Make a Wave / Wave a Flag

Independance Day

The flag of Independance.

Independance Day cette année n’est pas un jour de fête nationale.

C’est un jour de lutte internationale,
pour la liberté, les droits, le respect de la vie privée,
contre l’espionnage d’Etat, et la complicité des grandes compagnies du big bad web.

Contre PRISM.

     Nous sommes tous concernés.

Tous surveillés.
Enregistrés.
Enfermés.

Dans des dossiers, des bases de données, des profils, des algorithmes.

Tous consommateurs
– ce vilain profil qui dans le regard de Big Brother prime notre statut de citoyens –

Tous potentiellement criminels
au gré des équations mouvantes des gouvernements.

Dans un monde où la balance des libertés peut si vite basculer,
dans des sociétés où green peut devenir the new red,
il faut être dingue pour ne pas être parano.
(comme on disait chez les premiers Greenpeace people)

Nous avons tous nos secrets.
Right?
Right.

Nous avons tous le droit à la privacy.
Right?

Time to fight.
Shout.
Make a wave.

Let them spy that.

Let them record the massive Call for Freedom.

Let’s spell the fuckin’ Stop Watching Us signs in front of the cams.

Let’s howl for freedom.

The best way ever to celebrate independance.

*

With many thanks to Lea Silhol for the list of actions / the call for action !

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Greater than the sum (une boule à facettes pour ouvrir le bal)

Brendan Perry – Ark

Une tour de fer et de lumière, une matière profondément physique mêlée à une matière profondément métaphysique : métal qui naît du feu qui génère la lumière.
Non pas un objet esthétique, mais l’aspiration à une forme éthique.

Claudio Parmiggiani, Le Phare d’Islande

*

Mon premier s’offre au monde sous le double signe de la sincérité et de la vérité.

Il se présente sous la forme du témoignage de Marion, 18 ans, ancienne étudiante de la filière agricole, qui projetait de devenir éleveuse bio. « Je me suis dirigée vers l’élevage car j’aimais les animaux et j’ai abandonné cette idée parce que j’aime sincèrement les animaux. »

Son blog Au coeur du problème témoigne de ce qu’elle a vu et vécu – tout ce qui l’a dissuadée de poursuivre sur cette route – au cours de ses stages dans différents secteurs de l’élevage, de l’animalerie à l’établissement laitier, en passant par la reproduction de porcs ou le marquage de poussins.

Extraits, ambiance :

Aujourd’hui en salle de traite, une vache m’a donné un coup dans le ventre. Je n’ai rien dit, on l’a séparée de son petit la veille et si ont m’avait arraché mon gamin 10 min après mon accouchement je pense que je serais tentée de donner moi aussi des coups de pieds au connard qui prend le lait que je produis pour mon gamin.

***

Hier j’ai été aider un agriculteur pour le baguage de ses poussins. Au téléphone il m’expliqua que nous allions mettre des bagues aux volailles pour la traçabilité de la viande.
Dans ma tête je m’imagine attacher des bagues délicatement aux pattes de mignons petits poussins. Certes les poussins étaient mignons mais je n’aurais jamais pu imaginer une méthode pareille.
[la suite sur l’article « Baguage des poussins« ]

On a beau savoir, ou dire qu’on sait, qu’on a fait ses choix de consommateur (végétalien) en connaissance de cause – la réalité dont cette jeune femme partage l’expérience terrasse. Et renforce le pas, sur une autre route, la voie de la compassion, de l’empathie, du respect élémentaire.

*** ** ***

Mon second se dresse sous le signe de la colère.
Mon second aimerait être souffle de révolte, prémices d’un changement qui n’a rien à voir avec celui de certain mensonger slogan politique. Mon second se place dans la continuité de toutes les horreurs qui ces dernières années ne firent pas assez frémir notre société, et se rêve rupture.
Mon second crie que tout est lié, voit l’ensemble du spectre de l’enfance à la vieillesse, et ne peut supporter de voir l’une et l’autre criminalisées, mises à la rue sans recours.

Mon second, moi-même c’est à dire, se dresse sous le signe de la colère, c’est à dire de la solidarité, quand on accuse un bébé de mendicité (il a le tort d’être né d’une mère rom), quand on expulse de sa retraite une vieille dame (elle est coupable de pauvreté).

Allons-nous permettre à 2013 de se poursuivre sous de tels auspices ?

*** * ***

Mon troisième n’en a pas fini d’entrelacer aux vents ses petits fils d’espoir.
Mon troisième se rappelle avoir déjà beaucoup signé de messages de protestation, avoir fait passer beaucoup d’informations, sur les horreurs liées au maintien envers et contre toute humanité de l’expérimentation animale au sein des laboratoires. Mon troisième se réjouit de voir passer, de faire passer aujourd’hui une forme de pétition nouvelle, dont les organisateurs ont eu l’intelligence de recourir aux voies ouvertes par l’Europe. L’initiative citoyenne européenne permet aux dits citoyens de prendre les devants quand ils estiment que les instances officielles traînent par trop les pieds, et de réclamer devant l’Europe un changement législatif qu’ils estiment nécessaires. Pour ce faire, il faut réunir un million de signature, réparties entre les différents Etats membres – pour la France, l’objectif minimal est de 55500 signataires (voir ce document pour le détail).
Le collectif Stop Vivisection a saisi cette occasion de faire bouger les choses en matière de lutte contre l’expérimentation animale, en déposant la demande suivante :

Nous demandons instamment à la Commission européenne d’abroger la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques et de présenter à la place une nouvelle proposition de directive visant à mettre fin à l’expérimentation animale et de rendre obligatoire, pour la recherche biomédicale et toxicologique, l’utilisation de données pertinentes pour l’espèce humaine.

Pour appuyer cette initiative de votre signature, rendez-vous sur le site de collecte, en cliquant ici – tout citoyen de l’UE en âge de voter peut participer. Il vous faudra fournir un numéro de passeport, carte d’identité ou permis de conduire, ce qui peut surprendre ou susciter des réticences, mais bon, on est là dans une démarche citoyenne et officielle, c’est à mon avis plus sûr que de livrer toutes ses coordonnées aux vautours publicitaires qui permettent à la plupart des sites de pétition de tourner… :-)
Voilà, on a jusqu’au 1er novembre 2013 (date de clôture de la collecte de signatures) pour que cette initiative puisse passer à l’étape suivante, donc n’hésitez pas à faire tourner, si le coeur vous dit de faire progresser la communauté animale au sein des instances citoyennes !

*

Mon tout se veut entier, se sait complexe, et vous envoie pour 2013, du haut de ses rêves de phare, ses plus beaux voeux de lumière, qu’elle soit aube ou bougie, lanterne ou foyer, fraternelle, spirituelle, qu’elle vous vienne de l’Autre, et vous soit intime.

I feel greater than the sum of all my parts
A domestic beast with a hairy heart
Trapped within a walled suburbia

I’ve found my taste is somewhat underground
Between the shadows and the cracks
I’m building my utopia…

I need to break free from all that binds
That makes me old before my time
In this world of dystopia

My love is like a bright guiding light
Shining in the darkness of the night
The star of my utopia

Brendan  Perry, « Utopia » (from Ark)

Racheter un éclat du Coeur

« Buffalo at Wind Cave National Park, Black Hills, South Dakota, 1948. »

Je ne sais par où commencer.
C’est une histoire, pourtant, de retour aux origines, que j’aimerais dire ici.
Retour, aussi, au juste ordre des choses, avant que les traités et trahisons de l’homme blanc ne viennent le perturber.

S’il est une leçon de sagesse qui me soit restée à écouter les voix de natives que j’aime tant, c’est bien l’importance vitale du lien à la terre. Reconnaître ce lien, c’est savoir d’où l’on vient, et partant tenir entre ses paumes ouvertes, comme poignée de glaise, un peu du mystère de ce que l’on est.
C’est dire, alors, l’importance des Black Hills pour les tribus amérindiennes qui y vivaient, en particulier les Lakotas.
Les « collines noires », les Black Hills, Paha Sapa : un territoire sacré, le « coeur de toute chose » (Cante Ognaka), un espace où le souvenir des origines mythiques pousse parmi les forêts de conifères, où la légende se lit à même la géographie du lieu.
C’est un espace pour lequel les tribus se sont battues. Auquel elles n’ont, à ce jour, jamais renoncé.
C’est la terre où Custer traça dans le sang et la douleur la « route des voleurs », une voie royale ouverte aux spéculateurs qui ne voyaient dans les noires collines que la promesse trop brillante de l’or.
C’est la terre pour la possession de laquelle les autorités américaines trahirent sans vergogne leurs propres traités : en 1868, le traité de Fort Laramie reconnaissait aux tribus, lakotas et autres, leur droit sur ces Black Hills, intégrées aux territoires de la première réserve de Pine Ridge. En 1874, Custer y pénètre, fer de lance (et fusil) des convoitises américaines, et c’est la guerre. En 1877, une décision unilatérale du gouvernement retire aux tribus leur précieux Coeur, pour l’offrir aux chercheurs d’or, aux colons, aux spéculateurs et civilisateurs en tous genres, tandis que les Lakotas étaient poussés sur la route de sinistre mémoire qui mène au massacre de Wounded Knee.
End of the story ? Nope. Lire la suite

Plumes et plastique

Mettons que l’on veuille mettre les voiles loin des méfaits de nos civilisations mangeuses de vie et d’écosystèmes. Mettons que l’on déploie nos ailes, pour rejoindre les frères albatros, en un coin reculé de la planète, les îles de l’atoll Midway.
Mettons que l’on veuille, et tente, cet envol : c’est une expérience de la chute. Chute, en trouvant les beaux albatros à terre. Chute, en s’écrasant sur les montagnes de plastique porté là par les courants. Chute, gravité, en se prenant dans la face, dans le poids des ailes et le contenu plastifié des estomacs, les conséquences de nos modes de consommation (que je peine à appeler modes de vie, tant ils portent la mort).

Les photos de l’artiste/activiste Chris Jordan ont déjà fait, je pense, plusieurs fois le tour du monde. Ont fait, j’espère, autant et plus de chemin en nos coeurs et nos consciences que les bouts de plastique passant de nos rives au septième continent. Sans doute les avez-vous déjà croisées, ces images d’oiseaux de mer, de carcasses disposées de manière à dévoiler (sans tricher) tout le plastique qu’elles contiennent. Quand la réalité dépasse en horreur le surréalisme, ça ressemble à ça (cliquer sur la photo pour un slideshow présentant plus en détail l’oeuvre de ce photographe) :

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Fuel for the Walk

« The lessons we learn from the wild become the etiquette of freedom. We can enjoy our humanity with its flashy brains and sexual buzz, its social cravings and stubborn tantrums, and take ourselves as no more and no less than another being in the Big Watershed. We can accept each other all as barefoot equals sleeping on the same ground. We can give up hoping to be eternal and quit fighting dirt. We can chase off mosquitoes and fence out varmints without hating them. No expectations, alert and sufficient, grateful and careful, generous and direct. A calm and clarity attend us in the moment we are wiping the grease off our hands between tasks and glancing up at the passing clouds. Another joy is finally sitting down to have coffee with a friend. The wild requires that we learn the terrain, nod to all the plants and animals and birds, ford the streams and cross the ridges, and tell a good story when we get back home.« 
Gary Snyder, « The Etiquette of Freedom »


« Recollecting that we once lived in places is part of our contemporary self-discovery. It grounds what it means to be « human » (etymologically something like « earthling »). I have a friend who feels sometimes that the world is hostile to human life – he says it chills us and kills us. But how could we
be were it not for this planet that provided our very shape? Two conditions – gravity and livable temperature range between freezing and boiling – have given us fluids and flesh. The trees we climb and the ground we walk on have given us five fingers and toes. The « place » (from the root plat, broad, spreading, flat) gave us far-seeing eyes, the streams and breezes gave us versatile tongues and whorly ears. The land gave us a stride, and the lake a dive. The amazement gave us our kind of mind. We should be thankful for that, and take nature’s stricter lessons with some grace. »
Gary Snyder, « The place, the region, and the commons »

Passé trois jours sur la route avec Gary Snyder… La marche est mon moulin à prières, et voici un extrait des méditations du moment.
Les citations sont tirées du recueil d’essais La pratique sauvage. La seule édition française (à ma connaissance) semble épuisée, mais je ne saurais trop recommander aux intéressés d’aller tâter de la (bonne) compagnie des Aristocrates sauvages aux (bonnes itou) éditions Wildproject, passionnante et inspirante conversation entre Gary Snyder et Jim Harrison…

« … the first and last practice of the wild : Grace. »
(Gary Snyder, « Survival and Sacrament »)

Yes.

Bagage pour la route, offrande à l’hôte

Lecture à l’aube du poète afghan Sayd Bahodine Majrouh, ses Chants de l’errance. Un jeune homme déraciné s’interroge sur le sens de l’exil, et porte son questionnement aux pieds de différents groupes, hommes, femmes, autochtones, dirigeants, philanthropes, les pierres même. Les enfants lui répondent en petits princes…

« On a marché, marché. Peu à peu on a su que la lune et les étoiles et la voie lactée nous suivaient. Elles venaient chaque nuit scintiller juste au-dessus de nos têtes, et ça nous rassurait. Parce qu’après la première nuit, on avait eu très peur de les perdre. On craignait qu’elles n’aillent rester en arrière, accrochées dans le ciel de notre pays. (…)
— Même que certains se décourageaient ! Quand on descendait dans le fond des gorges et des crevasses, quelques étoiles se glissaient derrière la montagne, et ceux-là se lamentaient et gémissaient que les astres et la voie lactée se fatiguaient de nous suivre et rebroussaient chemin comme ces étoiles-là, disparues de l’autre côté du monde. Lorsqu’on remontait le versant d’en face, on les voyait réapparaître à mesure que l’on regagnait les hauteurs, et on souriait de la panique des inquiets… »

(…) Il était impossible d’exiler ces enfants. Habitants de l’univers, leur patrie était infinie. Tard dans la nuit, sous le vaste ciel où scintillaient « leur » lune et « leurs » étoiles, après des myriades de rires, de fraîcheur et de récits fantastiques de leur cru, je regagnai ma patrie : la liberté.

Sayd Bahodine Majrouh, Chants de l’errance
(éd. Orphée / La Différence)


CRA de Rennes, 2008 – pic (c)François Lepage

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Steel Fire in White

Je ne devrais pas être là.
Things to do. Places to be. People to see.
(vieux refrain, pas vrai ?)

Mais avant… suivre jusqu’au bout, avec vous, la piste ouverte par ma complice de marche sur sa Clef de Fa, dans son dernier, déchirant « Message in a Bottle« . Message déroulé, bouteille bue avec son goût de sel, jusqu’au dépôt – et le gris des cendres de virer gris acier. Un goût de métal en bouche, à défaut de pouvoir mettre une sensation sur l’invisible danger.

J’en ai certainement déjà parlé ici, mais chopez si vous le pouvez le documentaire Into Eternity, film glacé, beauté froide aux relents de science-fiction, sur la construction d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires en Finlande.

… disait donc l’amie. Ai trouvé hier sur ma route Into Eternity et, m’inclinant devant la synchro et les conseils, l’ai attrapé, et visionné dans la foulée.

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