L’insupportable quotidien (cliché, 1952-2010)

Une ancienne entrée de blog, initialement postée sur myspace, remontée dans les souvenirs et que je fais remonter par ici. Je n’en suis pas fière. La scène n’est pas belle, pas propre, pas nette. Pas de happy ending, et pas de fin, puisque tout cela s’amplifie.
C’était en 2010. Nous sommes en octobre 2011, et un brave maire UMP poursuit gaiement sa guerre aux pauvres, mettant à l’amende les glaneurs de poubelles. Elle est où, la saleté ?
Nous sommes en octobre 2011, et quatre militaires déployés en rose des vents, mais sans fleur au fusil, guettent à l’entrée du métro. Il y a un nombre incroyable ces jours-ci de cars de crs alignés le long des grands axes. Des caméras partout, et, comme me l’avouera une employée de la ratp, prêtes à s’assurer que les agents font leur travail, virent les mendiants, ces indésirables. « Ca ne m’amuse pas, mais je n’ai pas le choix, on est surveillés. » Les mendiants gênent le regard, gênent le passage en gare St-Lazare. Moi ce sont les pubs qui m’écorchent le regard, mais le marketing prolifère, et tous les matins, à l’heure de pointe, tandis que la bête à la Zola avale sa moisson de travailleurs au rythme de digestion de l’escalator, un embouteillage se crée autour des distributeurs de presse gratuite et d’échantillons promotionnels (les jours de sortie du catalogue Ikéa, c’est carrément la foire d’empoigne, sérieux). Je repense à Article XI, à la terrifiante analyse des luttes territoriales en gare du Nord :

La fabrique du non-lieu

Police du recoin

Théâtre brut

Et j’apprends en ce même mois que le cercle de silence qui devait se fonder à La Défense est compromis. Motif : la société qui gère l’espace local n’a pas approuvé la présence des soutiens aux sans-papiers. Motif : « ce type de manifestation n’étant pas compatible avec la dynamique d’animations que nous souhaitons développer ». Ah bah forcément, c’est pas très animé un cercle de silence, zéro divertissement. Je google par curiosité (cette grande cause de mortalité féline) le nom de Defacto, la société en question. Ah, ils ont un site – et « l’ambition de l’excellence ». Je clique sur l’onglet ‘événementiel’ : « Pour un tournage de film, une opération de street marketing ou une manifestation culturelle ou publicitaire, La Défense vous accueille. » Ah, yes. Le marketing oui, l’humanité non. C’est fou comme je me sens accueillie, là d’un coup.
(Me demande comment ils accueilleront cette dynamique d’animation, à La Défense, tiens, la semaine prochaine. Héhé…)

Bon. Assez retardé. Vous connaissez le tableau. Le souvenir d’une scène ‘de détail’, donc, et qui fait toujours mal à cette heure.

Scène de la vie parisienne.
Setting : train de banlieue, fin d’une énième journée de labeur. Blottie contre la fenêtre, je bave sur mon bouquin – littéralement, rattrapée , acculée, assommée par la fatigue après mes jours à vélo et mes nuits sur l’ordi.
Un éclat de voix me tire du truc. Assez violent pour avoir passé la musique du mp3, et les murmures de Morphée. J’ouvre un oeil.
Un type est en train de balancer un journal à la gueule d’un cadre assis. Le cadre ne réagit pas, si ce n’est en rentrant un peu plus les épaules.
Regard circulaire. Je n’en croise pas, justement, de regards. Le monde est très occupé à regarder – à ne regarder rien, pourvu que ce soit ailleurs. Le monde s’applique à ne rien voir.
Focus sur l’énervé qui s’est retourné pour interpeller le reste de la rame. Je laisse glisser les écouteurs – « même pas un centime », que je me prends dans les oreilles. Le type avance, hurle qu’il en peut plus, et que personne n’en a rien à foutre, flingue la société, le métro boulot dodo et sa cohorte de lâches et d’indifférents, « je suis un bon à rien ?!? c’est vous les bons à rien, juste bons à attendre les vacances, et elles viendront même pas vos vacances, on vous les prendra et vous ferez rien, et moi j’ai faim, et vous faites rien, j’en peux plus, bande de bons à rien »
Le type se fissure, fission, explosion, implosion intérieure d’un humain démoli par sa vie – face à lui, on ne pense qu’à éviter les éclats en répercussion, à ne pas se placer, justement, face à lui. Un être humain s’effondre, et il a raison, on ne fait rien.
Au fur et à mesure qu’il dépasse une rangée, les regards se relèvent prudemment, le soulagement y allume une maigre lueur de néon sale.

Je me lève, fait un pas dans l’allée. Faire quelque chose, sans savoir encore quoi. La Défense nous avale dans ses entrailles, pas mon arrêt mais je suis la masse. Repère mon gars qui file vers la rame suivante, m’y faufile à sa suite, m’installe tout près de lui.
Ne sais toujours pas quoi faire.
Tandis qu’il reprend sa litanie de la faim, je me rappelle les quelques pièces qui me traînaient dans la poche, le pourboire mis  de côté en guise de pourmanger. Je les rassemble, accroche le gars dans son passage toujours infructueux, sa montée renouvelée vers la rage. Parler surtout, tuer le silence, remplacer le mur par de l’humain – un maladroit voeu de courage, une risible excuse de n’avoir pas plus à filer. « Pas grave, t’auras vite oublié. Tu vas manger quoi ce soir, escargots, escalope à la crème ? »
Je vois ce qu’il voit. Bouquin à la main, sac à dos, cheveux blonds et silhouette fine, mes 27 ans desquels on retranche souvent facile une dizaine d’années – une gamine, en route vers la sécurité du foyer familial.
J’ouvre la bouche pour lui répondre que c’est mon repas du soir qu’il tient dans les doigts, mon sachet de pâtes. La referme, secoue juste tristement la tête, parce que ouaip, j’ai plus de chance que lui. J’aurais voulu l’ouvrir – dû ? pas dû ? –, pour tuer au moins l’indifférence, dire ‘regarde je ne m’en fous pas de ce qui t’arrive, regarde ce que je te file à travers ces piécettes’, mais que répondre qui ne sonne comme une justification alors qu’il n’y a rien – *rien* – de justifiable ni juste dans nos positions respectives, que répondre qui puisse compter quand l’estomac hurle sa douleur de vide ?
Que répondre, quand une rame entière de braves gens carrément lâches vient de lui prouver que son mépris, sa rage, sa douleur ont de très bonnes raisons d’être ? Et que de telles preuves, il en reçoit, pas de doute, des tonnes au quotidien, tombereaux de désespoir…

Une lueur étrange dans son regard. Il va tenter autre chose, un nouvel angle d’attaque contre ce mur de riches nantis où pas une porte ne demeure ouverte pour lui.
Ecarte les pans de son vieux veston où se délave le bleu de l’océan, laisse voir un manche de couteau. Un laguiole. Dit que de toute façon, il va faire quelque chose, et n’est-ce pas qu’il est beau son couteau, hein, regardez tous, j’ai un couteau… Provoc’ de gars habitués aux regards détournés et têtes baissées de la bonne société. Mon voisin se raidit, lui se détourne pour repartir, pensant avoir marqué son point, tranché la situation, joué son rôle d’épouvantail de la société, le seul qu’il lui reste à endosser. Je pose sur les genoux, geste sans menace, le mien, de couteau (un couvert de randonneur écolo, sooo tough, girl). Je le rappelle :
« Le couteau, l’arme, il n’est pas beau ou sale. C’est ce qu’on fait avec qui le rend bon, ou mauvais. »
Il se retourne, laisse échapper un rire amer. « Avec moi, ce sera mauvais, je peux te le dire. Ce sera mauvais. » Du doigt, un geste tranchant en travers du poignet.
« J’espère que non. J’espère. que. non. » Nos regards ne se lâchent pas. Ca ne dure pas longtemps, ça dure toujours. Ca change des regards pré-cadenassés, en tout cas.
Il rompt le truc, riant encore, plus doucement. « Mais non, je vais pas le faire. » Plus doucement encore, un truc que je ne comprends pas. Ajoute, « Je te raconterai, un jour, si tu veux. »
« Oui. » Je m’accroche à ça, qu’il y ait encore dans sa parole un demain, un jour à venir. Sans même savoir si j’ai le droit de le lui souhaiter, ce lendemain, vu la gueule du jour présent.
Il hoche la tête, s’ébroue, s’éloigne en reprenant son laïus. Pas de travail, pas d’endroit où dormir, alors au moins, si seulement, de quoi manger messieurs-dames.
Je suis son trajet le long de la rame, la démarche est un peu moins frénétique, pas apaisée – jamais, j’imagine –, l’élocution ne ressemble plus à celle d’un gars bourré parti en live dans ses bières. Il se tient droit, épaules déployées, même en plein lâchage de câbles, il s’est tout du long tenu droit.

Sur le quai. Il change de rame. Je reste plantée là, un sale goût en bouche. J’en connais le nom : impuissance (pour épices, la rage, l’écoeurement).
Poings serrés. Je veux un mur sur lequel cogner, démolir en mouvements furax cette saleté de feeling.
Je cogne sur le monde et ses crasses.
Impuissance. (un coup)
Impuissance. (un coup)
Impuissance. (un coup)
C’est sur moi que je cogne. Une raclée, pour briser les limites. Pouvoir, enfin, changer les choses. Make a difference. Se secouer, remuer les eaux dormantes, pour ne pas y laisser infuser la sale leçon du système, celle qui voudrait nous persuader que l’on ne peut rien.
Le coeur au bord des lèvres, coincé entre les dents serrées. Impuissance. Un coup. Impuissance. Un c– /play repeat, never stop/

Je crève de faim, hurlait-il.
A la sortie des théâtres, l’homme criait au milieu de la rue, barbu et en veston court, sous la pluie. Il criait. Je crève de faim. Oh ! Payez-moi à manger ! Ce Oh ! sautait dans ma poitrine. Il ne s’adressait à personne en particulier, zigzaguait sur la chaussée. J’ai faim, pleurait-il, larmoyant, suppliant, reniflant, toussant, criant de nouveau, hurlant. Les gens cavalaient vers le métro et les taxis. Ils ignoraient s’il était soûl ou sincère, ils l’évitaient. Je crève de faim. Il ne sortait pas les mains de ses poches. J’ai faim. Au bout de la rue, ils se retournaient quand même avant de disparaître. Il continuait à chanceler, homme fantôme pourtant si proche, sirène de détresse crevant le brouillard. Dès qu’il frôlait un groupe, un couple, son cri les déchirait, les éparpillait, les femmes accéléraient, les hommes tournaient l’épaule. Sur une salle entière vidée sur le trottoir il n’eut pas une pièce de vingt ronds, les bourgeois veulent bien faire la charité mais il faut qu’on la demande poliment, et discrètement, qu’on fasse le beau d’abord et surtout pas cet affreux scandale sur la voie publique qui allait gâcher une si belle soirée, quelle horreur mon cher ! Pourquoi n’empêche-t-on pas cet état de choses, mon chéri ? Payez-moi à manger. Oh j’ai faim ! Il fléchissait sur ses jambes. Sa litanie devenait monocorde. J’avais la poitrine bouleversée. (…) Ce Oh ! dans ma tête jusqu’au bout de la nuit. Je n’avais jamais atteint ce délire de la faim où l’estomac remonte et bouffe le cerveau. La rue se vidait. Planté là dans le décor, impuissant puisque fauché, incapable de réfléchir à une combine quelconque, voulant mais ne pouvant fuir, l’abandonner. Il ne me voyait pas, ne voyait personne, gueulant sa malédiction au ciel, qui me coula dans le dos pendant des jours et coupa ma faim. Où est-il ?

Clébert, Paris Insolite (encore une bonne pioche des chouettes éditions Attila)

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14 réflexions sur “L’insupportable quotidien (cliché, 1952-2010)

  1. petitefa dit :

    Hey toi :)

    …Je me souviens de ce billet. Et je vois qu’à bien des égards ce n’est pas brillant un an plus tard, la situation, non. Mais… Sur le sentiment d’impuissance, j’ai quand même le sentiment vif et chaud que quelque chose a changé.
    Tu sais, depuis qu’on ose dire un peu plus fort que nous sommes les 99% à (notamment) en avoir marre de se sentir seuls et impuissants, et je suis quant à moi, et en 2011, carrément persuadée que tu n’es pas la seule à te sentir choquée, écoeurée, killzthecatisée, à la fois par le bal des bidasses, la milice non assumée du métro et les connards dynamiques-et-animés de la Défense.
    On est plein, PLEIN. :)
    Et plus ils nous foutent dans la tête des exemples du style je vire les clodos (ou je leur interdis les poubelles, comme à Nogent et comme tu linkais), plus ça fortifie le truc, tu vois, la grande indignation qui n’est pas que ça – n’en déplaise aux commentateurs babéliens qui n’y captent Z.

    Et plus, enplusenplus, ça nous conforte, malgré qu’on n’avait pas trop besoin de ça, dans la certitude requestionnée et renouvelée chaque jour, qu’on ne se plante pas, qu’on est dans le vrai, le juste et l’humain… * Eux * se plantent, les requins mondialisés protégés par l’armée, les ‘gestionnaires de déchets humains’ comme je sais plus qui a appelé les participants de Occupy Wall Street. (Pardon pour les vrais requins, en voie de disparition et qui en bavent un max en ce moment !!!)

    Je me disais que c’était de fait une bonne définition de la ‘boucle’ capitaliste, néolibérale, mondialisée (cocher les trois) : cette (ahem) ‘civilisation’ ne produit au final que du déchet. Et * surtout * il n’y a que cette culture occidentale moderne pour non seulement en produire autant mais surtout avoir * inventé * le déchet, la poubelle, le tas d’ordures. Y a un passage dans ‘Pieds nus sur la Terre Sacrée’, que tu connais (ou dans l’antho de poésie amérindienne, pinaise je ne sais plus) ou un Amérindien pointe ça très justement, l’étonnement dégoûté devant les montagnes d’ordures des blancs. Personne d’autre ne fait ça. Tout le monde a toujours tout utilisé, recyclé, pesé et pensé – je caricature bien sûr, faudrait nuancer par la ‘Brève extinction…’ mais tu vois l’idée. Oui, en fait il a raison le gus qui a insulté les gens comme ça ; il oublie juste de préciser que c’est sa caste, son système, son réseau et son amoralité profondes qui ont créé et stimulé les conditions aboutissant à ça, la casse humaine. Mondiale.

    Bon ! Je me garde quelques cases d’air pour poursuivre les autres fils, U konw ^_^, alors pour ce matin, juste ne te sens pas impuissante, jamais, devant aucun militaire ni aucune enflure Défensive, jamais. Tu as le power, miss, ouvre ton poing et tu verras le pouvoir dans ta main ;)

    (c’était les jeudis matins du lyrisme :P)

    • psycheinhell dit :

      Hey ya :))

      Il y a quelque chose dans l’air, c’est clair ! Un point extrême de tension, peut-être, le moment où les injustices toujours plus poussées vont finir par casser. Peut-être est-ce pour cela, que c’est hypersensible, jusqu’à l’insupportable, toutes ces horreurs… I want to believe.
      Pour préciser ce truc d’impuissance, tu as raison, complétement, que oui, on a nos forces, puissances, transcendances, face aux pouvoirs militaires et financiers. Là où je n’ai plus de protection face à la sale leçon, illusoire ou non, de l’impuissance, c’est en voyant de l’humain passé à la broyeuse, là, sous les yeux de tous, par ce système qu’on refuse. Il y a une femme à laquelle je repense souvent, une nana installée dans la rue qui, au-delà de sa coupelle à piécettes, criait again & again ‘Justice, people, justice !’ C’est ça qu’elle voulait, et elle m’a dit ‘Ce n’est pas à manger que je veux. Je veux être sauvée.’ Bang.
      Alors je sais bien qu’on y travaille, qu’on pousse dans ce sens de toutes nos forces, de tout notre poids physique et spirituel. Mais entretemps, y a des jours comme ça où c’est hard…

      Ouvrir le poing… C’est vrai, oui c’est vrai. C’est dans l’ouverture, les bras ouverts aux courants profonds et aux gens, le pari de l’empathie, la puissance vulnérable du vivant.
      Est-ce qu’on peut fissurer un mur de la paume de la main ? Planter, peut-être, au pied des arrogantes tours, les petites graines dont les racines en poussant finiront, dans leur progression patiente, par miner les fondations du vieux bastion…
      (Même si les vieux réflexes, le poing serré du fighter, ne se perdent pas si facilement. Bon. On apprend…)

      Je n’avais pas entendu c’te expression, là, de ‘gestionnaires de déchets humains’ (pourquoi gestionnaires, bordel ? ça les gratte tant que ça, la spontanéité, la créativité, qu’il leur faille tout de suite en imaginer la gestion, pour se rassurer dans leur vision du monde où l’humain ne se conçoit qu’en terme de ‘ressources’ ?)
      Très au diapason avec toi, en tout cas, sur ce que tu dis des déchets. Un truc qui me marque énormément, ça, qu’on en soit venu à fabriquer des objets qui sont destinés à être jetés (je pense aux emballages, pour le plus évident). Pour moi, c’est bien, complétement, le signe de notre déphasage avec la réalité, avec le respect et de la matière, et du travail fourni pour la transformer (et donc, du travailleur). Et avec cette perte de respect, une perte de sens, et une perte de lien. (et la voie alors est ouverte aux aberrations telles que pointées dans le projet PIG jenesaispluscombien que tu connais bien !)
      Ca me dit quelque chose, ce truc amérindien, je ne sais plus où non plus. Sur les déchets, je repense aussi toujours très fort à Bilal, aux mecs dans le désert qui dépendent d’un putain de vieux bidon d’essence même pas forcément propre pour pouvoir trimballer la flotte qui leur permettra de survivre à la traversée – ça fait voir d’un autre oeil les orgies occidentales de verre et de plastique, sur lesquelles l’occident va bien finir par s’étouffer…

      Tu sais à quoi ça me fait penser, la formule du pâle type, là ? (qui a beau jeu de parler de déchets humains, d’abord, lui qui est de la caste des pures ordures)
      A la ‘Democracy’ song de Leonard Cohen, très d’actu avec ce qui se passe à Wall Street (et que j’aime bien, même si mon point de vue n’est pas si américano-centré que le sien), aux dernières lignes qui chantent :
      ‘But I’m stubborn as those garbage cans
      That Time cannot decay,
      I’m junk but I’m still holding up
      This little wild bouquet:
      Democracy is coming to the USA…’

      • petitefa dit :

        Re ! :)

        Alors concernant la formule, en fait c’est moi qui rajoute ‘gestionnaire’ bicuz vécu de la sorte, mais il y a bien un gars qui a traité les occupants de ‘déchets humains’ il s’appelle, après recherche, Herman Cain et un peu plus de précisions sur le blog d’une journaliste (entendue à France Q je pense) :

        http://radiofrance-blogs.com/fabienne-sintes

        Pour la question de la vision amérindienne des déchets, oui ça ne me surprend pas que ça te parle (déjà parce que bon ^_^) car je suis à peu près certaine de l’avoir croisée dans un des deux bouquins, que tu connais. Même feeling face aux ordures (aux tas d’ordures tellement non-sense… et aux vraies ordures officielles aussi !).

        Faut vraiment que je reprenne l’héritage musical maternel (& copinesque) et que je me mette à Leonard Cohen, moi, toutes les citations que je vois me font salement vibrer :))
        (Nat vient d’en mettre une sur la poésie et la cendre absolument sublime… in love)

        Et pour le poing, ah, je sais bien qu’il y a certains jours où. C’est un peu pour ça aussi que je réagis, spontanément, pour une mienne paume sur une tienne épaule, parce que c’est un peu dur de se sentir comme ça, je connais bien, tusaisquejesaisquetusais, etc (ah et si je trouvais un trou noir plein d’espace-temps inutilisé je partirais sur ce tusaisquejesaisquetusais, double, triple mise en miroir et définition également tout à fait possible pour l’empathie au sens neuro ! Mais là j’avions point le trou noir, donc je reste sur ma piste non empruntée ;) ).

        Et donc, oui, la main ouverte, j’y crois à fond, et à te lire je me dis même qu’elle n’est pas forcément moins combative, en repensant aussi aux techniques du Taiji (il y a non seulement des parades pour désamorcer les attaques, mais aussi des coups avec le tranchant ou le bout des doigts ou encore l’intérieur du poignet, pétard y en a en fait, je ne m’en étais pas aperçue !) et aussi aux principes mêmes du Taiji, dans le sens, un peu, du wu wei, du « non-agir » qui ne signifie pas (je crois pas en tout cas) ne rien faire, mais ne pas agir contre le sens du vent. (en fait, compltètement l’inverse de la philosophie du Contrevent, tu vois, très admirable et très aimée, mais en y ayant beaucoup cogité, très axée sur le mode de pensée occidental (au bon sens pour une fois), la rébellion, la différence, etc.) Là on peut entendre ‘le sens du vent’ au sens des forces naturelles – et donc surtout pas, bien sûr, au sens du gros système qui nous pompe la vie ! -, au sens du mouvement du Tao, peut-être. Bon bref, dans le Taiji on n’attaque pas mais on désarmorce l’attaque qui vient, et comme dans l’aïkido, on utilise la force du partenaire (qui ne s’appelle déjà plus un adversaire d’ailleurs) pour péter son attaque ou le faire chuter. Et il faut être le plus détendu possible – ouaip, c’est duraille, je peux te dire que c’est pas évident :D -, tout ça, non simplement pour des raisons d’amour universel et de kind of pacification mais aussi, très prosaïquement, pour des raisons d’efficacité. On est plus efficace si on est dans les principes, détendu, vertical, le centre, et tout, que si on est tendu comme une corde de violon (là on est raide et on tombe). Pour finir avec ce long parallèle, et pour filer sur la même image en version psychique, je dirais que c’est possiblement la même chose pour nos attitudes militantes (suite à big discussions sur colère ou pas colère dans l’activisme militant), si la rage est là, il sera plus efficace de l’utiliser, constructivement disons (Justice ! Justice ! Oui c’est exactement ça ! Là j’entends complètement le ‘sens naturel’ que j’exprime fort maladroitement, le sens du cosmos vs chaos, peut-être, le sens de l’humanité et de l’évidence en tout cas) que soit de la nier soit se faire bouffer par sa grosse vague débordante. Le risque dépressif serait alors trop important ; et l’on revient sur un autre fil inachevé où on parlait de ça, tu te souviens :)

        C’est ce que me disait mon hexagramme, transformer la violence en justice, pour ne pas finir dévoré ou dévorant, donc j’y repense souvent, et là, avec le poing, aussi. En tout cas dans mon cas personnel, sachant le quantum de colère que je me trimballe, il vaut mieux que je n’oublie pas ça, c’est devenu une claire référence pour moi, après on ne tire pas tous le même mais c’est pour dire mon ressenti sur le poing, et tout ^_^

        (d’ailleurs dans la Forme il y a aussi des coups de poing, c’est vrai ça !)

        Bref, ce qui m’amène à conclure que ce sentiment d’impuissance qui peut nous traverser, au risque de nous broyer, mérite certainement une étude approfondie. S’il nous bouffe et qu’on est aussi mal que les personnes avec qui on est en empathie, avec qui, étymologiquement et précisément, l’on souffre, que pourra-t-on apporter, que pourra-t-on changer… Je crois qu’il est vital de prendre soin de nous-mêmes, si on veut être efficace pour les autres (sens large, etc). De plonger, le jour où on se sent prêt, ou d’attaque (disons ^_^), les yeux dans ceux de l’ennemi extérieur ou intérieur, de voir ce qu’il en est vraiment. Après, je dis ça et je me sens moi-même débordée chaque jour par tout un paquet de sentiments fort négatifs, dès lecture du premier article sur les fauves (t’as vu c’te horreur), de la première pétition de la journée, de la première réaction toute naze lue sur le nucléaire, etc. ça va pour parlotter mais en pratique j’ai bien du mal à appliquer concrètement tous ces beaux principes dont je me gargarise et dont je remplis ta page !

        D’ailleurs le mini-trou noir est en passe de m’avaler toute crue, là, l’oeil sur cette sale pendule qui minute nos vies, damned, je reprends l’antenne plus tard (ici et là-bas dans mon espoir), je pense fort à toi et à tes énergies cachées, plein de bises, à très vite au son des songs de Leonard,

        Fa

        • psycheinhell dit :

          Réponse en vrac-fils, comme au bon vieux temps ;))

          Thanx pour la clarification et le lien vers le portrait de l’affreux personnage ! (eh bé Oo bon certes on en a en France qui lui font amplement concurrence en matière de formules z’et idées crades, mais décidément je ne m’y ferai jamais, à ces gens…)

          Pour le taiji, oui, je me rappelle que tu m’avais déjà parlé de ces très inspirants principes et postures consistant à accepter la force de l’autre pour renforcer sa position et faire basculer l’autre – ah j’ai retrouvé le fb-fil, une discussion sur le sort réservé aux mustangs US, je recolle tes paroles ici si tu permets (sinon j’édite, tu me dis hein !) parce que ça s’insère à merveille dans la discussion sur la puissance / impuissance, la posture qui bascule ou se renforce, la justice, tout ça – et que ça me permettra de les avoir sous la main (sur la paume ^_^) et la mémoire pour les prochains brain- & heartstorming…

          Comm. (c)yourself en mars 2011, donc :
          « Pour l’élan printanier, bon il n’est pas brisé, plutôt renforcé, d’une certaine manière, tu vois ce que je veux dire, il prend corps avec la colère et le sentiment d’injustice… ça me fait précisément penser à une position au taï chi où il faut avoir une attitude particulière face à la force de l’autre, pour ne pas tomber (c’est plus facile en visuel mais en gros, il s’agit d’accepter la force de l’autre et de la faire passer dans la terre, pour s’enraciner mieux(=ne pas tomber) et gagner en stabilité, l’utiliser à son profit quoi. Et bien je viens de réaliser que c’est ça, que ça me fait, que ça nous fait, toutes ces horreurs que nous apprenons par la bande : ça nous fait basculer, ou bien ça nous renforce. Tu vois le plan ? :) ))

          Le risque de la dépression, que oui, j’en suis consciente, et plus encore, le danger (que je perçois parfois, rôdant dangereusement proche) de finir incapacité par ses propres élans empathes – danger qui doit être bien connu dans le monde des soins, non ? c’est dans ton mémoire qu’il me semble bien avoir lu un développement très éclairant sur la juste distance et l’empathie de la part du soignant…
          Ouvrir le poing, symboliquement, ce serait peut-être alors aussi lâcher prise, ne pas s’accrocher à l’énergie de la rage, sous peine de la voir virer auto-dévorante, former un noeud à partir de ce qui était fluidité… (Et pour moi qui marche au feeling, c’est hyper important, ça, la libre circulation des courants, et l’ouverture à leurs forces porteuses, élémentales, naturelles ! Et pour toi, j’imagine, yes, combien c’est parlant, ces enseignements du taiji – et je me souviens bien de ce tirage du King qui mit dans le mille… Et ton évocation de la justice m’évoque très fort cette restauration de l’harmonie qu’est l’hozho – la guérison, la marche dans la beauté. :))

          Tiens, et about la Horde, il y a ce truc d’aller contre le vent, et l’extraordinaire fraternité qui se forme dans cette marche. Mais je crois que ce qui m’a fait encore plus vibrer dans ce book, c’est tout ce monde tissé de mouvements, les chromes, le Vif, les caracoleries, etc. Toute cette dialectique de la forme et du mouvement – il y a combat, mais il y a aussi ce désir d’embrasser d’autres formes, d’accepter la transformation, devenir, par exemple, végétal. (et là c’est moi qui faute de temps résiste à la tentation de dérouler ce ruban de piste, parce qu’il y aurait sacrément matière ! ^^)

          About miroir & jesaisquetusaisque… : OUI ! Miroir, écho, vases communicants qui font que l’on sait ce que traverse l’ami(e), pour être soi-même passé par là et en être ressorti tiré par cette même main amicale, tendue :)))
          (et ce n’est pas pour rien, il faut dire, que le miroir est l’une des clefs, des facettes de mon psyché-pseudo !)

          Et enfin, avant de filer à la manif’, Leonard Cohen : c’est aussi un héritage maternel ^_^, un CD filé par ma mother qui s’était dit (à juste titre) que j’allais beaucoup aimer sa version du Chant du partisan. Je fonds complétement pour sa voix de crooner, et il y a de quoi faire, yes, du côté des paroles (d’ailleurs le gars était poète, j’avais aux temps du foyer d’étudiantes une copine très fan qui avait, si je ne m’abuse, plusieurs recueils de lui qu’elle se relisait régulièrement).
          (et j’ai bien vibré aussi sur la poetic quote dont tu parles !)

          Et là c’est à mon tour d’osciller au bord du trou noir, donc j’abrège (euh…) là ! Une toute belle journée à toi :)))

  2. petitefa dit :

    Ah et Occupy la Défense, oui oui oui, c’est parfaitement ze place to be, pour une fois, au coeur du monde du fric. Puis c’est une grande place je crois ? (j’y suis jamais allée)

    • psycheinhell dit :

      Vi, c’est grand. Ecrasant même, on y est cerné par des tours qui inscrivent dans les cieux les noms d’Alsthom, Total, Areva, l’odieux spectacle. Un espace à l’échelle des multinationales – au centre duquel il est urgent, donc, oui, de replacer l’humain.

  3. Lullaby dit :

    (*pouf* je réponds ici à ton comment, Psyché ^^ Fa a raison, je pourrai commenter ici aussi, vu que je suis abonnée à ton blog…. et en effet on peut y causer plus « à coeur ouvert ».)

    Effectivement, je ne sais non plus si argent & normes expliquent tout – à vrai dire je ne le pense pas, ce serait trop simple. Mais, comme tu le soulignes, et comme j’en ai eu l’impression en lisant ton billet, cela met en lumière de façon tellement forte la situation où nous sommes aujourd’hui. On s’ignore déjà beaucoup rien qu’en marchant dans la rue, en allant dans un endroit public. Et ceux qui n’ont ni toit ni de quoi manger sont logés à pire enseigne encore. Comme des intouchables, oui. Pire, avec ce refus même du regard.
    Et il y a de quoi péter un câble en effet…

    J’ai du mal à commenter vraiment ton billet car il m’a sacrément remuée, en fait. Remuée de diverses manières. Et personnellement aussi. Parce que j’ai fait – fais parfois encore – partie de ces regards fuyants. De ces gros dos qui attendent que ça passe. Ignorant l’Autre.
    Je n’en suis pas fière.
    Mais j’essaie de changer ça. Et ton post me renvoie à la face que, toute pétrie de bonnes intentions que je suis, toute idéaliste que je suis, si je ne fais pas même l’effort de prêter attention aux autres, à tous les autres, au quotidien, et encore plus ceux ignorés de tous, quelques soient les raisons de mon non-regard, et bien je me trahis moi-même. Je ne suis pas dans la *cohérence* avec ma conscience, mes idées, mes sentiments.

    Du coup je ne sais pas si j’ai assez de recul pour exprimer clairement ce que je veux dire.

    Mais je ne t’en remercie pas moins pour ce billet.

    • psycheinhell dit :

      Hey there ;)

      Tu sais, je crois que personne vraiment n’est à l’abri de ces petites lâchetés, çà et là – ce serait mentir, par exemple, que prétendre que je n’étais pas tentée, lorsque la voix du type me tira de ma récup’ assommée de sommeil, de juste refermer la paupière et la conscience. C’est déjà énorme d’avoir conscience du risque de ces incohérences qu’une sale voix nous susurre d’ignorer, nous murmure que c’est pas grave, on a pas le temps, on peut pas s’arrêter pour tout le monde, blablabla – de les regarder en face, et leur dire ‘NON’. La miss Keny Arkana (dont l’énergie musicale m’aide bien à trouver la force de cette cohérence !) te dirait que c’est une révolution intégrale, un changement de nos êtres pour changer le monde.
      Et Morrissey des Smiths pourrait te chanter combien ‘it takes guts / strength to be gentle and kind’…

      Je repensais à ce truc de norme, et le mot qui me venait à l’esprit, plus que les bien connues et abhorrées ‘petites cases’, c’est l’image de la canalisation. Nos énergies sont prises et déshumanisées dans un rythme de machine, de métal, le métro boulot dodo pour schématiser ; pris dans ce flux dès l’entrée à l’école, je crois, on est entraînés à ne pas s’arrêter, même pas pour un contact humain. Au point peut-être que certains en viennent à trouver ça rassurant, le coin de tôle par lequel ils passent tous les jours, et inquiétante, déstabilisante, incertaine, l’ouverture aux autres, cette vulnérabilité assumée qu’est l’empathie ?
      Et pourtant, je crois, je veux croire que deep inside, ça en laisse pas mal insatisfaits, demandeurs d’autre chose. Ya qu’à voir le succès de tous les happenings visant à rapprocher les gens : les frees hugs, les vids du ‘métro du bonheur’ (où un type encourage une rame de métro à saluer et applaudir chaque personne qui entre, à chaque arrêt), les mises en scène de danse dans les gares… On en est au point où, l’autre jour, alors que je venais d’aider un papy à monter ses valises en haut d’un escalier, un mec est venu me remercier, que ça lui faisait chaud au coeur de voir que des choses comme ça existent encore. Et là, t’hallucines juste, à te demander si le monde est vraiment tombé si bas que ça… :S

      Chuis passée hier, pour deux-trois petites heures, de l’autre côté de cette barrière des regards dont on cause. L214 mène en ce moment une campagne contre les oeufs de poule pondeuse élevés en batterie, et cible en particulier les Monoprix. Donc on s’est postés devant un magasin, pour obtenir des signatures à la pétition qui sera présentée. Et on se retrouve ainsi dans la position du solliciteur, de celui qui vient briser le train-train pour demander quelque chose. Ben je te laisse imaginer le nombre de NON inscrits dans les regards cadenassés, avant qu’on ait pu ouvrir la bouche. Ca donne des fois des échanges aussi profonds que ‘Bonjour monsieur, est-ce que… – NON.’ Au bout d’une heure de ça, soit t’as fait un grand pas dans la voie du zen :D … soit tu te sens déjà virer berserk. Et nous, on avait choisi d’être là, et ce n’était que le temps d’un petit aprèm’ – et on avait les copains avec qui rigoler, se décharger un peu de la négativité accumulée au fil de ces négations visuelles et verbales. Alors un quotidien qui soit tissé de pareils non-contacts, en plus de la faim, du froid et de tout ce qu’on peut se trimballer de soucis, ça doit être une usure de l’âme, vrai. D’ailleurs suffit d’un peu d’attention à la litanie des mendiants dans le métro pour entendre les demandes au bout de la lignes : « … quelques pièces, un ticket-restaurant… ou même, un sourire, un petit mot gentil… » Parfois, trop souvent, cela ne suffit pas, tant l’ardoise est lourde ; mais peut-être bien qu’une fois ou l’autre, ce sourire peut faire toute la différence…
      (punaise j’ai l’impression de dérouler de ces banalités ce matin, limite mélo ! mais toujours bonnes à évoquer, j’imagine…)

      Merci du miroir, Mag’, et pas de souci, il est très clair. :-) Pour moi non plus, ce souvenir-là n’est pas aisé à retracer, mais ses échos s’obstinent à rebondir jusqu’ici, donc…

  4. petitefa dit :

    A la vitesse d’un petit slamino (et toujours à courir derrière le temps qui souffle dans l’autre sens)… ^_^

    +1 pour ouvrir le poing // lâcher prise, oh que oui, très bien vu. :)

    Et +100000 pour l’écho avec la voie de la Beauté, oui voilà c’est très exactement ça, ce feeling indescriptible et pourtant tellement clair et précis !

    Et enfin, pour ce qui est d’ouvrir aussi les yeux sur les pauvres bougres que l’on s’obstine à ne pas vouloir voir – sauf là, donc, avec ta réaction qui fut aussi belle que simple, finalement, si simple qu’on ne le fait quasi jamais… -, oui je rejoins Mag, c’est douloureux, douloureux de commencer à * voir * et doublement douloureux de se regarder soi-même ensuite et de se dire ‘comment j’ai pu fermer les yeux si longtemps’.
    (Parallèle un peu osé peut-être, mais j’ai eu la même double-honte quand j’ai basculé du côté obscur de la Salade Powa.)

    Le truc, c’est là aussi comme le passage VG, c’est qu’une fois les yeux ouverts, qui pourra bien les refermer ? Qui pourra encore admettre après ça, cette vision de carbonisation programmée des humains, admise et avalisée par tous, qu’une civilisation qui ne peut fabriquer que du rebut est encore une civilisation ? Un tel système, basé sur l’exploitation à outrance et l’obsolescence programmée, des choses * et des êtres * humains et non humains d’ailleurs, mérite-t-il encore le nom de civilisation ?

    (bon, la réponse est NON !!)

    Finalement ce n’est pas dur d’entrevoir les causalités et les buts des mouvements comme Occupy… Si c’est brouillon, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’objectif ou de leader ou d’idéologie je sais pas quoi, c’est parce que des objectifs il y en a trop, et qu’il ne s’agit plus de remettre en cause un truc précis, mais bien l’ensemble du système. Du merdier.

    Et euh voilà ;)

    • psycheinhell dit :

      Yup. :-)
      Qu’est-ce que ça peut me faire grincer, cette critique qui invalide le mouvement sous prétexte que c’est ‘brouillon’. Incroyable comme les médias ne captent pas ce qui se passent, et s’appuient sur une vision dépassée qui ne se réfère qu’aux partis, aux syndicats, etc. (Remarque, en France on nous avait fait le même coup lors d’une big manif’ unitaire contre le racisme, en 2010. Un truc de citoyens essentiellement, bigarré et tout, et le triste sire Hortefeux qui ragnagnata que c’est trop hétéroclite, ça ne fait pas une politique… (!!!))
      Alors que je vois ça comme le point du convergence du toutélié. Refus de cloisonner, séparer, diviser, que ce soit en partis ou en causes (et amha c’est ça qui les gratte, côté médias et officiels, cette impossibilité qui leur est faite de 1/ catégoriser la chose, et 2/ la récupérer. Je crois vraiment que les partis ont fait autant faillite, nous ont fait défaut comme les banques, et que l’essentiel de l’avenir se fera hors d’eux.)
      Rejet global du système, farpaitement, dans un formidable élan, un grand souffle de furvent – mais un furvent qui se trimballerait toute une moisson de chromes, des gens qui portent en eux le changement…

  5. petitefa dit :

    Ah ! Encore un truc à dire (toujours… :D) sur ladite voie de la Beauté, l’amérindienne, celle qui m’évoque tellement le peu que je saisis de la philosophie zen… Ai encore pensé à toi ce midi en boulottant de petites conf’ de Lévi Strauss sur le Japon, et bah il fait un lien, mythologique et donc très probablement historique (en suivant la trace des contes), entre le Japon très ancien – préshinto, en fait -, la Sibérie oulgour (je crois, oulgour) et certaines langues indiennes de la côte Ouest de l’Amérique du Nord (Californie, et haut Missouri aussi). Disant que le Japon aurait pu servir de pont entre l’Asie, le Pacifique (cf aussi contes indonésiens) et l’Amérique.
    Et le mieux du mieux, le truc qui dépote encore plus tout et qui me fait salement crépiter les neurones et surtout le chromosome du toutélié (l’en peut plus çuilà :D), c’est l’autre lien qu’il fait entre des mythes grecs, Hérodote, et des mythes japonais ! Ainsi il est l’un des seuls que j’aie lu jusqu’à présent (en même temps, je suis pas helléniste non plus) qui reconnaisse aussi nettement la part orientale dans la pensée grecque, pourtant considérée d’habitude comme le prototype de la pensée occidentale, et en réalité vraiment au confluent des deux – prenant pour ex. des versions coréennes de l’histoire de Midas aux oreilles d’âne -, et qui puisse éclaircir le lien, si fort mais si confus, que je tentais vainement de faire entre le Tao, le sentiment océanique, l’agapè grecque, et tout… Je ne dis pas que tout ça c’est pareil, certes non, mais enfin l’influence de la pensée grecque sur les racines du bouddhisme est confirmée par le monsieur, ainsi que les relations prolongées entre Asie et Afrique retrouvées dans les mythes anciens…

    Et hop, on a tous les continents, et nous partageons tous, tous, le même inconscient collectif et la même histoire, sous mille formes différentes c’est bien la même vérité qui revient éclater partout, et cela me met en joie :)))

    Bises crépitantes !

    • psycheinhell dit :

      Oooh mais c’est qu’il a l’air bien, ce Lévi-Strauss bouquin ! Le titre m’a accroché le regard à plusieurs reprises lors de croisages en librairie, mais pour l’instant je ne suis pas allée plus loin. Ca fait envie, et, plus, ça fait vibrer, ce que tu en dis…

      Moi aussi ça me fait triper, de retrouver dans les contes des échos de tous les coins, entre tous continents ! Pour les liens entre la Grèce et l’Orient, il me semble avoir déjà lu des trucs en ce sens (quoiqu’il faudrait voir ce qui était entendu par ‘Orient’, il ne me semble pas que cela poussait aussi loin que le Japon, plutôt le Proche/Moyen-Orient…), sur les influences orientales sur les arts et les moeurs, notamment (avec les vieux réacs fulminant, déjà à l’époque, sur les mélanges et la perte du pur esprit grec et la décadence qui s’ensuit, pfff). Bon tous ces souvenirs sont lointains et très imprécis, j’irais bien me les rafraîchir / approfondir à l’occasion, du coup ^_^

      Un salut aux neurones en fusion :))

  6. psycheinhell dit :

    Hop, quelques vagues de plus au moulin (de l’expulsion, croient-ils ; de la révolte, disons-nous) :

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/19/les-arretes-anti-mendicite-se-multiplient_1589971_3224.html

    (Punaise j’ai l’impression que même le Monde se réveille, ces temps-ci, si c’est pas un signe, ça…)

  7. Lullaby dit :

    Je réponds de manière succincte, car ce que vous avez dis toutes deux rejoins mes pensées, mais je suis tout à fait d’accord : une fois qu’on a ouvert les yeux, non, on ne peut plus les refermer. On ne peut plus se faire croire qu’on ne sait pas, parce que si, on sait. Justement.
    Et oui, c’est tout le système qu’il faut changer. D’où, aussi, l’ampleur internationale du mouvement, je pense. Si l’on se rejoint en Europe, aux US, etc, c’est bien signe, d’une part, d’une volonté commune de changement, et d’autre part, que c’est tout un système qui pose problème.
    Bises prises dans ce souffle de liberté

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