Dans quel état…

Photo, reflet, réflexe, image, image dans le miroir, image sur le mur, mur de profil, murs sur la route, tags sur le mur, étiquettes, certitudes, armures. Photo, info, profil, fil de vie sur fil du rasoir, fil d’Ariane en labyrinthe, pelote déroulée, fils rouges, étoile filante, filament ondulant.

Dans quel état croit-on donc nous gérer, nous errants ?
L’identité cartographiée sur un coin de plastique ?

HP Hélène P. Helene Hel’ Hell HelP inHel Psyché aux Enfers la psyché le miroir le regard combien encore de réfractions à naître aux lueurs cycliques des saisons ? et il en faudrait fixer une sous la lorgnette, âme papillon épinglée ?
HP, née le – mais c’est faux, Votre Honneur. Je déclare que je naquis le jour où ma mère endolorie encore dans le souvenir d’une soeur qui ne vit pas le jour, se procura auprès du world wide fund une peluche de panda, pour m’appeler en ce monde.
Et quelle machine de photomaton pourrait saisir l’identité, l’identité naturelle qui sous le flash et le freeze se fige pour mourir comme un animal pris dans les phares d’automobile avant l’impact qui ne laissera de lui qu’une chair déformée ? quelle improbable machine saurait l’art de saisir le vif sans en tuer l’à-venir, saurait transcrire les trames élémentales, le feu et l’eau, la terre, le ciel, dont l’harmonie soutient l’unité de l’être en mouvement – de l’être vivant ?
Observez tant que vous pouvez, bureaucrates : vos rayons x resteront opaques tant qu’ils ne vous montreront pas le tronc qui me tient en tuteur la colonne vertébrale, les racines qui plongeant le long des jambes me plantent et connectent les talons à la terre, la vibration de sève que je sens battre de mes veines à l’univers – et l’élan qui me pousse vers la canopée.

Et s’il fallait vraiment demander à une machine de me montrer telle que peut-être, en quelque façon, à quelque moment donné ou volé, j’apparus quelque part en cours de route, autant coller en guise de cliché ces étiquettes-là, les nuages laissent plus d’espace à la vérité :

Qu’ils aillent donc, les classificateurs, voir dans un univers parallèle si l’on y est pour supporter leur dystopie, leurs distorsions, leurs réductions.
Il n’est pas d’étagères où faire tenir et contenir les incasables errants.

« Souvenez-vous au contraire et apprenez à le sentir par instants, que le vent était premier ! Et que la terre – et avec elle toute chose qui aujourd’hui s’y considère native – est tissée de rafales ! Le mouvement crée la matière ! Le torrent fabrique sa berge. Il fait les rochers parmi lesquels il coule ! Le poisson, croyez-moi, n’est qu’un peu d’eau enturbannée… (…) La roche n’est que du feu recourbée, pris dans des croûtes d’ombres. Et le feu à son tour a l’étoffe du vent, dans le miracle de ses vitesses, de ce qu’il prend et s’associe, de ce qu’il meut et laisse au calme, parce qu’aucune vie – écoutez ce secret – aucune vie ne tient qui n’a pour elle la paix des formes et un sol assez constant. (…) Les pierres, pour peu qu’on ait ce cran – les regarder – vibrent. (…) Elles tiennent court la bride de leurs vents pour qu’ils circulent, s’encerclent serrés et laissent intacte la forme fixe qu’elles se sont choisies. Quel combat en chaque pierre ! »
Caracole, troubadour de La Horde du Contrevent, par la voix d’Alain Damasio

*

« N’acceptez pas que l’on fixe, ni qui vous êtes, ni où rester. »
Caracole, ibid.

*

« Je vis / donc je vais… »
Kelis, Hivernien in Vertigen, par la voix de Léa Silhol

*

« Leave it to me as I find a way to be
Consider me a satellite forever orbiting
I knew all the rules but the rules did not know me,
Guaranteed… »
(Eddie Vedder, pour la voie Into the Wild)

 

[Le sujet n’a absolument rien de neuf, mais qu’est-ce que ça fait du bien ce rapide lâchage en live après une discussion absurde yeux dans l’oeil cloisonné d’une caméra sécuritaire ! ^_^]

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5 réflexions sur “Dans quel état…

  1. Aube dit :

    YESSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS!!!!
    Keep walking and smile dear one.
    Tournes, tournes dans ce vent qui t’a vu naitre et nous verra mourir.

    Je t’envoie des bourrasques pour jouer avec tes cheveux et te faire tournoyer et ainsi rester en équilibre!

    • psycheinhell dit :

      Hey, belle flamme ! :-)
      Bourrasques bien reçues en ce jour agité, et tournoyantes comme promis – tantôt bousculade pour chahuter la rectitude des plans de route, et tantôt brosse aérienne pour m’esquisser en pleine course une paire d’ailes prête à l’envol ;-)

      Des bises, confiées au vent comme une poignée de graines d’érable :)

  2. petitefa dit :

    Hey-Hel :)

    Dans quelle étagère me trouvé-je, toute dispersée pour tarder à répondre à ce cri du coeur. Je retrouve avec un plaisir doux-amer (très amer, parfois, au vu du monocle machinique qui nous sur-veille) un certain nombre d’impressions, réflexions, ré-flexions (ni génu- ni ingénues), tant ressenties face à cet oeil aveugle, ces caméras partout, ces petits écrans où des fourmis grises ne se reconnaissent pas, nous-fourmis chosifiées et filmées à l’insu de notre plein gré… L’oeil, l’oeil qui rend tout chose, l’oeil chosifiant (tellement inverse, ou opposé, à ce regard de sujet dont nous parlions tantôt…)… Et en nécessaire et vitale réaction, le nuage de mots, le symbole et le signifiant qui viennent à la rescousse et rendent relief (profondeur, 3D) et subjectivité en contrepoint à l’horrible ‘objectif’. :)

    Double plaisir quand même, parce que (outre que j’aime toujours le crissement de ta plume sur les pages d’embruns) ces nuages-clefs me font bien triper, en fait ; ils me font tellement penser à des ‘instantanés’ d’inconscient, ou de fils rouges, oui, aux ombres chatoyantes des kirlian cameras, tellement plus proches de l’insaisissable vérité que ces connes de vidéocams’ bigbrotheroïdes… reflets de biblios, reflets d’âme, mosaïques. Et voilà donc ci-devant un nuage bien vaste et prometteur :)))

    Et, ah, la question de l’identité, du nom, des noms, et de notre position par rapport à nos noms où ceux que l’on nous prête, nos vies parallèles, nos masques et nos nudités psychiques… Très complexe que cela. Vertigineux, même (si j’osais ^_^).

    Bon, alors concernant la Horde du Contrevent, j’ai résisté à l’achat d’un exemplaire pocket d’occase à 3 zeuros, passque j’avais repéré qu’il existe (existait, peut-être) une version jolie avec un CD de musiques assorties tout exprès pour.
    Donc bref, j’ai résisté et voilà, chbam, la tentation revient comme une vague ;)
    (heureusement que je suis toujours heureusement perdue en terres statuaires, tellement je n’ai pas le temps d’avancer dans mes lectures :P)

    Enfin, voilà, comm’ pas très constructif mais très amical et tout content de ton oeil à toi, le libre (j’ai raté une touche et écrit ‘le livre’ :D), l’indompté, le flou sur le papier photo (…nesspa). Et cette peluche de panda a très bien marché, alors :)

  3. psycheinhell dit :

    Heya Fa’ :)))

    Ah, bien vu l’inversion du processus sujet/objet, on reste encore, toujours, dans une histoire de regards. Bénis ceux qui questionnent, en vraie quête, et fuck aux enregistreurs, qui ne sont pas fichus de *soutenir* un regard.
    Et ce besoin en retour de briser le cadre de l’écran et fissurer l’objectif qui fige, cette tendance à ruer dans les brancards face aux certitudes extérieures qui affirment nous définir et ne font qu’enfermer… Mon message n’est pas hyper constructif non plus, c’est plus un sursaut vital, quoi, l’affirmation d’une pulsion de vie – pas sûr que ces cris d’irréductible à la société sécuritaire qui surgissent par ici de temps en temps fassent beaucoup avancer le schmilblick, mais c’est juste tellement vivifiant de se sentir debout dans la bourrasque sauvage :-)
    (et pis elle m’avait bien énervée cette caméra, à m’examiner sous tous les angles dans son p’tit sas avant de décréter que non, décidément, je n’ai pas droit de passage. Qué bande d’asphyxiés du Souffle, c’te société !
    Alors ouaip, les nuages de clefs, d’autant plus appréciés :-) En évolution constante en plus, en reflet de ces lectures susceptibles d’altérer subtilement, voire carrément // rondement // bouleverser nos paysages intérieurs ! Des instantanés d’inconscient, toutafé ^_^ )

    + 1, + ∞ pour le nom, question au tracé à peine esquissé ici. Trrrès vaste sujet – « masques et nudités psychiques », on est pleinement là-dedans, via tous ces noms que l’on abandonne ou se donne, ou les variations que l’on tisse sur un nom-noyau au(x) fil(s) des cheminements existentiels. La recherche et l’affirmation du « vrai nom », dans un monde où la réponse la plus fréquente à la surveillance passe par le pseudonyme, l’anonymat – par le faux nom, l’absence de nom. Insuffler du sens au nom, c’est bien, décidément, se mettre à nu – pour qui sait voir : c’est mettre l’autre au défi de nous comprendre, nous décrypter, pour pouvoir nous appeler. Et recréer ainsi une relation bilatérale, de sujet à sujet, au lieu de ce processus purement mécanique, ‘chosifiant’ comme tu disais pour la caméra…
    (… C’est le moment où l’on reparle aussi des fays et de cette identité profonde qu’ils vont chercher au milieu des flammes, et de cet autre nom vrai secret que, forts des enseignements du folklore, ils ne donnent qu’en confiance absolue ^_^ Entre autres fils dans ce labyrinthe-là !)

    About La Horde : j’ai aussi l’édition de poche (c’est pas plus mal, vu comme j’en ai corné les pages de partout pour marquer les passages auxquels revenir ^^’), donc je ne peux pas dire ce que vaut le cd – il me semble bien, en tout cas, que le bouquin est toujours trouvable dans l’édition de La Volte, yep !

    (Et ouaip, 27 ans qu’il est avec moi sur la route et dans les rêves ce panda, à m’accompagner comme une ombre – aux coutures qui craquent :D)

    Des bises toutes subjectives :)

    • petitefa dit :

      Ah, oui, le nom dans les flammes, et le nom secret :)))
      (punaise j’y pensais encore ce matin !)

      Je tente de décoller mon nez de l’ordi en surchauffe (:D) et je me tourne vers la réponse que je te dois ;)

      C’est quand même une belle piste, ce nuage de mots, ce truc de web sémantique… ça me fait bien triper, et bien penser à de très anciennes lectures d’Asimov, un visionnaire s’il en est, de délires autour de la constitution progressive, au fil des siècles futurs (et même au fil de son oeuvre) d’une espèce d’entité robotique pensante tellement vaste qu’elle en devient en quelque sorte Dieu, ou prend sa place, ou… (vaste, hein ^_^). Bon, à explorer, une piste de plus loin des autoroutes de la consommation sans cervelle :P

      Bises de l’ourse au panda ! :)

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