Bagage pour la route, offrande à l’hôte

Lecture à l’aube du poète afghan Sayd Bahodine Majrouh, ses Chants de l’errance. Un jeune homme déraciné s’interroge sur le sens de l’exil, et porte son questionnement aux pieds de différents groupes, hommes, femmes, autochtones, dirigeants, philanthropes, les pierres même. Les enfants lui répondent en petits princes…

« On a marché, marché. Peu à peu on a su que la lune et les étoiles et la voie lactée nous suivaient. Elles venaient chaque nuit scintiller juste au-dessus de nos têtes, et ça nous rassurait. Parce qu’après la première nuit, on avait eu très peur de les perdre. On craignait qu’elles n’aillent rester en arrière, accrochées dans le ciel de notre pays. (…)
— Même que certains se décourageaient ! Quand on descendait dans le fond des gorges et des crevasses, quelques étoiles se glissaient derrière la montagne, et ceux-là se lamentaient et gémissaient que les astres et la voie lactée se fatiguaient de nous suivre et rebroussaient chemin comme ces étoiles-là, disparues de l’autre côté du monde. Lorsqu’on remontait le versant d’en face, on les voyait réapparaître à mesure que l’on regagnait les hauteurs, et on souriait de la panique des inquiets… »

(…) Il était impossible d’exiler ces enfants. Habitants de l’univers, leur patrie était infinie. Tard dans la nuit, sous le vaste ciel où scintillaient « leur » lune et « leurs » étoiles, après des myriades de rires, de fraîcheur et de récits fantastiques de leur cru, je regagnai ma patrie : la liberté.

Sayd Bahodine Majrouh, Chants de l’errance
(éd. Orphée / La Différence)


CRA de Rennes, 2008 – pic (c)François Lepage

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Just a Dream

2007 commence vraiment bien, d’autant que c’te lâcheur d’Hypnos a déserté le bateau ivre, emmenant avec lui, au passage, lady Luck et ses trop rares bienfaits. Une heure or such de sommeil par nuit, et une poisse vraiment très poisseuse. Yeah, Chaos rules ! ^-^

Bon, un des avantages de l’insomnie, c’est que les rêves que je fais pendant les rares heures de sommeil volées sont plus marquants qu’à l’ordinaire. Lire la suite