Lettre ouverte aux esprits fermés

Nan mais c’était de la provoc’, hein.

Nan mais moi je suis cynique, alors hein.

Nan mais c’est juste que je supporte pas le politiquement correct, c’est tout, hein.

Oui mais non.
NON.
Arrêtez avec ces conneries. Arrêtez de nous, même pas de nous gonfler sous prétexte de blaguer, mais de nous pomper l’air, ces pauvres bouffées d’oxygène que l’on s’efforce d’insuffler dans un monde CO2isé. Si vous ne savez ou ne voulez partager le feu, propager la flamme, faites au moins ce que vous savez si bien faire, autrement dit rien, et arrêtez de pisser votre bière de philosophe de comptoir sur les lumières tremblantes qu’on alimente de notre mieux, comme on peut, dans ce monde de forêts massacrées.

Arrêtez.
Vous ne savez pas ce qu’est le cynisme.
Vous ne connaissez rien à la provoc’.
Vous n’avez jamais senti, pour ne l’avoir jamais tenté, à quel point il est politiquement incorrect de balancer un sujet d’actualité tellement saignant qu’il nous laisse exsangues, en plein repas du dimanche. Vous ne vous l’êtes jamais mangé, le mur du politiquement correct, dans le silence qui suit, les regards qui s’obstinent à regarder ailleurs, les conversations détournées. Vous ne connaissez pas cette solitude de l’incorrect, parce qu’alors vous ne l’invoqueriez pas à la légère, comme bouclier de vos lâchetés, comme aiguillon de fade poison – parce qu’alors, vous en sauriez le poids au bout de vos bras, et l’usure à la frange du coeur.
Vous n’avez jamais franchi les limites du politiquement correct au point que la bonne société ne parle plus à votre sujet de politiquement quoi que ce soit, mais de terroriste ou d’extrémiste, de sectaire ou d’emmerdeur.
Vous ne savez pas le goût du cynisme, ne le saurez jamais tant que vous n’aurez pas tenté la saveur de l’espoir, de l’espoir mis en acte, impulsé en marche, le goût de sang en retour de l’espoir déçu – et remis ça sur la table jour après jour, l’espoir et la déception, encore et encore et encore. Et encore. Et encore. Et encore – et – enc– C’est ça, le seul cynisme que je reconnaisse pour vrai, pour réel, le sang craché par celui qui n’en peut plus de vouloir y croire, et de ne pas pouvoir. Et rit son rire au goût de métal, lancé à la face de la laideur, manière de voler encore quand l’ordurière réalité lui plombe l’aile, manière de ne pas sombrer dans l’agonie du manque alors qu’il est désespérément addict à l’espérance. Ce n’est pas l’inaction, ce n’est pas votre truc mollasson, pas vos provoc’ au tranchant de bite molle (pour parler le langage de ceux qui se sentent pousser des couilles sitôt qu’ils lâchent une blague raciste).

Si vous vous en tapez, ayez au moins ce courage-là : le dire, sans maquillage héroïque.
Dites-le, comme des grands, comme les adultes que vous vous sentez être : je m’en fous. Assumez (si vous le pouvez). Et foutez-nous la paix, à nous qui passons bien trop de temps au quotidien à guerroyer.

On ne se pose en gardiens de la vertu. Pas en détenteurs de la vérité. Pas en exemples. On ne se pose pas du tout, en fait, on cherche. Des réponses, d’autres questions, des solutions, d’autres façons, un bout de ciel pur ou un coin de terre habitable, une fratrie, la liberté, l’éthique en tout et le lien avec ce Tout, on cherche un tas de choses. On marche, en tension vers un idéal – inaccessible, on le conçoit, on ne l’admet pas, et on marche, encore, toujours, un peu plus, en chérissant, conscients qu’il compte, chaque pas accompli. Et ça fait chier, ouaip, grave, de se vautrer sur vos flaques de bave ; de s’arrêter pour des conneries, parce qu’on est en marche, putain, pas en procès, et l’on n’estime devoir répondre de nos actes qu’à nos frères, à la terre, et à nous-mêmes.

Il y a déjà bien assez de crasse dans le monde, pour qu’on tolère de respirer l’atmosphère empuantie des brasseurs de merde. Allez donc bouffer ailleurs vos pop-corn industriels, qu’on puisse, nous, loin du bruit des ricanements et claquements de mâchoires, entendre le maïs pousser en bordure de nos sentiers.

Parce que, voyez-vous, on n’a pas besoin de se tripoter l’ego pour sentir qu’on est en vie, nous autres de la Terre, et partie du vivant.

I want to believe in the nobility of the human spirit. 

I want to believe that mankind is essentially good and that the horrors I see and the horrors I hear about are simply the last crisis of a dying spectre that has haunted our fragile globe for just too long.
I want to believe that we are about to peel off the mask with which this spiteful god has been frightening us.
I want to believe that we will not dance on his defeated rotting body for that would grant him victory in death.
I want to believe that we will peel away the masks with which we frighten each other.
I want to believe that no new spectre will replace the one that died and that we can stand alone and respect one another,
love one another,
respect and cherish life in all its shapes and sizes while continuing to evolve.
I want to believe that mankind will never be too arrogant to abandon its quest for the ultimate answer.
I want to believe that even I could answer this question.
I want to believe all of these things—

But you caught me at a bad moment…and I can’t.

« A Velvet Resurrection », lyrics by The Legendary Pink Dots

*

It’s so easy to laugh,
it’s so easy to hate,
it takes guts to be gentle and kind –

The Smiths, « I know it’s over »

*

Les artères pleines d’amer comme un caddy au Géant
On charge, on charge, à la sortie c’est tout dans les dents
J’crois que c’est dans l’air du temps, chacun cherche son bouc émissaire,
Ouaip, d’une simple vie ratée à l’envoi d’une bombe nucléaire
L’amour manque d’air dans leur monde, nous on suffoque, tout c’qu’on supporte,
Ca pressurise, et c’est les psys qui vont exorciser –
Que quelqu’un me dise si j’ai des chances de voir enfin la paix exigée

IAM, « La Fin de leur Monde »

*

Enfermés dans les forteresses de nos egos
La vie ne passe plus à travers, on s’sent mourir, on sort les crocs
On s’entretue et on s’oublie, en accusant autrui
On brûle nos rêves de notre plein gré pour libérer nos cris
Demi-hommes, on a des clous au bout d’nos ailes
La vraie révolution sera le changement de nos êtres

Keny Arkana, « Les chemins du retour »

*

What happened here?
The butterfly has lost its wings
The air’s too thick to breathe
And there’s something in the drinking water.

The sun comes up
The sun comes up and you’re alone
Your sense of purpose come undone
The traffic tails back to the maze on 101

And the news from the sky
Is looking better for today
In every single way
But not for you

World citizen

World citizen

It’s not safe
All the yellow birds are sleeping
Cos the air’s not fit for breathing
It’s not safe

Why can’t we be
Without beginning, without end?
Why can’t we be?

World citizen

World citizen

And if I stop
And talk with you awhile
I’m overwhelmed by the scale
Of everything you feel
The lonely inner state emergency

I want to feel
Until my heart can take no more
And there’s nothing in this world I wouldn’t give

I want to break
The indifference of the days
I want a conscience that will keep me wide awake

I won’t be disappointed
I won’t be disappointed
I won’t be.

I saw a face
It was a face I didn’t know
Her sadness told me everything about my own

Can’t let it be
When least expected there she is
Gone the time and space that separates us

And I’m not safe
I think I need a second skin
No, I’m not safe

World citizen

World citizen

I want to travel by night
Across the steppes and over seas
I want to understand the cost
Of everything that’s lost
I want to pronounce all their names correctly

World citizen

World citizen

I won’t be disappointed
I won’t be.

« World Citizen – I won’t be disappointed », lyrics by David Sylvian


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7 réflexions sur “Lettre ouverte aux esprits fermés

  1. petitefa dit :

    MERCI !!! * big hug in ze place *

    Bon sang que ça fait du bien. Jesaisquetusais, cette sensation, ce mur, oui, complètement, ces paradoxes énormes jetés en pleine tronche et surtout cette indifférence obscène, dégueulasse, partagée par des tablées entières. Je sais que tu sais, et que je suis heureuse de lire ton espoir jamais éteint, de voir ta marche jamais ralentie, et les petites flammes résistant mieux que personne aux pissures de bières philosophiques (c’était bon, ça).

    Me suis faite traiter d’intégriste deux fois cette semaine. Surtout que j’avais rien demandé, et que je ne voulais pas spécialement en parler, moué. Le privilège de rencontrer des gens nouveaux :D (cela dit, bonnes rencontres par ailleurs, et puis blam, fallait s’y attendre, la cohorte des préjugés, des demandes de justifications, des * mises en demeure *, mais ce qu’ils font chier avec ça, à sucer leurs os sous notre nez tout en expliquant qu’on peut pas tuer les loirs qui dévastent la baraque parce que c’est trop bô, bref, les paradoxes de chacun, quoi. Et d’être écoeurés (comme je le fus d’ailleurs) par la découverte du procédé de fabrication de l’urine de jument pour un truc thérapeutique untel – je te passe les détails, c’est atroce – et d’être tout surpris quand je fais immédiatement le parallèle avec la production de lait, qui utilise exactement la même technique ancestrale, nommée gestation…) ‘fin bref. ça endurcit, les coups, le tout est – comme disait notre prophétesse commune – de ne pas s’endurcir par le fer mais par le feu.
    T’inquiète, miss. On les emmerde, grave. On est sur la bonne voie, et même si on est douze sur ce sentier montagneux quand ils sont des millions sur l’autoroute du conformisme et de l’exploitation d’autrui, on ne changerait de cap pour rien. C’est vrai que ce n’est pas toujours linéaire, comme chemin, que nous aussi on doute et on en bave et qu’on doit, nous, se fader l’examen de conscience quotidien quand eux, les insouciants, les jugeurs, les péteux méprisants et ignares, n’en connaissent même pas la première bouchée – tu me diras, c’est sans doute justement parce que cet examen-là leur est implicitement proposé par notre simple présence qu’ils le prennent si mal, et qu’ils réagissent parfois si connement. Bon, disais-je, c’est vrai que je ne me sens pas sur un truc linéaire et continu, mais bordel, il y a une direction quand même, il y a une question éthique * permanente *, et ce n’est pas rien de prendre ce chemin-là, et de le poursuivre.

    On est sur la bonne voie. C’est sûr et les preuves en sont constantes. Cela dit, je te rejoins sur un gros fuck à l’adresse des brandisseurs du drapeau débile du cynisme moderne, les pseudo provocateurs, les adeptes de la violence globale, ignorants mêmes de cela, de leur participation à cela, et bien contents de se vautrer là-dedans. Fuck et refuck, on a mieux à faire.

    Donc là, en ce moment je me concentre sur une sorte de zénitude tranquille – toutes ces plantes et potions y ont bien aidé faut dire ^_^ – et j’essaie de mettre la priorité sur ma démarche perso, et moins sur le défi permanent et épuisant de répondre aux ‘flaques de bave’ comme tu dis. Tu sais, je me suis souvenue d’un vieux truc english qui disait ‘Never explain, never complain’, ça marche pas mal, même si c’est frustrant au plus haut point de se retenir d’expliquer le truc, les arguments, de montrer ce qui nous semble maintenant évident, et qui ne l’était pas il y a peu.

    Voilà :) Thxxxx pour ce splendide billet bien vénère, il y avait besoin de ça, et encore une fois, ça fait du bien. Good songs :)))

    Keep on the road !

    • psycheinhell dit :

      Heeey, welcome back, you :)))
      Punaise même au milieu des fleurs tu es tombée sur des chicaneurs ? O.o J’aurais pas cru, vu que ce sentier-là est déjà bien altern en soi, on s’attend à ce que les esprits y soient plus ouverts… Me suis pris la tête sur un parallèle médical du même genre que tu racontes – l’histoire d’une ourse dans une ferme chinoise d’extraction de bile (pour un soi-disant remède), qui échouant à s’échapper avec son petit qu’on allait torturer, l’a tué avant d’aller se fracasser contre un mur ; et tout le monde de s’horrifier en toute bonne conscience sur la barbarie chinoise, avant de s’insurger quand j’ai fait le parallèle avec l’Europe, les fermes de fourrure, les labo d’expérimentation… et les abattoirs, berk. Le choc entre les réactions pas belles et les ondes toujours pulsantes de moments passés en terre amicale ont été un sacrément vilain décalage, et du coup j’ai cédé un bon coup à la voix de la colère – alors que je sais bien que, oui, la voix du zen, il faudrait… Bon, y a encore de bons bouts de chemin à faire, quoi :P

      S’endurcir non par le fer, mais par le feu, tiens je ne m’en souvenais plus de cela, mais ça me parle, que oui. ^_^

      Thanx again pour la compagnie on ze road, miss, et les papotes autour du feu. :) C’est vrai que ça n’a rien de linéaire, on tâtonne parfois à la pointe des semelles, on se cale sur un compas aux aiguilles en mouvement, on se prend quelques murs ou buissons de ronce – pas linéaire, mais traversé par un courant de continuité, la tension qui tire vers l’horizon, …

      On poursuit la Trace, wai. Never compromise, never surrender ! :P

      • petitefa dit :

        :)))

        Oui, même là, donc ; mais tu sais, je m’en doutais un peu, de ce type de réactions ‘même là’, pour plusieurs raisons : déjà, on est tout de même 0,2% de végétaliens, donc le ‘total respect’ de l’animal, c’est une étape lointaine.

        En plus (ça je le savais déjà un chouïa) ce n’est pas parce qu’on navigue dans des milieux alternatifs qu’on est à l’abri des préjugés et d’autres types de conformismes et de phrases toutes faites, c’est assez instructif, humainement, d’ailleurs.

        Bon, et surtout, il faut quand même que je précise que dans ce truc par ailleurs fort génial (genre gé-ni-al, tu vois :P), nous étions chez des éleveurs, qui s’occupent le mieux possible de leurs bêtes et qui sont à des années-lumière de l’élevage industriel et de ses horreurs, qui les soignent à la phyto, et on voit les mignons petits veaux gambader dans le pré et téter leur mère de longues périodes…

        Je le savais en arrivant, que j’allais dans une ferme qui faisait aussi de l’élevage, et je n’y suis pas allée pour polémiquer ni même militer, mais vraiment pour apprendre. Et donc, j’ai soigneusement évité le sujet autant que possible, pour ne pas blesser mes hôtes (dont la dame, excellente personne aux milliers de bouquins, ne peut d’ailleurs pas ingurgiter un veau, tu vois, comme quoi), et j’ai fait moult entorses à mes habitudes alimentaires, en mangeant toute la semaine laitages, oeufs et beurre, parce que sinon c’était vraiment impossible, déjà qu’ils faisaient des plats pour seize avec la viande séparée juste pour ma pomme, je ne voulais pas en rajouter – donc tu vois, on parlait de l’examen de conscience quotidien, ben là je me la suis posée, la question, à chaque plat, et j’ai fait non pas du plus radical que j’ai pu mais du mieux que j’ai pu. No chair animale, par contre, ça, ça n’a pas bougé. Et de profondes respirations pour ne pas partir en sucette sur les sujets qui fâchent et les choses un peu… bon, que j’entendais ici et là. Globalement il n’y a eu qu’un jour où ça a été un peu tendu, mais comme je n’ai pas relevé le gant, ça s’est posé bien vite, et tranquillité le reste de la semaine. :)

        (bon le coup du feu de questions suivi du classique ‘ah mais les végétariens je les trouve intolérants’, bon, il me faut encore un peu de background sociétal, mais ça va venir !)

        Et donc voilà où je venais en venir, tout cela m’a bien fait réfléchir à un article lu l’année passée sur la différence entre les welfaristes – soucieux du bien-être animal avant tout, mais ne remettant pas en cause l’exploitation animale tout court – et les abolitionnistes – qui eux – nous – remettent effectivement ça en cause alors que c’est en place depuis 7000 ans environ. Et j’ai enfin compris, clairement, pourquoi c’est le végétalisme et le véganisme qui posent socialement un gros problème, et non plus le végétarisme : car ce dernier, les welfaristes s’en accommodent très bien. Par contre, le reste, ça ne passe toujours pas. (Mais vraiment pas, en fait, dès qu’on sort des cercles protégés de nos propres contacts).
        La vraie scissure est là, maintenant, entre le R et le L dans végéta*isme, et non plus entre consommer de la viande ou non. Donc, c’est chaud, mais mine de rien je suis persuadée que ça avance. Hein ;)

        *

        Oui, j’imagine bien le jet lag que tu as dû te taper, là. Et ton truc de l’ourse, ben écoute, oui c’est kif kif avec mon histoire des estrogènes dans l’urine de jument (ah voilà, c’est pour ça qu’on les met enceintes, pour récupérer un max d’oestrogènes dans leur urine). La fille à qui j’ai fait le parallèle était toute étonnée, elle n’avait jamais réalisé qu’il fallait obligatoirement une grossesse pour obtenir du lait de quelque mammifère que ce soit. (Et je ne m’étais pas posée la question pendant quelques décennies moi non plus, d’ailleurs…)

        *

        Le fer et le feu, c’était dans une V-discussion où je m’étais bien énervée sur je ne sais plus quel sujet de société et où je virais misanthrope aigrie, presque. Voilà voilà ;)

        See U on the petites routes pas trop correctes ^_^

        • psycheinhell dit :

          Ah yes, je vois bien la délicatesse de ta position, et je trouve ça d’autant plus triste que tu aies été prise à partie, alors que la considération montrée pour tes hôtes aurait largement dû suffire à écarter le soupçon d’intégrisme, intolérance, etc. :S
          ‘Fin bon. Bien contente en tout cas que l’impression d’ensemble ait été fort cool ! :)))

          Pour la frontière profonde du R au L, well, ça rejoint assez ce que je peux observer au quotidien. L’abstention de viande, ça passe, mais dès qu’on touche au lait, aux oeufs – ben déjà ça paraît trop radical comme changement, vu le nombre de produits éliminés, et incompréhensible (il n’y a pas mort de bestioles, et si tu abordes la question de la qualité de vie des vaches ou des poules, du sort des veaux ou des poussins, c’est fou comme d’un coup tu n’es plus entouré que de gens qui ne se fournissent qu’à la petite ferme locale super peace and love…) Et, ouaip, vient ensuite, bien bien vite, la question du devenir de l’élevage qui n’aurait plus rien à offrir, du sort des éleveurs comme des vaches (vision bien utilitariste où l’on voue à la disparition pure ce(ux) que l’on ne peut consommer)
          Bon. Rdv d’ici une décennie, quoi ^^

          Et d’ici là, une belle soirée à toi ! :-)

  2. Shambalah dit :

    Merci merci pour ce magnifique billet.

    Ca me fait penser aux « esprits étroits » dont parle le rédac’ chef de Philomag (par ici : http://www.philomag.com/article,editorial,eloge-du-paria,1520.php), auquel j’ai envoyé un joli courrier bien énervé (voir le commentaire en dessous de l’odieux éditorial).

    Sans surprise, ni réponse, ni publication de mon courrier dans le numéro de septembre à la rubrique courriers des lecteurs…

    Plus ça va et plus je réalise que le tabou est vraiment énorme. Parce que ceux qui se font du fric sur la souffrance animale savent que si tout le monde savait, alors plus personne ne mangerait de produits issus de l’exploitation animale.

    J’ai vu aussi cette ourse qui a tué son petit et s’est suicidée ensuite… c’est à pleurer. Ca me rappelle les cochons qui se mangent la queue les uns les autres tellement ils deviennent fous de douleur…

    Oui, c’est sûr, on n’est pas nombreux sur ce chemin. Ca pourrait être décourageant. Mais j’essaie de me dire que si nous on a sauté la pas, alors tout le monde peut le faire (et je constate avec plaisir le jeune âge des nouveaux vg sur végéweb par ex).

    Pour finir, ce passionnant article sur l’unicef et la corrida :
    http://www.lepost.fr/article/2011/07/10/2545213_l-unicef-et-la-corrida-long-a-lire-mais-si-interessant.html
    et ces mots poignants d’un ancien torero Alvaro Munera :
    « Il est sûr qu’il faut être mentalement déficient ou être la descendance logique d’une ignorance ténébreuse pour admettre de se distraire de la cruauté sur les animaux, mais utiliser l’instrument de la rhétorique pour que cette cruauté persiste, transformée en un droit humain, est l’acte démoniaque par excellence ».

    Si même les toreros peuvent changer, alors, tout est possible.

    • petitefa dit :

      (wow cette citation… Bazar, rien à ajouter, c’est parfait et ça vient d’une source crédible, question souffrance animale et son visible repentir, hein. C’est exactement * comme ça * que ce doit être exprimé. Soufflée.

      Bon cet édito au boudin est aussi affreux que ta réponse est bonne et super calme, dis donc. Et je vais voir l’article bien vite :) )

    • psycheinhell dit :

      L’article sur l’Unicef vaut effectivement le détour ! C’est très vrai que les enfants, aussi (comme pour la chasse, d’ailleurs), se retrouvent pris dans cette violence, comme spectateurs ou acteurs – paradoxe d’une société qui blâme les jeux vidéo à la moindre explosion de violence, mais n’hésite pas à inscrire la culture dans une tradition sanglante.
      Une anecdote qui s’est passée récemment à Paris rappelle bien d’ailleurs que l’argument culturel ne vaut guère dans tout ça : une assoc’ vouée à la corrida et à la ‘culture taurine’ avait organisé au début de l’été une journée des cours gratuits de toréo en plein air, dans les arènes de Lutèce. Le raffut fait sur place par des manifestants anti-corrida a alerté la police, qui s’est déplacée et a embarqué… non les manifestants, mais le ‘maître’, pour port d’armes blanches en public (les épées qu’il avait amenées pour sa démonstration). Je doute que les policiers aient compris la portée de leur geste, mais en tout cas leur réaction naturelle (arme = danger) est significative.
      Triste que des organismes comme l’Unicef ou l’Unesco puissent être utilisés, à l’encontre de leur vocation native, pour engraisser les bourreaux…

      (Quant à l’autre article tout en provoc’ débile… juste berk. Ca bouche l’esprit comme les artères, le boudin, mais faut croire que ça ne contribue guère à rendre l’argumentaire consistant. Punaise un éditorial d’une telle beaufitude pour un mag’ qui se veut à contenu philosophique, c’est de la faute de goût, en plus… Heureusement qu’une vg est passée par là pour relever le niveau et mettre les points sur les i d’ ‘action contre la faim’ ! :))

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