Visa pour Avalon

« A quoi sert une maison si l’on n’a pas été une planète acceptable pour l’y établir ? »
Thoreau
Je notais ces mots dans mon carnet il y a quelques jours, sans me douter (quoique…) qu’ils ouvraient le retour cyclique d’une de *ces* périodes, pendant lesquelles la sensation écrasante d’être une alien, déplacée, exilée sur cette planète où il n’est rien que je puisse qualifier de « home », rejoint l’envie impérieuse de tout laisser tomber, partir, tirer un trait définitif et s’en aller marcher, sans savoir vers où. Vers l’ailleurs.
Et pendant lesquelles tout me renvoie au départ et à l’exil.
Dernière lecture en date : Visa pour Avalon, de Bryher. Une lecture de hasard, livre attrapé au passage sur une table de librairie. Et dévoré en deux trajets de RER, tandis que le monde autour s’effaçait derrière le choc de la lecture.
Visa pour Avalon est un livre étrange, qui frappe fort et juste tout en baignant dans une sorte de brouillard où s’estompent pas mal de contours. Son thème : comment réagissent (ou ne réagissent pas) les individus au moment précis où la dictature s’apprête à fondre sur leur monde. Les personnages du livre, paisible groupe que réunit leur attachement pour un petit village de pêcheurs, décide de partir avant qu’il ne soit trop tard, avant que le « Mouvement » se soit complétement emparé du pays. Et au cours de ce départ difficile, se retrouvent confrontés à l’engourdissement du reste du pays. Urgence et apathie : la vie est-elle voyage ou salle d’attente ? (question judicieuse que pose en préface Margaret Atwood)
Leur destination : la mystérieuse île d’Avalon, dont on ne connaît que des rumeurs mais qui possède son consulat et ses diplomates. Avalon, espoir incertain de liberté dont on nous dit : « Un homme peut faire ce qu’il veut à Avalon, il peut y respirer. » Avalon dont la politique d’immigration est très ferme et limitée…
Cette lecture est encore trop fraîche et trop « à vif » pour que je puisse rendre justice au roman de Bryher. Je me cache donc derrière mister Thoreau pour rappeler que heureusement, « tous les livres ne sont pas aussi ennuyeux que leurs lecteurs » , et vous conseiller cette oeuvre puissante dont voici la présentation éditeur :

« Le Mouvement est en train de prendre le pouvoir dans un pays d’Europe. Quatre de ses citoyens, effrayés ou révoltés par cette révolution aussi suave que subite, décident de s’échapper et de gagner au péril de leur vie l’île d’Avalon.
C’est à cette échappée belle que le lecteur assiste, mais aussi et surtout aux bouleversements intérieurs qu’éprouvent ces hommes et ces femmes fuyant une dictature en laissant leur vie et les autres derrière eux.
La grande Margaret Atwood admire la vie et l’oeuvre de Bryher. Elle le dit à l’occasion d’une préface qui souligne comment, dans Visa pour Avalon, l’aventure, le récit d’anticipation sous-tendent d’essentielles interrogations à propos de la liberté, de la trahison, du courage. »

Voilà, valete tutti, je m’en retourne apprivoiser quelques vers de Braunbeck (ou les laisser me dévorer…)

// Currently reading : Lélio « Là-Bas » ; Isabelle Eberhardt Yasmina ; Braunbeck
Currently listening to : Alchemical Hooligan ; Jack or Jive « Prayer »

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