Un esprit sain hors des murs porcins

[Je m’excuse par avance auprès de ceux qui liront ce post, pour les horreurs crasses déballées plus bas, et les échos reprenant ou développant le blog précédent. C’était au départ un ‘simple’ commentaire en prolongement de ce qui avait été dit là, et il y avait finalement tellement de matière, tant à dire, que l’article a réclamé un espace indépendant, tout seul comme un grand.
Et par la suite encore, il y aura sans doute beaucoup à dire et à redire. La route est longue encore, et qui sait combien de murs, et de tournants. C’est la vie, en mouvement…]

Dans la famille des choses insupportables à considérer, et qu’il est pourtant, tout autant, ô combien vital de savoir pour réfléchir, choisir, agir en connaissance de cause –

une discussion de ces jours-ci me fait retracer les pas d’un petit surf sur les vagues d’infos du web, qui m’avait fait frapper une sacrée hallu (doublée de grave nausée) sur le sujet des nombreux z’et inattendus produits dans la composition desquels entre… le porc, qui n’en demandait pas tant, et se passerait bien de n’être que cochon où ‘tout est bon’.

*** A la base : l’alerte ***

Info chopée, de lien en lien, sur le site du journal suisse LeMatin.ch (of all places, et avec son lot tristement habituel de propos puants en comments), relatant le projet longue durée de la designer hollandaise Christien Meindertsma.
Qui s’est un jour fixée sur un cochon, une seule bestiole nommée/chiffrée/taggée(/tatouée ?) PIG 05049, et a trois ans durant suivi le parcours de ce pauvre porc posté en pièces détachées un peu partout de par le vaste monde, par la grâce dégueu des réseaux industriels.
Verdict, implacable : il y a des bouts de 05049 dans 185 produits différents.
Dans le béton cellulaire. Dans des freins de train. Dans le papier photo, dans certains diésel bio. Dans le jus de fruits, dans le dentifrice, dans votre bouche.

« Le matin vous vous levez et prenez une douche avec un savon qui contient de la gélatine fabriquée à base d’os de porc. C’est cette gélatine qui permet aux savonnettes, comme à d’autres produits cosmétiques, de conserver leur consistance (…). Ensuite, en prenant votre petit-déjeuner, n’oubliez pas que c’est également la gélatine qui donnera cette belle transparence à votre jus de fruits. Quant à certains pains, ce sont des poils de cochon qui leur ont donné leur goût particulier… Plus tard, en entrant dans l’immeuble où vous travaillez ou étudiez, demandez-vous si vous êtes, par hasard, en train de marcher sur du béton cellulaire, dont la composition comprend aussi de l’os de porc… », quote et traduit le journal d’après une vid’ (source précise non mentionnée).
==> Le Matin : Dans le cochon, etc

*** A la source : le projet PIG 05049 ***

Exposé en 2008, il est présenté sur le site de Christien Meindertsma, photos, book et vids à l’appui.
Car une fois son enquête faite, l’artiste a proposé comme une autopsie en coupe de l’animal dépecé, rassemblant, dans un livre, des photographies de tous les produits dans la composition desquelles atterrit le pauvre pig 05049, et, dans une expo, des échantillons sous protection plastique des mêmes produits.
Le tout fait froid dans le dos. La précision d’un scalpel de médecin légiste, et son rapport sans appel.
Et c’est là :
==> PIG 05049

*** A la périphérie : les échos ***

Sur le réseau de blogs de Slate.fr, un oeil à jeter ne serait-ce que pour la vidéo où Meindertsma présente sa démarche à destination du public de TED :
==> Blog Globule et Télescope, Dans le cochon, etc again

Et ouais, je sais, ce truc, c’est l’hallu, c’est l’horreur pure. C’est la réalité.
– Une réalité qui me colle de sales nausées rien qu’à y songer. Et j’y songe, j’y songe, à regarder tous les produits qui m’entourent d’un regard suspicieux.
Et j’apprécie d’autant plus tout le changement initié par la démarche végétalienne : tout ce qui m’amène à reprendre le contrôle de mon assiette, à questionner activement mon environnement là où l’on n’attend de nous que de subir passivement le gavage industriel.

Tout est bon, dit-on, dans l’cochon ? Mais du porc, alors, tout est mort. Le gras, quoi qu’en disent les adages à gerber, n’est pas la vie. (Et tout ce qui a été mis en évidence pour le porc ci-dessus est valable aussi pour d’autres animaux qui n’ont d’autre valeur pour l’homme qu’en élevage, et pas de vie vraie, comme on le fait justement remarquer sur Vivrevegan.fr pour la vache).

Le béton imbibé de cochon ; la peau gluante de gélatine. People, en l’état, *ce monde suinte l’animal mort*.
Par tous les pores, par tous les murs.

Je ne veux plus de cette crasse, je n’en peux plus. Rien qu’à considérer la réalité qu’affronte en frontal le projet, j’ai des envies de grosse suée et d’eau glacée. Plus que mon petit corps individuel, besoin de purifier l’environnement.
Je veux retrouver, moi, la respiration du vivant. Le souffle du vent en tous espaces, la liberté de mouvement pour toutes créatures (porc compris)

Marcher dans l’harmonie d’un monde en vie, voilà ma démarche.
Et même les murs, je les veux vivants, de books, de plantes, de fenêtres ouvertes et de belles vibrations.

C’est dire si je me retrouve pas mal, pour le coup, dans ces réflexions inspirées à Eva Cantavenera par la lecture du Manifeste pour la Terre de Pierre Rabhi, sur le site Natural Writers:

Pierre et le Hozho

L’auteure rebondit sur la notion exposée par Rabhi d’une beauté qui aurait le pouvoir de sauver le monde, vers ce merveilleux concept spirituel dine’e qu’est le Hozho – évoquant pour nous, à défaut de terme équivalent, la beauté & l’harmonie entrelacées, indissociables – et par opposition à l’hocho (là encore, guère d’équivalent : cela rassemble l’idée de laideur, de déséquilibre, et s’associe à la maladie, de l’homme ou du monde environnant, une harmonie à restaurer). Rebondit justement, donc, jusqu’à conclure :

Si nous considérons donc qu’une partie de l’humanité est réellement malade de mille maux, que les routes suivies autour des concepts d’industrialisation et d’hyper-croissance mènent à des souffrances inouïes, si nous considérons que l’homme occidental n’a pas suivi sa part de beauté, qu’au milieu d’environnements malades ou mourants nous sommes tous malades de nos jugements et de nos peurs, si nous acceptons de nous mettre patiemment mais vigoureusement en chemin vers une certaine guérison où nos vies intérieures et extérieures peuvent trouver une harmonie créant de la beauté, alors oui, la beauté, cette beauté-là sauvera le monde.

Et là, la ci-présente amoureuse des chants du peuple Navajo / Dine’e, l’Earthling touchée au coeur, vibrant de toute sa peau au diapason de l’esprit d’un peuple qui s’était donné l’appellation de nihokaa’ dine’e (the Earth-surface people), répond d’un grand OUI, et d’un sourire en paix. Cela fait écho, complétement, avec ma propre démarche ; et cela fait sens, aussi.

Car il y a que le chant Diné qui m’est particulièrement cher, découvert à l’époque dans Partition rouge, retrouvé & retracé à chaque étape, mis en oeuvre et me mettant en mouvement pour chaque pas accompli, est, fondamentalement, un chant de guérison, par la beauté, par l’harmonie, par et pour l’hozho donc.

The Dawn Sprinkler, painting © Virgil Nez

Une cérémonie que l’antho où je l’ai entendu et senti résonner pour la première fois appelle la ‘Nuit des Chants’ ou Kieje Hatal (aussi croisée sous le nom de Yei Bi Chei, d’après les divinités impliquées dans le processus), et qui vit sans doute sous de multiples variations orales, spirituelles et secrètes comme tous Mystères, que j’ai bien conscience de ne pas connaître, avec mon parcours d’étrangère (une étrangère dont le regard s’est formé à la lecture de paroles figées en livres, dont l’oreille aspire désormais à s’ouvrir à la danse des mots dans les chants…)
… Cette cérémonie, donc, pour ce que l’on peut en savoir, est une cérémonie de guérison étendue en neuf nuits au cours de la saison froide, variée en plus de trois cents chants d’une splendeur soufflante, d’un souffle, justement, qui se danse, ‘sur la piste du chant‘.

Le point culminant est atteint dans la dernière et neuvième nuit, qui s’ouvre par la convocation du Tonnerre, nuit des chants qui s’achève au moment où le héros centre de tous les soins, le malade ou patient, tourné vers l’est, respire, délivré, le souffle du jour naissant.

(Notes de présentation par J. Roubaud et F. Delay, in Partition rouge)

La santé et l’équilibre de l’homme inséparables de l’harmonie du monde, dans la beauté et l’unité, voilà, voilà qui me parle et me pousse et m’aide à pousser.

Earth’s feet have become my feet,
by means of these I shall live on.

Earth’s legs have become my legs,
by means of these I shall live on.

Earth’s body has become my body,
by means of this I shall live on.

Earth’s mind has become my mind,
by means of this I shall live on.

Earth’s voice has become my voice,
by means of this I shall live on.

(Extrait d’un autre chant Diné, le Hozhojii’ ou Blessing Way)

Puissions-nous tous quitter les murs bouchés, les visions obstruées, le système malade d’où suinte la mort,
guérir de cet environnement empoisonné, et travailler à le guérir,
trouver l’aube au-dehors, face à nous, la beauté à l’horizon,
et marcher au même rythme que vit la Terre.
Dans l’hozho.

 

« J’allume des chandelles dans le noir. Je me prépare à vivre. »
Léa Silhol, « Vado Mori »

 

// Disclaimer : il ne s’agit pas ici de faire dans le new-age bas de gamme, les rapprochements faciles qui ne seraient qu’un affront, un de plus, fait à la culture amérindienne, et dine’e en particulier. Je sais d’où je viens et ne viens pas, je sais que tout ce que je sais, de cette spiritualité, c’est que je n’en sais rien, et je sais combien lourde est l’ardoise occidentale, aujourd’hui encore, à l’égard de ces peuples qui se sont retrouvés et continuent d’évoluer dans une toile de représentations faussées ou faciles, hâtives, tronquées. Ma seule excuse, ma main tendue, est l’approche du coeur, les yeux ouverts, la tête humble, la conscience des pillages passés et présents.
Mais je crois que nous avons besoin, tous, d’alternatives au système dominant, de points de vue au-delà des oeillères avec lesquelles nous grandissons. Je crois que nous avons à apprendre de toute culture, de toutes histoires véhiculées par les citoyens  du monde & les peuples de la Terre.
Le but n’est pas, donc, à travers cet article brouillon et jailli de lui-même  – du tréfonds de moi-même – sans que je l’aie prémédité, de plaquer à la va-vite une philosophie végétalienne sur la culture d’un peuple qui ne l’a pas placée à son fondement – mais de saisir une démarche, un mouvement, quelque chose que je ressens comme vrai et qui me pousse sur le chemin.
Juste, montrer l’enchaînement de mes pas, de la nausée à l’harmonie cherchée, et la route environnée de beauté, toujours, pour combattre la laideur menaçant, toujours aussi, hélas, de nous obstruer le regard.

// Note pour moi-même : « Pour nous, guérir n’est pas rejoindre un ordre universel. La maladie est un arrêt de travail ; là-bas, un arrêt d’harmonie. » ==> Les clés de la santé indigène, Barou et Crossman, zoupla, un bouquin à checker, pour creuser, vu qu’on est loin d’avoir touché le fond de ce puits-là ^_^

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11 réflexions sur “Un esprit sain hors des murs porcins

  1. petitefa dit :

    (Je passe très – trop – vite, en coup de vent, mais je ne peux pas me taire, encore… Tu m’as fait pleurer.)

      • petitefa dit :

        Hey,

        j’ai repris un peu mes esprits :)
        (et je suis un peu étonnée qu’un billet d’une telle force n’aie pas engendré de réactions plus que ça, mais bon. Avec le sujet Nozamilébêtes, on marche toujours sur des oeufs, sans mauvais calembour, et à pas très nombreux… j’espère en tout cas que ton cri, magistral, fissure et fissurera quelques coques de certitudes :)… )

        Donc. Je ne suis pas parvenue, malgré trois jours d’onglets ouverts sous mes petits doigts, à visionner les deux vidéos de la présentation ‘Pig’… Manque de temps mais plus honnêtement manque de courage, je n’y suis pas arrivée, tout simplement. ça n’empêche pas de louer l’intelligence et la force du procédé, clinique et rigoureux s’il en est, et de remercier, quand même un peu encore, je ne sais Qui qu’il se trouve encore des artistes pour foncer dans le tas de la meilleure des manières.
        C’est vrai qu’il ne paraît pas évident de trouver la juste mesure dans des combats comme ça : trop nunuche ou ridicule, ou à l’inverse trop violent jusqu’à l’extrême, incitant au sadisme plus qu’à la prise de conscience, je trouve ça, en un mot, très chaud, comme distance à trouver et à assumer, en termes d’efficacité et de crédibilité du message. Et, bon, bref, là pour le coup c’est réussi ; la manoeuvre est impeccable. Brisante.

        Ensuite, dans ce qui m’a vraiment chamboulée dans ton billet, c’est la crudité et la véracité de cette phrase, de voir de l’animal mort partout. je l’ai déjà dit, ici ou autre part, mais qu’importe : ceci est mon ressenti, clairement, complètement, et de le voir écrit et posé en termes imparables, ce monde irréparable, ça me tue. C’est important que tu aies écrit ça. Non, pas important : crucial. Je suppose qu’on a (on est bien placées, nous par exemple ^_^) tous besoin à un moment de poser les choses par écrit, ne serait-ce que pour les voir écrites, c’est tout bête mais ça fait exister les messages, hein aussi, ça les fait naître et vibrer sur le tissu mondial… (bon je m’embrouille, les insomnies silholiennes passent par là :P) Donc, ouaip, on a tous besoin de ça, mais on a encore plus, pour la sauvegarde de la Planète et de tous ceux qui la constituent, besoin de l’entendre, de le lire, de le partager, de le signifier assez clairement pour que le message soit transmissible et passe de main en main, d’oeil en oeil…

        Ce que je voulais dire avec ces paragraphes un peu confus, c’est que malgré ma première réponse je n’en reste absolument pas au stade des larmes, pas à l’impasse du désespoir (ponctuée des trompeurs puits du cynisme d’ailleurs !). Ce sont des balles. Des piles énergétiques motivationnelles, des hauts-le-coeur recyclés en haut les coeurs, peut-être, voilà.

        Et enfin, question haut les coeurs, special chapeau tiré à ce cher Mr Rabhi que j’aime beaucoup beaucoup, et fuck aux modeux, au chant Diné, de toute beauté, et à une citation, encore, ultime, qui a achevé de me retourner les émotions – et que je n’avais jamais, jamais entendue comme ça.

        Et euh voilà, get up stand up miss :)))

  2. psycheinhell dit :

    Heya,
    Ton message confus est très clair à mon coeur, dear :-)
    Tisser ses messages à même la toile du monde, je vois bien l’importance du processus à travers l’image que tu poses de belle façon !
    (et je crois que Psychopompe va m’aider là-dedans, étrangement, m’y pousser plus que l’espace myspacien ne l’aura jamais fait. Parce que j’ai ici comme un sentiment d’espace, de vision étendue, de connexion au grand tout, de message qu’on pose avec optique durable, tout ça. Ca incite à sortir de soi pareilles choses, et tant mieux si ces cris trouvent à continuer leur vie au rythme des battements du monde, en roulement d’échos…)

    Pour la démarche artistique de Meinderstma, oui, elle est très très forte, vitale même. On a besoin de ce point de vue, de ce questionnement du point de vue, de cette ouverture du point de vue.
    Si tu n’as pas vu la vid’ (toi ou d’autres éventuellement), je précise quand même que sa démarche n’est pas à la base à optique végétalienne (ça c’est la lecture que j’en fais, ma digestion du ‘food for thought’ offert par l’artiste) ; son but est de nous faire prendre conscience qu’on s’est tellement déconnectés des choses, qu’on n’a plus la moindre idée de la fabrication des objets du quotidien, ni de ce qu’ils contiennent. On achète, on accepte sans questionner. Et là, l’électroc : mais dites, vous savez qu’il y a du cochon dans la mignonne petite statuette de faon qui trône sur votre étagère ? Boum. Et comment vous pouvez savoir si ce que vous utilisez fut produit dans des conditions saines et éthiques, respectueuses des gens, des bêtes, des terres, si vous ignorez tout ça ? Bang bang.
    Ca rejoint complétement nos démarches vg, quoi, quand on déchiffre les étiquettes, décode le jargon alimentaire, et tâchons de voir d’un bout à l’autre de la chaîne, des esclaves dans les serres et du soja transgénique destructeur de forêts aux abattoirs et aux déchetteries. ‘Fin bon, tu connais déjà tout ça ! ^_^
    « Manoeuvre impeccable, brisante », yes, c’est aussi mon ressenti. C’est juste dommage qu’on soit dans un monde de regs, tellement appliqué à tout distordre, même les messages les plus clairs, élémentaires, fondamentaux & viscéraux (parce qu’il s’en est trouvé pour conclure de ce projet artistique que, ah décidément, le cochon est une bien brave bête – c’comme les ouvriers, hein, est brave tout ce qui se laisse exploiter jusqu’à la moelle –, ou que, ah ah, les musulmans sont mal barrés… Beuargh. Ca m’écoeure de partager une planète avec pareilles ordures…)

    Bon. J’dois filer, we marathon (& manif !!!) oblige. Vive m’sieur Rabhi, vive les Earthlings de tous peuples & de tous chants…
    … et vive, toujours, toujours, le souffle de l’aube – dans les oeuvres qu’on aime comme à nos horizons (et, à l’instant, à ma fenêtre :P) :)))

    Daybreaking kisses :-)

  3. petitefa dit :

    Re,

    Et bien voilà, aussitôt dit aussitôt commandé – je devrais recevoir le livre courant mars, je reviens en parler !
    (Je ne peux pas dire, en toute honnêteté, que cet achat me remplisse de joie ; mais c’est un achat militant, et si j’en crois ce que j’en ai vu, donc, comme on disait, un vrai acte artistique, esthétique, cohérent, dérangeant malgré que ce mot soit galvaudé…)

    • psycheinhell dit :

      Wow. Je salue le geste militant, et comprends en même temps trrrès bien ton sentiment sur cet achat. Très sincèrement, je pense que je n’aurais pas le courage, les nerfs, l’estomac de poser ce bouquin dans ma biblio – j’aurais l’impression, mmh, comment dire, de faire entrer dans la pièce, avec cette pauvre bête débitée en morceaux photographiés, comme une odeur de boucherie (et pour avoir au fil d’une tournée de factrice dû livrer, révulsée, un immeuble dont la cage d’escalier jouxtait l’arrière d’une échoppe de boucher, je peux le dire, ça pue la mort)
      Mais bon, je sais bien que les révélations & vérités impliquées et mises en oeuvre par ce projet artistique ont suscité pour moi une réaction très très violente, comme des spasmes de nausée pour se purger de ce monde à la matière faite d’animal mort :S
      Dérangeant, donc, oui, le terme est complétement mérité, là… :) Plein de courage pour la suite de la démarche !

      • petitefa dit :

        Ouaip, j’ai entrevu la même chose, cette pauvre bête dépecée et découpée en morceaux dans ma maison, en quelque sorte… Et justement, c’est tellement dérangeant (donc) parce que ça ouvre les yeux sur tous-les-autres-objets-que-ce-livre, ça nous oblige à admettre que de l’animal mort, de fait, j’en ai plein mes murs, dans ma vaisselle, dans mes pneus, dans mes produits peut-être… Bon, j’avoue que l’idée est surtout de parvenir à le faire tourner, car j’ai réalisé que l’anecdote des pneus, ça marque son monde, et le chiffre-clef des 600 produits, idem : même les plus carnassiers ouvrent grand les yeux, se mettent à dire « quand même, quand même, c’est fou… », alors tant qu’à faire, et quitte à avoir la gerbe, autant que tout le monde partage cette nauséeuse sensation – sache, quoi.
        (Et comme j’ai dû passer par amazon.com, j’ai eu un aperçu du cours du $, je pensais à tout sauf à réfléchir au cours du dollar ! Comme quoi, l’argent n’est jamais bien loin de cette – vaste – problématique…)
        Thx à toi de la découverte ;)

        • psycheinhell dit :

          Yep, j’ai eu plein de réactions similaires dans mon entourage, par exemple des personnes apprenant avec écoeurement que la couleur plus limpide du jus de pommes industriel était due à la présence de gélatine de porcine origine. Et de se convertir direct au jus de pommes trouble de couleur, mais de production claire ! C’est bien, si ça permet de faire tourner le questionnement et la prise de conscience ^_^

  4. petitefa dit :

    :S Oui, beurk ! On tournait déjà au jus de pomme bio – et même artisanal-du-coin, au goût inimitable, et vu que le bio reste bien trop sucré pour nos papilles végétales – mais l’exemple est frappant. Vais le tester, tiens *evil mode* ou *angel mode* c’est selon :P

    • psycheinhell dit :

      Aah, la tentation de la pomme, la connaissance du bien et du mal, c’est de l’evil mode, ça ;)
      (Il est tard et me voilà partie en pleine dissert’ « De l’agriculture divine intensive en Paradis terrestre ». Dodo time, quoi. :D)

      (Non en fait, je passais par acquit de conscience juste pour rectifier un truc que j’avais oublié de repréciser – je pense que tu avais dû ripper sur le clavier, mais just in case : le chiffre terrible des x produits où atterrirent des morceaux de PIG, c’est 185, pas 600 comme on a dit un peu plus haut. Ce qui ne change rien à l’esprit dans lequel on accueille le résultat, ce chiffre tellement énorme qu’il nous rend la présence potentielle de porc dans les produits sensible, ultra-sensible, partout autour de nous !)

  5. […] met si mal que je dois le cacher de ma vue. Pour en savoir plus, voir et commander, suivre le fil : Un esprit sain hors des murs porcins. Fil qui m’a permis la macabre découverte. Livre de photographies oui, mais pas de […]

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