24/05/14 – until every tank is empty…

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Aujourd’hui.

21 pays.
52 manifs pour la fermeture des delphinariums et autres prisons.

La France a répondu à l’appel.
Les Gaulois résistants seront aux portes du parc Astérix,
avec banderoles et détermination.

Pour les 9 dauphins captifs du delphinarium,
pour les 11 autres qui y sont morts, parfois sans même avoir vécu ;
Pour les 4 otaries de Californie également encloses —

Aïcko, Aya, Baily, Beauty, Ekinox, Femke, Galeo, Guama, Naska,
Gonzo, Kaï, Santo, Smack —
Pour vous, vos frères captifs, pour ceux encore libres & menacés, et les massacrés annuels de Taiji la sanglante.

Ils sont fous ces Gaulois ?
Here’s to the crazy ones.
The wild ones.
The free ones.

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Hey, pas de manif près de chez vous ?
Prenez la plume ou la palme !
Par exemple là :

Contre l’ouverture d’un delphinarium à Amnéville

All dolphinaria must be closed in Europe

(Liste complétable/carrément pas exhaustive,
le temps presse et la route m’appelle !)

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Make a Wave / Wave a Flag

Independance Day

The flag of Independance.

Independance Day cette année n’est pas un jour de fête nationale.

C’est un jour de lutte internationale,
pour la liberté, les droits, le respect de la vie privée,
contre l’espionnage d’Etat, et la complicité des grandes compagnies du big bad web.

Contre PRISM.

     Nous sommes tous concernés.

Tous surveillés.
Enregistrés.
Enfermés.

Dans des dossiers, des bases de données, des profils, des algorithmes.

Tous consommateurs
– ce vilain profil qui dans le regard de Big Brother prime notre statut de citoyens –

Tous potentiellement criminels
au gré des équations mouvantes des gouvernements.

Dans un monde où la balance des libertés peut si vite basculer,
dans des sociétés où green peut devenir the new red,
il faut être dingue pour ne pas être parano.
(comme on disait chez les premiers Greenpeace people)

Nous avons tous nos secrets.
Right?
Right.

Nous avons tous le droit à la privacy.
Right?

Time to fight.
Shout.
Make a wave.

Let them spy that.

Let them record the massive Call for Freedom.

Let’s spell the fuckin’ Stop Watching Us signs in front of the cams.

Let’s howl for freedom.

The best way ever to celebrate independance.

*

With many thanks to Lea Silhol for the list of actions / the call for action !

Not in my name (la numérisation des oeuvres indisponibles)

Ok le monde a gagné, je sors d’ermitage et replonge dans les flux bruyants.

Le bruit qui m’accrocha ? La numérisation des oeuvres numériques indisponibles – c’est ainsi qu’on dit quand on est poli. Quand on veut être clair et franc, on parle plutôt de vol officiel, de spoliation d’auteurs.
Pas besoin, je pense, de vous faire une énième présentation du projet, d’autres l’ont fait, en mieux et en nombre, depuis que ce truc fit sa disgracieuse apparition à l’horizon du monde de l’édition.
Voir, par exemple, pour le cadre de base, l’annonce sur Actualitté de cet accord – excepté qu’accord, il n’y a pas, vu les manifestations d’opposition massive de la part des auteurs, et qu’accord pour la numérisation il ne sera pas demandé : les oeuvres seront numérisées sauf si l’auteur / ses ayant-droits / l’éditeur fait la démarche active de s’y opposer. Mieux encore, l’auteur ne sera pas même averti, c’est à lui, encore une fois, de se bouger pour vérifier si ses textes figurent ou non dans le registre des parutions qui seront numérisées cette année-là. Pretty fucked up, uh ? Adieu droits garantis par contrat, adieu liberté du parcours créatif, tous à la moulinette de la numérisation de masse – la « nouvelle usine à gaz », selon la très juste formule de Lucie Chenu dans son récent article « Planquez-vous, voilà la nouvelle usine à gaz ».
Si vous avez eu le bon réflexe de cliquer, vous l’avez vu : le « registre des livres indisponibles », cru 2013, est arrivé, et il s’avère carrément indigeste. Ce n’est pas une liste mais une base de données, avec ses failles, ses incohérences, ses données manquantes – ce qui peut avoir des conséquences graves, en l’occurrence. Et même lorsque la base fonctionne et qu’un auteur repère un titre qu’il souhaite sauver de ladite usine à gaz et à formatage, le processus pour le faire retirer de la liste a l’air bien pain-in-the-ass. Bref en plus de l’usine, c’est le bordel.
Encore une fois, je vous renvoie pour les problèmes posés et exposés, à l’article de Lucie Chenu :

(…) tout cela fourmille d’erreurs et d’imprécisions. Par exemple, certains ouvrages collectifs ne sont donnés en résultat que si l’on tape le titre, et pas si l’on tape le nom de leurs auteurs. Des noms d’auteurs sont rentrés avec des fautes d’orthographe (et si j’ai pu m’en apercevoir par hasard, m’est avis qu’il y en a une foultitude d’autres que je n’ai pas repérés). On trouve aussi des ouvrages réédités, en papier ou en e-book, et qui sont loin d’être indisponibles. (…)
Enfin, les erreurs, les nombreux bugs du site, les fautes d’orthographe, etc. posent un réel problème d’ordre juridique. Que se passera-t-il si un auteur vérifie la liste et ne trouve pas ses œuvres, parce que son nom est mal orthographié ou bien parce qu’il n’est carrément pas listé en tant qu’auteur alors que les ouvrages collectifs auxquels il a participé le sont, eux, bel et bien, ou tout simplement parce que le site déconne et dit qu’il n’y a pas de résultat, que se passe-t-il donc, si cet auteur laisse passer la date et voit ensuite apparaître un livre piraténumérique ?

… et à celui de François Bon, « Auteurs, contre l’Etat voleur, réclamez vos droits ! »

Évidemment, on nous en prévient, nous avons le droit de demander – c’est ça l’opt-out – le retrait de l’ouvrage. Le vol d’abord, et à vous de vous débrouiller pour réparer le casse.

On clique sur le formulaire et on remplit les case : 
- civilité, demandent-ils, 1er critère obligatoire – et toi, BNF, t’en as eu de la civilité pour entrer chez moi et venir fouiller mes armoires ?
- engagement sur l’honneur à fournir que je suis bien l’auteur de mes propres textes – en dehors de l’absurdité, puisque c’est eux-mêmes qui me déclarent l’auteur de ce texte, sinon je ne l’aurais pas trouvé – toi, BNF, t’en as eu, de l’honneur, à venir visiter mes chiottes voir s’il n’y avait pas encore un petit épuisé à mettre dans tes poches ?
- envoyer une copie de ma carte d’identité, comme chez les flics – et toi, BNF, je peux avoir l’identité des sbires que tu as employés à ton ramassage ?

Je vais le faire cependant. Parce que je ne veux pas que s’accomplisse sur mon dos un acte de vulgaire arracheur de sac. J’accepterai l’humiliation de rédiger une déclaration sur l’honneur comme quoi j’ai l’honneur d’être moi quand j’écris mes livres, que j’ai une carte d’identité et que je paye mes impôts.

Et vue de l’étranger, elle a bel air, tiens, l’édition française, qui oblige les traducteurs et anglophones/philes à lancer des messages d’alerte sur facebook pour avertir le monde du pillage généralisé :

France: stealing books isn’t piracy when the government does it

Bon. Je n’ai rien d’original à ajouter à ce qui a été dit à propos de ce foutage de gueule en mode industrie intensive. Mais je voulais faire entendre ma voix de lectrice, puisque le discours officiel et pro-numérisation des indisponibles, plutôt que d’admettre que l’Etat engraisse les organismes intermédiaires tout en faisant de la prime à l’incompétence pour les éditeurs qui toucheront de l’argent sur des oeuvres pour lesquelles ils ont cessé de se bouger les fesses, joue volontiers sur le registre du droit des lecteurs : droit de ‘reLIRE’ un texte, droit d’accès à l’intégralité de la production littéraire, blablabla.

Or donc, je le dis tout net : NON. PAS EN MON NOM.
Je n’ai pas d’intérêts en jeu, je ne suis pas auteur (le fait d’avoir quelques préfaces, trads, et autres textounets disséminés çà et là ne m’inscrit pas dans une démarche d’auteur, j’ai déjà expliqué par là de quelle logique interne tout cela relevait).
Et donc, en tant que lectrice, j’estime que la spoliation des auteurs, c’est un prix bien trop cher  à payer pour l’accès à une oeuvre. Je refuse d’y participer – même pour des ouvrages que je pourrais rechercher. Je ne veux pas participer à un processus qui mord, crame, coupe la main qui me nourrit le coeur, froisse et arrache les plumes qui me donnent des ailes à l’âme. C’est un crève-coeur et une rage.

En tant qu’amoureuse d’éditions belles et logiques dans leur cohérence entre forme et contenu, je pleure à l’idée de la laide foirade que promettent d’être ces trucs numérisés. J’aime autant patienter des années pour que survienne le moment de synchronicité qui permettra ze réédition. Un exemple ?
Yves et Ada Rémy, Les Soldats de la Mer. L’une des plumes fantastiques les plus enthousiasmantes que j’aie pu lire récemment, avec un univers onirique subtil, un régal. Première édition en 1968, puis des rééditions diverses en 1980 (j’étais pas néé), 1987 (je savais pas lire), et 1998 (j’étais occupée à dévorer tout le fonds de litt. classique). Ouvrage indisponible depuis, je ne l’ai découvert que gràce à mon libraire qui me le colla quasi d’office entre les pattes. Et voilà, en 2013, grâce à l’association Dystopia, tadam : belle couv’, bon travail de relecture, édition numérique et papier (avec préface d’Anne-Sylvie Homassel pour la réédition papier), et projet plus vaste de publication de l’oeuvre de ce duo de charme. Que seraient devenus ces Soldats, s’ils s’étaient dans l’intervalle trouvés incorporés dans une vague de numérisations massives ? Des oeuvres que j’aime profondément s’avèrent actuellement indisponibles, et je ne tiens pas à ce que ReLIRE détruise toutes leurs chances de vraie réédition, le moment venu.
Et je parle en collectionneuse / complétiste acharnée. Je peux passer des heures, des mois, à chercher les éléments manquants et épuisés de la bibliographie d’un auteur que j’apprécie. Aucun fichier numérisé à la va-vite, probablement bourré d’erreurs (à en juger par la non-qualité du travail effectué au niveau de la base de données de ReLIRE), ne vaudra l’émotion qu’on éprouve à déballer de ses mimines tremblantes un exemplaire tout marqué par ses vies précédentes. Pas d’égale à cette émotion, si ce n’est la réédition parfaite, telle que rêvée par l’auteur…
(Par pitié, qu’on ne vienne pas me faire le coup de l’élitisme. Je suis smicarde, je sais ce que c’est que d’avoir faim, vraiment faim, ou de se creuser un ulcère faute de savoir comment payer le métro pour aller bosser… Ça ne m’empêche pas d’avoir de l’éthique et un sens esthétique. Ça ne fait pas de moi non plus une adversaire de la culture pour tous, ou de la culture gratuite : je brasse avec enthousiasme, tant que l’initiative vient de l’artiste et se place en harmonie et cohérence avec sa démarche.)

En tant qu’être humain, enfin, une personne savourant la liberté des routes, les siennes et celles d’autrui, je vomis la perspective d’une telle intrusion sur le parcours créatif d’autrui. Je ne peux imaginer la fureur et le dégoût qui seraient miens si quelqu’un venait ainsi se servir parmi les créations que j’ai données au monde, pour les formater sans délicatesse ni respect de leur forme, de leur passé, de leur mode d’exister. Il est à craindre que dans une telle situation, me connaissant, j’irais couper net les liens qui me connecteraient à ce monde si activement adepte de la laideur, pour ne communiquer qu’avec mes silences intérieurs, mon cercle de confiance, et le ciel.
Faut-il donc rappeler qu’il y a parfois de bonnes raisons pour qu’une oeuvre ne soit plus disponible à la vente, en dehors de la disparition ou de l’incompétence d’un éditeur ? Oubliera-t-on tout simplement la volonté de l’auteur, ses évolutions, tout ce qui peut l’amener à ne pas désirer, parfois, la réédition d’un texte ? Fera-t-on cela, cracher à la gueule du créateur que l’on vole, lui dire que sa liberté et son regard sur ses propres bébés ne comptent pour rien ?

Not in my name.

... impression – empreinte – palimpsestes terrestres...

If we’re together

To Plant a Garden

Les compagnons de route de Psychopompe (et de son sibling Psycheinhell) l’auront peut-être remarqué, j’ai un faible pour les projets portés via la belle méthode du crowdfunding. En ces eaux, je m’étais déjà fait l’écho de la belle oeuvre de Chris Jordan filmant la beauté des albatros et le désastre du plastique, ou de l’action lancée les tribus lakotas pour racheter une partie des Black Hills. De l’autre côté du miroir, on a parlé du quatrième volume des Clockwork Phoenix, une antho financée via Kickstarter (et zeus sait que je suis fort frétillante à la perspective de la parution prochaine du bouquin !). Et tout récemment, la fatigue, le boulot et autres alés m’ont fait louper le coche pour évoquer Liberator, un comics dont les héros oeuvrent pour la libération animale, miam…
J’aime ça, le lien direct des créateurs aux publics, la liberté de créer, l’effervescence et le vertige que l’on peut ressentir à sentir un projet se matérialiser en live, et la fierté de savoir que l’on est une humble part de tout cela. Face aux rouages socio-économiques parfois bien broyants, qui voudraient nous encastrer dans de tristes petits moules de consommateurs dociles, ça a un joli aspect… tribal, vous voyez ? C’est faire acte collectif d’espoir, dire que l’on croit en la beauté variée des lendemains, et que l’on est prêt à se bouger pour qu’ils adviennent. Point n’est besoin d’être riche et de « dépenser » beaucoup, l’essentiel est que la tribu réponde présente, en nombre suffisant. Lire la suite

Greater than the sum (une boule à facettes pour ouvrir le bal)

Brendan Perry – Ark

Une tour de fer et de lumière, une matière profondément physique mêlée à une matière profondément métaphysique : métal qui naît du feu qui génère la lumière.
Non pas un objet esthétique, mais l’aspiration à une forme éthique.

Claudio Parmiggiani, Le Phare d’Islande

*

Mon premier s’offre au monde sous le double signe de la sincérité et de la vérité.

Il se présente sous la forme du témoignage de Marion, 18 ans, ancienne étudiante de la filière agricole, qui projetait de devenir éleveuse bio. « Je me suis dirigée vers l’élevage car j’aimais les animaux et j’ai abandonné cette idée parce que j’aime sincèrement les animaux. »

Son blog Au coeur du problème témoigne de ce qu’elle a vu et vécu – tout ce qui l’a dissuadée de poursuivre sur cette route – au cours de ses stages dans différents secteurs de l’élevage, de l’animalerie à l’établissement laitier, en passant par la reproduction de porcs ou le marquage de poussins.

Extraits, ambiance :

Aujourd’hui en salle de traite, une vache m’a donné un coup dans le ventre. Je n’ai rien dit, on l’a séparée de son petit la veille et si ont m’avait arraché mon gamin 10 min après mon accouchement je pense que je serais tentée de donner moi aussi des coups de pieds au connard qui prend le lait que je produis pour mon gamin.

***

Hier j’ai été aider un agriculteur pour le baguage de ses poussins. Au téléphone il m’expliqua que nous allions mettre des bagues aux volailles pour la traçabilité de la viande.
Dans ma tête je m’imagine attacher des bagues délicatement aux pattes de mignons petits poussins. Certes les poussins étaient mignons mais je n’aurais jamais pu imaginer une méthode pareille.
[la suite sur l’article « Baguage des poussins« ]

On a beau savoir, ou dire qu’on sait, qu’on a fait ses choix de consommateur (végétalien) en connaissance de cause – la réalité dont cette jeune femme partage l’expérience terrasse. Et renforce le pas, sur une autre route, la voie de la compassion, de l’empathie, du respect élémentaire.

*** ** ***

Mon second se dresse sous le signe de la colère.
Mon second aimerait être souffle de révolte, prémices d’un changement qui n’a rien à voir avec celui de certain mensonger slogan politique. Mon second se place dans la continuité de toutes les horreurs qui ces dernières années ne firent pas assez frémir notre société, et se rêve rupture.
Mon second crie que tout est lié, voit l’ensemble du spectre de l’enfance à la vieillesse, et ne peut supporter de voir l’une et l’autre criminalisées, mises à la rue sans recours.

Mon second, moi-même c’est à dire, se dresse sous le signe de la colère, c’est à dire de la solidarité, quand on accuse un bébé de mendicité (il a le tort d’être né d’une mère rom), quand on expulse de sa retraite une vieille dame (elle est coupable de pauvreté).

Allons-nous permettre à 2013 de se poursuivre sous de tels auspices ?

*** * ***

Mon troisième n’en a pas fini d’entrelacer aux vents ses petits fils d’espoir.
Mon troisième se rappelle avoir déjà beaucoup signé de messages de protestation, avoir fait passer beaucoup d’informations, sur les horreurs liées au maintien envers et contre toute humanité de l’expérimentation animale au sein des laboratoires. Mon troisième se réjouit de voir passer, de faire passer aujourd’hui une forme de pétition nouvelle, dont les organisateurs ont eu l’intelligence de recourir aux voies ouvertes par l’Europe. L’initiative citoyenne européenne permet aux dits citoyens de prendre les devants quand ils estiment que les instances officielles traînent par trop les pieds, et de réclamer devant l’Europe un changement législatif qu’ils estiment nécessaires. Pour ce faire, il faut réunir un million de signature, réparties entre les différents Etats membres – pour la France, l’objectif minimal est de 55500 signataires (voir ce document pour le détail).
Le collectif Stop Vivisection a saisi cette occasion de faire bouger les choses en matière de lutte contre l’expérimentation animale, en déposant la demande suivante :

Nous demandons instamment à la Commission européenne d’abroger la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques et de présenter à la place une nouvelle proposition de directive visant à mettre fin à l’expérimentation animale et de rendre obligatoire, pour la recherche biomédicale et toxicologique, l’utilisation de données pertinentes pour l’espèce humaine.

Pour appuyer cette initiative de votre signature, rendez-vous sur le site de collecte, en cliquant ici – tout citoyen de l’UE en âge de voter peut participer. Il vous faudra fournir un numéro de passeport, carte d’identité ou permis de conduire, ce qui peut surprendre ou susciter des réticences, mais bon, on est là dans une démarche citoyenne et officielle, c’est à mon avis plus sûr que de livrer toutes ses coordonnées aux vautours publicitaires qui permettent à la plupart des sites de pétition de tourner… :-)
Voilà, on a jusqu’au 1er novembre 2013 (date de clôture de la collecte de signatures) pour que cette initiative puisse passer à l’étape suivante, donc n’hésitez pas à faire tourner, si le coeur vous dit de faire progresser la communauté animale au sein des instances citoyennes !

*

Mon tout se veut entier, se sait complexe, et vous envoie pour 2013, du haut de ses rêves de phare, ses plus beaux voeux de lumière, qu’elle soit aube ou bougie, lanterne ou foyer, fraternelle, spirituelle, qu’elle vous vienne de l’Autre, et vous soit intime.

I feel greater than the sum of all my parts
A domestic beast with a hairy heart
Trapped within a walled suburbia

I’ve found my taste is somewhat underground
Between the shadows and the cracks
I’m building my utopia…

I need to break free from all that binds
That makes me old before my time
In this world of dystopia

My love is like a bright guiding light
Shining in the darkness of the night
The star of my utopia

Brendan  Perry, « Utopia » (from Ark)

Porter la beauté sur sa route

Précieuses entre toutes à mes yeux sont la beauté, et les histoires. Pour sauver le monde, sauver les gens. Faire passer la grâce, préserver le lien, les fils qui tiennent ensemble le tissu de nos êtres comme de nos écosystèmes.

Marcher dans la beauté reste mon ambition suprême dans la vie. Une harmonie.
Et tandis que je marche, et tant que je marcherai, passeuse de cela même que je savoure, les histoires m’habitent et se diffusent, aussi, par le regard – foyer, flamme de bougie, feu de phare dans les nuits.

J’aime porter par signes discrets, mais rayonnants pour moi, les symboles de ce qui en retour me porte. Tee-shirts de lune ou de liberté, chants d’oiseaux accrochés à l’oreille, mots précieux montés en bijoux… Talismans quand dans les mouvances il me semble que je ne sais plus, ancres du soi dans les flux uniformisants, un sourire intérieur ou un hommage.
Eclats de beauté, fragments d’histoires.


La nuit dernière, en pleine période marquée par une alternance d’insomnies et de sommeils abrutis, je rêvai. Des premières étapes du rêve, je ne sais plus grand chose, juste un souvenir d’aventures tumultueuses et pas forcément agréables, un grenier, un train, un ennemi, une fuite. Je ne sais plus. Ce dont je me rappelle, c’est d’avoir aperçu, de la fenêtre d’une baraque labyrinthique, une jetée dans la tempête, un phare au bout. C’était une fin de journée, et il devait percer quelques rayons de soleil, car la scène, avec tous ses gris de nuages, était baignée d’une lumière sépia absolument fantastique. Hypnotisée, je proposai à ma famille d’aller se promener jusqu’au phare. Et je me retrouvai alors, non loin de la jetée, dans le cercle intime d’une paisible crique. Là, dans les eaux basses, un dauphin, stylisé comme une de ces représentations antiques qui me fascinaient tant, jeune latinisante, sur les mosaïques gréco-romaines. En lieu de mosaïque, des fines lignes minérales incrustées dans la peau, comme la femme de pierre de Byatt (… les histoires, vous savez ?). Il s’est laissé approcher, il n’était pas prisonnier, juste présent. Je me suis réveillée au moment où, émerveillée comme dans un rêve devenu réalité, j’effleurai de ma peau sa paume. Toute la journée, de fait, ce rêve m’est resté réalité intérieure.

Parmi les pierres, il en portait une que je connais, pour la porter aussi :

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Oeil pour oeil, la beauté dans le regard

Depuis un mois que je le lis à petites gorgées, laissant au regard le temps de se poser tandis que les historiens de l’art déroulent la chronologie de la présence animale dans nos oeuvres européennes, le catalogue de l’exposition Beauté animale est devenu comme un fil rouge dans mes explorations. Un mois avec pour miroir la belle Lyonne de Géricault.

Un mois à passer de cabinets de curiosité en planches naturalistes, de peintures en sculptures, de zoos en scènes d’intérieur, avec pour guide ces principes :

L’animal devient un sujet, noble et digne. Il a droit au portrait individualisé et à l’expression des sentiments. Il prend la pose et devient immortel. (…) A travers cent vingt chefs-d’oeuvre de l’art occidental, l’exposition nous renvoie à l’essence même de la beauté animale, mais aussi à son ambiguïté et à sa relativité. Elle pose la question de la laideur, du rejet et de la phobie. Elle nous invite à nous interroger sur les fantasmes et les peurs, mais aussi sur l’humour et l’ironie que nous avons à l’égard de ces êtres prétendus inférieurs.

[Avant-propos de Jean-Paul Cluzel]

Et c’est dans le respect de cet esprit que réside la force de l’ouvrage. Dans le respect, tout simplement. Dans la vérité animale, soeur de la beauté, dans la reconnaissance de l’animal comme sujet, non simple objet d’une oeuvre d’art ou de reproduction, et de ce que l’on peut voir en lui lorsqu’on accepte de le regarder dans les yeux, sans oeillères ni préjugés. Lire la suite