, petits bouts par petits bouts, de ces accomplissements individuels et des actions qui en résulteront.
J’avais déjà effleuré ce monde dans The Wild Wood, lorsque l’artiste Eithnie quitte ses forêts et les faeries pour trouver une paix provisoire à Tucson. Je m’y suis pleinement immergée, à n’en plus vouloir repartir, avec le roman Medicine Road. La magie des mots et sentiments de Charles de Lint, combinée à celle des crayons de Charles Vess, pour donner à ressentir et à vivre celle, mythique et guérisseuse, du désert habité par les figures du folklore amérindien.

Moi qui trouve dans la marche les mythes en acte et mes propres guérisons, je rêve depuis de croiser la route d’un coyote, voire de lui emboiter le pas… Heureusement, il m’arrive encore régulièrement de trouver l’empreinte de ses pattes sur la piste.
Avec le chapbook reçu ce matin de Subterranean Press(again), par exemple.

Yellow Dog, novella en édition limitée signée par Charles de Lint, ornée d’illustrations qu’il a lui-même réalisées : paysages du désert et portraits de coyotes qui ressemblent à autant de vieilles photographies en noir et blanc. J’y ai retrouvé le désert et ses nuits, les noms d’esprits croisés et aimés dans Medicine Road, telles Rosa et Ramona, les mythes habillés de peaux modernes, l’importance des histoires et de l’art – et Charles de Lint, sa chaleur humaine et ses enchantements, et son implication en vue de changer le monde, ici sur le thème du racisme et de l’immigration illégale depuis la frontière mexicaine. Quand la route du Coyote croise celle de charognards à deux pattes..
Alors voilà. Si vous me croisez un jour à Tucson, vous saurez sur quelles traces je suis lancée. On the medicine road, on the coyote road…
… Vers cette magie qui a frappé tant l’esprit de Charles de Lint, et de bien d’autres artistes encore. Telle Terri Windling, à qui je laisse les derniers mots : « It’s in the desert that I’ve begun to truly understand how myths are drawn from the bones of each land’s geography (…). »
(tiré de l’introduction à l’anthologie The Coyote Road)

Bon, à ce stade, vous aurez compris depuis un moment qui est le second Charles, d’autant que deux de ses oeuvres embellissent déjà cette page de blog. Il s’agit donc de Charles Vess, illustrateur & storyteller, dont j’adore le style depuis les premières illustrations que j’avais vues de lui, pour les anthos d’Ellen Datlow et Terri Windling.
C’était ça, l’autre cadeau du facteur ce matin : le numéro 11 de la série Modern Masters, publié par Christopher Irving et Eric Nolen-Weathington chez TwoMorrows en 2007.

Une interview géante de 70 pages au fil de laquelle Charles Vess retrace toute l’histoire de sa carrière, depuis sa fascination de jeunesse pour les super-héros à ses grandes oeuvres : ses collaborations avec Gaiman pour Stardust, Sandman, les Books of Magic ; avec Charles de Lint pour divers chapbooks, A Circle of Cats, et *grins* Medicine Road ; avec Jeff Jones pour Rose, et avec Michael Kaluta pour Fables (dans le très beau 1001 Nights of Snowfall) ; en passant, bien sûr, par ses publications indépendantes (The Books of Ballads, magnifique), et ses sculptures.
Le tout très abondamment illustré d’oeuvres et sketchs tout droit sortis des cartons de l’artiste (où l’on découvre, donc, que Spiderman porte très bien le kilt :D – mais je vous rassure, il y a bien d’autres merveilles en tous genres), préfacé par Michael Kaluta, et accompagné de 40 pages de galerie d’art.
Un vrai régal, et un bon moyen de patienter en attendant la sortie toute proche de son artbook, Drawing Down The Moon, attendu pour fin septembre chez Dark Horse !

Sur ce, je file me plonger dans le troisième arrivage du jour : Coffin County, de Gary A. Braunbeck. Welcome back to Cedar Hill : enjoy your stay, but avoid the graveyard (if you can…) !
En attendant que la poste me livre les autres merveilles qu’elle garde en otage :
– l’antho de Mike Allen Clockwork Phoenix (Tales of Beauty and Strangeness), comprenant des nouvelles de Tanith Lee, Catherynne Valente, Ekaterina Sedia, etc. Miam ^_^
– le nouveau CD de Saul Williams The Inevitable Rise and Liberation of Niggy Tardust, qui était déjà une véritable bombe poétique et musicale dans sa version disponible en téléchargement, et qui vient de sortir en CD et Vinyle, augmenté de 5 bonus tracks : dont les très boostants « Gunshots by Computers » et « List of Demands », et le sublime « Pedagogue of Young Gods ». Très hâte de pouvoir faire chaufer le lecteur CD !
– l’antho Mythspring : From the Lyrics and Legends of Canada, publiée par Julie Czerneda et Genevieve Kierans. Encore une collection de textes prometteurs, avec des nouvelles de Charles de Lint, Tanya Huff, et pas mal d’auteurs que je ne connais pas…
– une antho récente d’Ellen Datlow, Inferno : 20 nouvelles d’horreur, sous la plume des auteurs favoris de l’éditrice, tels Jeffrey Ford, Elizabeth Bear, Pat Cadigan, Lucius Shepard, KW Jeter, Joyce Carol Oates… Très curieuse de voir si ce sommaire tiendra ses promesses !
– et last but not least, la réédition de l’anthologie Black Swan, White Raven (sous une couverture qui fait bien piètre figure en comparaison des illustrations réalisées par Thomas Canty pour la première édition, mais on n’en remercie pas moins Prime Books de reprendre l’intégralité de cette superbe série des « Snow White, Blood Red » books)
Et ce sera tout pour cette fois ^_^

// Also reading : The Coyote Road (Datlow & Windling dir.) ; Et toujours le bruit de l’orage, par Justine Niogret
Reading again (& again) : Avant l’Hiver by Léa Silhol ; le numéro 2 de Fées Divers, consacré à la Féerie urbaine

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