Voi(x) // (e) d’eau

L'eau de robinet inflammable, image (c)Gasland, cauchemar made in monde réel

L’eau.
Potable. Contaminée. Sacrée. Le droit à l’eau, la crise de l’eau. La planète bleue virant gris sale.
Je ne sais même pas par où commencer. La catastrophe japonaise, les fuites suspectées de plutonium ? la bataille des gaz de schiste, les nappes polluées, l’eau ‘potable’ inflammable ? les mille et une nuisances industrielles partout dans le monde, les mâchoires claquantes des grands groupes façon Areva bavant leur salive empoisonnée dans les cours d’eau locaux, détruisant sans retour ni remords les ressources des populations ? l’Athabasca, et tout le vivant qui en peuple les rives, menacée par l’exploitation des sables bitumineux ? les belles montagnes des Appalaches, l’écosystème de leurs cours d’eau perturbé pour des dizaines d’années par cette saleté d’industrie du charbon explosant la terre sans vergogne pour en mettre à nu les veines, ne laissant que la carcasse du sol ? les peuples indigènes privés d’accès à leurs puits d’eau, obligés comme les Bushmen du Kalahari de mener un long combat juridique pour faire valoir ce droit élémentaire, tandis que sur les mêmes terres on offre voie royale aux agences de voyage pour construire hôtels, bars, piscines ? Le prix de l’eau, le prix de la vie, jamais estimées à leur juste valeur, valeur sacrée, dans un monde guidé par ses appétits de croissance ?

Selon l’étude publiée ces jours-ci par Columbia, au moins un décès sur cinq est provoqué par l’arsenic au Bangladesh. Seule la prévention pourrait enrayer la catastrophe. Il faudrait filtrer l’eau, par exemple, mais l’Unicef trouve cela trop cher. Des chercheurs travaillent donc à l’élaboration d’un riz génétiquement modifié pour résister à l’arsenic.
(Extrait d’ « Arsenic et bonne conscience », article publié dans le numéro 13 de la revue XXI, et abordant le sujet des puits contaminés à l’arsenic, creusés dans les années 70 par l’Unicef via le programme « Eau potable pour tous ». L’empoisonnement menace rizicultures – et populations, la bagatelle d’une trentaine de millions de personnes…)

Je ne sais par où commencer, tant il y a de combats menés, partout, partout, pied à pied contre les tentacules de la pieuvre économique. L’eau non potable, nous dit Solidarités International, compterait parmi les premières causes de mortalité, dans ce monde où plus d’un milliard de personnes n’y auraient pas accès. Et d’appeler chacun à ajouter sa goutte d’eau, pour faire pression hydraulique afin que se mette en place un vrai dispositif veillant au respect du droit à l’eau potable pour tous.

C’est déjà beaucoup, cette brèche fluviale, cette voix d’eau ; ce n’est pas assez pour conclure, alors que même dans les pays développés,  officiellement favorisés en matière d’accès à l’eau, l’on hésite désormais à boire au robinet. Le porte-voix à Fabrice Nicolino, qui est décidément de tous les combats écologiques vitaux :

Soit une eau polluée. Qui contient toutes les merdes de la terre, toutes les chimies, toutes les chieries, toutes les molécules concevables, lesquelles s’entrechoquent dans le vaste brouet. Conduite dans des installations de plus en plus sophistiquées – qui contrôle ces monstres technologiques ? -, l’eau est d’abord oxydée. Pour préparer l’élimination de matières organiques, telle la merde. On utilise du chlore – déjà – et de l’ozone. Et ce ne sont pas des produits anodins, croyez-moi. Deuxième phase : la « clarification ». Je n’invente pas. Séquence clarification. La soupe passe à travers des grillages qui retiennent les matières les plus grosses, avant de décanter dans des bassins, censés retenir des particules un peu plus petites. Les plus minuscules de ces dernières sont filtrées juste après percolation au travers d’un lit de sable, en tout cas granulaire. Pour faciliter le tout, on ajoute à ce stade un produit chimique qui agrège les petites particules. Mais que devient le coagulant ?

Place ensuite à Pasteur, c’est-à-dire à la désinfection. De nouveau, on utilise du chlore ou de l’ozone. Cette partie est décisive d’un point de vue commercial, car si l’industriel venait à échouer là, il aurait des problèmes. Il s’agit en effet d’éliminer tous les germes pathogènes, ceux qui ont des effets immédiats. Ceux qui provoquent des gastro-entérites ou de simples diarrhées. Mais rassurez-vous : à condition de matraquer l’eau, les virus et bactéries trépassent. Et les intoxications aiguës sont donc rarissimes. Le reste, comme on va voir, est invisible.

Que reste-t-il, à ce moment, des pollutions qui ont dévasté l’eau de départ ? Malgré les apparences, presque tout. (…) pensez avec moi à ce qui est utilisé dans la métallurgie, l’électrochimie, l’industrie du bois, le raffinage du sucre, les produits cosmétiques, les engrais et la chimie agricole, les combustibles, la pétrochimie, les lubrifiants et graisses, les peintures et vernis, les médicaments de toutes sortes, et cætera. Un fleuve, plutôt un océan de composés toxiques, résistants, rémanents rejoint à chaque seconde l’eau qui servira à nous abreuver.

Alors quoi ? Demander l’accès à l’eau pour tous, oui, oh que oui, bien sûr. Mais réclamer aussi la pureté de l’eau pour tout ce qui vit, humain & animal, et végétal – et l’équilibre naturel du minéral. Mais remonter aussi, surtout, le cours du fleuve jusqu’à la source de pollution, et faire brèche, sans relâche, dans tous les barrages que l’économie aura élevés par le blocage  et l’empoisonnement des flux naturels. Que les pollueurs, enfin, prennent l’eau.

La seule voie possible, nous la connaissons tous. Ne plus polluer aucune source d’eau. Et avant cela, pour y parvenir, considérer toutes les eaux de la terre, douces ou salées, comme sacrées, intouchables. Donc décréter qu’il y a crime dès lors qu’il y a infraction. Ce qui n’arrivera que lorsque notre culture de l’eau et de la vie aura écrasé à jamais les basses valeurs industrielles de la destruction.
Nicolino

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9 réflexions sur “Voi(x) // (e) d’eau

  1. petitefa dit :

    …Et on boit la tasse avec l’image la plus terrassante de tout ce ‘Gasland’ qui ne l’est pas moins ! Choquée par la même chose, et on sait qu’il y a du choquant en masse, dans ce sujet de l’eau et (donc) dans ton billet.

    D’autant plus atterrant que, on en parlait hier avec mon daron devant un beau lac gelé (un autre ;) ), les éléments ont une symbolique forte, même si la symbolique occidentale n’est pas tout à fait comme l’orientale, mais bon bref, dans les deux systèmes, de l’eau QUI PREND FEU, ça ne marche pas, ça bugue dans l’esprit individuel autant que dans l’inconscient collectif. C’est juste pas possible !! D’où le choc écologique, social, terrien, humain, doublé du choc sémiologique, intenable.

    Le grand mérite de ce film (pardon de ne pas revenir sur les autres angles par lesquels tu abordes le truc, tout aussi fascinants), c’est qu’en France il commence à y avoir plein de monde qui l’a vu et qui est passé en deux-deux d’une méconnaissance totale du problème de l’extraction des gaz de schiste à une connaissance plus que suffisante et un refus total. Quand je repense au jeune gars qui se demande, dans le film, si ça va servir à quoi que ce soit, ce truc qu’il est en train de faire, je réponds OUI !

    (Très sensible à la question de l’eau en ce moment, suis dans Grey Owl, ai des visions wilderness dans la tête qui me semblent déjà perdues pour toujours, et la gorge serrée de cette Hozho Beauty (ortho :S), beauté liquide qui coule et fuit et meurt, asphyxiée par les poisons et les bulles de gaz autant que les atomes sorciers…

    • psycheinhell dit :

      Ah, oui, +∞ pour les « visions wilderness qui semblent perdues pour toujours », c’est très pregnant, toujours et toujours plus. Feeling tout semblable devant les photographies de Michael Kenna dont les images m’accompagnent en ce moment, et je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que sont devenus les paysages dont il a saisi la si touchante beauté… douloureux, tellement, d’intégrer au black&white de ces presque-estampes la couleur, visible ou non, de nos irrémédiables pollutions…
      Souffle coupé et gorge serrée, feeling double, feeling d’humain. Comme une impression de vivre dans les () d’une chanson de Sigur Ros…

      Et pareil, je retrouve ce feeling tout partout, books compris. Niveau wilderness, Aldo Léopold l’exprime déjà au fil de ses balades naturelles, cette sensation d’admirer une beauté en perdition, déjà perdue pour une part. Et il écrivait ça, ses élégies des marais, ses rêveries d’une Grande Prairie des temps d’avant l’homme ‘blanc’, son souvenir du pigeon migrateur disparu qu’on ne connaît plus qu’à travers un mémorial – dans les années (je crois) 40 !!
      J’imagine bien ce que ça peut faire, de telles pensées en marchant sur les traces de Grey Owl (encore un qui avait du mal avec la civilisation occidentale, tiens). Je garde comme un trésor ses évocations de certains coins de forêt ou de marais paumés au coeur battant du monde sauvage, ah ça résonne particulièrement depuis notre époque, ces récits de cabane abandonnée…

      Et, bien d’accord, on doit beaucoup en France à ce Gasland, ce film documentant l’horreur, et à ceux qui surent nous alerter tandis que le gouvernement vendait en douce la nature, la santé, nos âmes… Aperçu hier dans le métro un entrefilet (dans une des feuilles de chou dont on nous submerge à titre gratuit, si même là ils en parlent !!…) rapportant que même les toutous en laisse de l’Elysée commencent à se retourner contre leur maître sur cette affaire, c’est dire si le sujet est sensible…

      Bien vu, oh oui, pour l’approche élémentale et son effet choc !

      (j’ai plein de trucs en retard à t’écrire, sorry – les larmes, et les petits grains dans le sablier du temps, coulent plus fluidement que les mots ces jours-ci…)

      • petitefa dit :

        Ah, la belle image, les parenthèses de neige Siguriennes…

        Oui, ce sentiment de perte irrémédiable (tu as trouvé le mot exact), il résonne bien par les voix de plusieurs auteurs, (et même le gars qui a fait l’Odyssée Blanche se faisait cette réflexion tout en traversant la Sibérie à traîneau), j’ai mis un moment à me remémorer ce que cela me rappelait, et en définitive c’est un livre (que j’ai beaucoup lu ^_^) le Seigneur des Anneaux, donc, de l’ami Tolkien, qui décrit si bellement ce sentiment de perte et de pure nostalgie ressentie par les éphémères visiteurs hobbits de la Lothlorien, la magique forêt elfique dans les splendeurs de l’automne… Tout cela est la même chose, et, je m’en aperçois chaque jour un peu plus, les écrivains, les poètes SONT les prophètes. J’ai mis du temps à capter que ce n’était pas une métaphore, quelques années sans doute, au bas mot.

        Alors, je redescends un coup en Mortalité, si je puis dire, pour Gasland justement, je lis assez régulièrement un peu tout ce que je trouve sur les gaz de schiste (lecture en diagonale mais bon), et tu peux être sûre qu’à chaque article, il est fait mention de ce film. 100% efficacité, et redoutable. Ouaip, même dans la presse gratuite dis donc ! Comme quoi, quand ça tombe au bon moment, les trucs militants, ça peut marcher très fort.

        Alors, pour les éléments, je n’ai pas du tout précisé, ce que mon père me traçait rapidement c’était qu’en Occident, dans la symbolique alchimique l’eau correspondait plutôt à la dissolution (et le feu à la purification, la terre à la fécondation… il me manque l’air) alors qu’en Orient (Extrême-) on est plutôt sur des mouvements de l’énergie, ou du Qi, disons, et là l’eau est *ce qui descend* quand le feu est ce qui monte, le bois se qui s’expand, le métal ce qui se contracte, et la terre ce qui équilibre (il me semble). Voilà voilà, cela est passionnant en soi, mais tout ça pour dire que l’effet « eau en feu » est si percutant que l’image, de Gasland toujours, est même reprise dans plusieurs articles (ils t’ont copitée) !

        Je ne rallonge pas plus ma petite tartine en flammes. Pas de souci pour les latences de réponses, auxquelles nous sommes habituées, comme tu le sais, et surtout, l’urgent n’est pas à répondre à mes messages, je pense bien bien à toi dans cette période particulière, (plein de)
        Bises Parenthèses ***

        • psycheinhell dit :

          Ah, Tolkien, c’est juste, il y a tellement dans Tolkien…
          « … hearing far off great seas upon beaches that had long ago been waded away, and sea-birds crying whose race had perished from the earth« , ah yes…
          (et comment ne pas être sensible à la sensibilité d’un être qui créa une histoire dans le souvenir endeuillé d’un arbre massacré…)

          C’est vrai, il y a tout plein de résonances. En écho avec ce que tu dis de Tolkien, j’entends beaucoup en ce moment la voix d’une Angharad chantant la nostalgie de son havre naturel en As-Coron – et pense fort à la réponse de Finstern que tu sais ^_^, quand tous ces feelings deviennent vraiment overwhelming… Et, réverbérée d’autant plus fort en ces jours par les bouleversements naturels + familiaux, une voix qui évoque ‘L’impermanent et le transitoire épinglés à l’éternité’ – je ressens ça très fort en face de toute beauté contemplée, de visu ou via le puissant filtre des oeuvres, des regards d’artistes…
          « les poètes SONT les prophètes », oh OUI.

          Ces pistes sur la symbolique élémentale sont vraiment passionnantes ! A explorer plus en profondeur sur les routes à venir…
          (et c’est vrai qu’intérieurement, intuitivement, je perçois l’énergie du feu comme un élan ascendant, une sorte d’éclair inversé qui me traverse, partant de la terre vers le ciel et me portant dans ce mouvement…)

          (et pour l’eau en feu, oui, je vois bien que cette image marque et traumatise collectivement. M’en suis rendue compte en tapant ‘eau inflammable’ dans un moteur de recherche – j’avions un souci avec la capture d’image qui me faisait un caprice sur mon ordi –, et en retrouvant partout cette alliance contre-nature du feu et de l’eau)
          (faut dire que, perso, l’image m’a d’autant plus marquée qu’elle a fait remonter un souvenir d’enfance très fort – une ballade dans les marais Poitevin, où le guide nous expliqua que la présence de gaz produit par la décomposition de plante – les lentilles d’eau je crois – fait que la surface de l’eau peut, en de certaines occasions, s’enflammer spontanément. Et de nous le démontrer, allumette à la main – c’est une vision lointaine que je n’ai jamais oubliée, très forte, et qui montre bien la justesse de cette tienne hypothèse concernant l’impact sur l’inconscient collectif de cette image made in Gasland d’eau en feu !)
          (bon rétrospectivement, sur ce souvenir d’enfance, je questionne aussi cette pratique des guides du marais fichant le feu à l’eau pour le seul bénéfice des touristes, mais ceci est une autre histoire ^^)

          Des bises, et une brise dans les branches pour chanter les feuilles d’or :-)

  2. psycheinhell dit :

    Psssh, l’eau en douche froide n’en finit plus de couler.
    Nouvelles gouttes d’eau pour fleuve de réflexions :

    * Sur Planète sans Visa (again), une ‘anecdote’ sur l’eau du robinet, et comment le système est pourri jusqu’à la tuyauterie :
    ==> http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1110

    * A propos des Appalaches défigurées à la dynamite par l’industrie du charbon, c’te crève-coeur, et des cours d’eau conséquemment pollués, une vidéo reçue via le docu The Last Mountain (http://thelastmountainmovie.com/)
    ==> http://www.youtube.com/watch?v=aiSzOiGFa-0
    « 470 mountains blown up. 1000 miles of stream buried. What’s left behind is a moonscape. »
    (470 montagnes fichues en l’air, tout ça pour alimenter 4% des besoins américains en électricité… Et pourquoi qu’on réduirait pas cette conso de 4%, et laisser les Appalaches, enfin, en paix ?)

  3. psycheinhell dit :

    « En tout état de cause, lorsqu’un homme ne peut que craindre de boire l’eau des rivières et torrents de son pays, alors ce pays ne vaut plus qu’on y vive. Il est temps de partir, de trouver un autre pays ou – au nom de Jefferson – de *faire* un autre pays. »
    Edward Abbey, in Désert solitaire (1968)

  4. psycheinhell dit :

    « Le puits que nous avions atteint ne ressemblait pas aux puits sahariens. Les puits sahariens sont de simples trous creusés dans le sable. Celui-là ressemblait à un puits de village. Mais il n’y avait là aucun village, et je croyais rêver.
    – C’est étrange, dis-je au petit prince, tout est prêt : la poulie, le seau et la corde…
    Il rit, toucha la corde, fit jouer la poulie. Et la poulie gémit comme gémit une vieille girouette quand le vent a longtemps dormi.
    – Tu entends, dit le petit prince, nous réveillons ce puits et il chante…
    Je ne voulais pas qu’il fît un effort :
    – Laisse-moi faire, lui dis-je, c’est trop lourd pour toi.
    Lentement je hissai le seau jusqu’à la margelle. Je l’y installai bien d’aplomb. Dans mes oreilles durait le chant de la poulie et, dans l’eau qui tremblait encore, je voyais trembler le soleil.
    – J’ai soif de cette eau-là, dit le petit prince, donne-moi à boire.
    Et je compris ce qu’il avait cherché !
    Je soulevai le seau jusqu’à ses lèvres. Il but, les yeux fermés. C’était doux comme une fête. Cette eau était bien autre chose qu’un aliment. Elle était née de la marche sous les étoiles, du chant de la poulie, de l’effort de mes bras. Elle était bonne pour le cœur, comme un cadeau. »
    Saint-Exupéry, Le Petit Prince

    Aucune corporation ne pourra jamais payer le prix de cette magie-là. Allons-nous la laisser perdre ?

    (oui, ça me travaille. Les réflexions coulent au son du ruisseau dans le caniveau par une chaude journée d’été, en constatant comme l’on a compliqué ce geste simple, élémentaire, élémenterre, élémental, le plaisir vital d’étancher sa soif. On s’est tous fait mettre en bouteille. Je réalise que de ma vie entière, jamais je ne suis penchée pour boire au fil même de l’eau. Dissociés de ce flux-là, nous sommes. Et j’en viens à envier les pigeons qui s’ébrouent gaiement dans le caniveau…)

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