Greater than the sum (une boule à facettes pour ouvrir le bal)

Brendan Perry – Ark

Une tour de fer et de lumière, une matière profondément physique mêlée à une matière profondément métaphysique : métal qui naît du feu qui génère la lumière.
Non pas un objet esthétique, mais l’aspiration à une forme éthique.

Claudio Parmiggiani, Le Phare d’Islande

*

Mon premier s’offre au monde sous le double signe de la sincérité et de la vérité.

Il se présente sous la forme du témoignage de Marion, 18 ans, ancienne étudiante de la filière agricole, qui projetait de devenir éleveuse bio. « Je me suis dirigée vers l’élevage car j’aimais les animaux et j’ai abandonné cette idée parce que j’aime sincèrement les animaux. »

Son blog Au coeur du problème témoigne de ce qu’elle a vu et vécu – tout ce qui l’a dissuadée de poursuivre sur cette route – au cours de ses stages dans différents secteurs de l’élevage, de l’animalerie à l’établissement laitier, en passant par la reproduction de porcs ou le marquage de poussins.

Extraits, ambiance :

Aujourd’hui en salle de traite, une vache m’a donné un coup dans le ventre. Je n’ai rien dit, on l’a séparée de son petit la veille et si ont m’avait arraché mon gamin 10 min après mon accouchement je pense que je serais tentée de donner moi aussi des coups de pieds au connard qui prend le lait que je produis pour mon gamin.

***

Hier j’ai été aider un agriculteur pour le baguage de ses poussins. Au téléphone il m’expliqua que nous allions mettre des bagues aux volailles pour la traçabilité de la viande.
Dans ma tête je m’imagine attacher des bagues délicatement aux pattes de mignons petits poussins. Certes les poussins étaient mignons mais je n’aurais jamais pu imaginer une méthode pareille.
[la suite sur l’article « Baguage des poussins« ]

On a beau savoir, ou dire qu’on sait, qu’on a fait ses choix de consommateur (végétalien) en connaissance de cause – la réalité dont cette jeune femme partage l’expérience terrasse. Et renforce le pas, sur une autre route, la voie de la compassion, de l’empathie, du respect élémentaire.

*** ** ***

Mon second se dresse sous le signe de la colère.
Mon second aimerait être souffle de révolte, prémices d’un changement qui n’a rien à voir avec celui de certain mensonger slogan politique. Mon second se place dans la continuité de toutes les horreurs qui ces dernières années ne firent pas assez frémir notre société, et se rêve rupture.
Mon second crie que tout est lié, voit l’ensemble du spectre de l’enfance à la vieillesse, et ne peut supporter de voir l’une et l’autre criminalisées, mises à la rue sans recours.

Mon second, moi-même c’est à dire, se dresse sous le signe de la colère, c’est à dire de la solidarité, quand on accuse un bébé de mendicité (il a le tort d’être né d’une mère rom), quand on expulse de sa retraite une vieille dame (elle est coupable de pauvreté).

Allons-nous permettre à 2013 de se poursuivre sous de tels auspices ?

*** * ***

Mon troisième n’en a pas fini d’entrelacer aux vents ses petits fils d’espoir.
Mon troisième se rappelle avoir déjà beaucoup signé de messages de protestation, avoir fait passer beaucoup d’informations, sur les horreurs liées au maintien envers et contre toute humanité de l’expérimentation animale au sein des laboratoires. Mon troisième se réjouit de voir passer, de faire passer aujourd’hui une forme de pétition nouvelle, dont les organisateurs ont eu l’intelligence de recourir aux voies ouvertes par l’Europe. L’initiative citoyenne européenne permet aux dits citoyens de prendre les devants quand ils estiment que les instances officielles traînent par trop les pieds, et de réclamer devant l’Europe un changement législatif qu’ils estiment nécessaires. Pour ce faire, il faut réunir un million de signature, réparties entre les différents Etats membres – pour la France, l’objectif minimal est de 55500 signataires (voir ce document pour le détail).
Le collectif Stop Vivisection a saisi cette occasion de faire bouger les choses en matière de lutte contre l’expérimentation animale, en déposant la demande suivante :

Nous demandons instamment à la Commission européenne d’abroger la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques et de présenter à la place une nouvelle proposition de directive visant à mettre fin à l’expérimentation animale et de rendre obligatoire, pour la recherche biomédicale et toxicologique, l’utilisation de données pertinentes pour l’espèce humaine.

Pour appuyer cette initiative de votre signature, rendez-vous sur le site de collecte, en cliquant ici – tout citoyen de l’UE en âge de voter peut participer. Il vous faudra fournir un numéro de passeport, carte d’identité ou permis de conduire, ce qui peut surprendre ou susciter des réticences, mais bon, on est là dans une démarche citoyenne et officielle, c’est à mon avis plus sûr que de livrer toutes ses coordonnées aux vautours publicitaires qui permettent à la plupart des sites de pétition de tourner… :-)
Voilà, on a jusqu’au 1er novembre 2013 (date de clôture de la collecte de signatures) pour que cette initiative puisse passer à l’étape suivante, donc n’hésitez pas à faire tourner, si le coeur vous dit de faire progresser la communauté animale au sein des instances citoyennes !

*

Mon tout se veut entier, se sait complexe, et vous envoie pour 2013, du haut de ses rêves de phare, ses plus beaux voeux de lumière, qu’elle soit aube ou bougie, lanterne ou foyer, fraternelle, spirituelle, qu’elle vous vienne de l’Autre, et vous soit intime.

I feel greater than the sum of all my parts
A domestic beast with a hairy heart
Trapped within a walled suburbia

I’ve found my taste is somewhat underground
Between the shadows and the cracks
I’m building my utopia…

I need to break free from all that binds
That makes me old before my time
In this world of dystopia

My love is like a bright guiding light
Shining in the darkness of the night
The star of my utopia

Brendan  Perry, « Utopia » (from Ark)

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Graines de beauté du jardin d’Hastshehogan

Pendant que les apprentis sorciers poussent un peu plus la terre hors de son axe,
enfermant les fruits ronds dans une forme carrée pour les mieux ranger,
privant pastèques et tomates de leurs pépins pour la commodité du client et le malheur du monde,
tandis qu’explosent – littéralement – des cultures gorgées de chimie, dégorgeant la folie,

pendant ce temps, obstinée, descend la rosée,
pendant ce temps, patiemment, plante le fermier,
pendant ce temps, et de tout temps, éclot la beauté

… pendant ce temps, et aussi longtemps que le soleil ne sera pas vert
– et c’est de *nous* que cela dépend.

Pas de récit apocalyptique ce matin, cependant. Pas de pétition, manifestation, agitation. Fenêtre ouverte sur le souffle de l’aube, le chant des oiseaux, le jardin « qui ne pense pas encore aux hommes ».
J’entends encore la voix de Terry Tempest Williams, « the simple understanding that to sing at dawn and to sing at dusk was to heal the world through joy« .
J’entends ses résonances s’accorder au chant dineh qui fit tant en moi, à la voie de la beauté. Guérir le monde par la célébration – peut-on ?

Ce matin, je veux croire que oui. Qu’on peut sauver le monde dans la beauté.
Espoir facile ? espoir futile ? je ne crois pas.
La facilité, la futilité : une pétition sitôt signée, sitôt oubliée.
Un lien qui dit « cliquez là pour sauver » – et en moi, une voix crie à la fausseté.
C’est si facile. Si rapide : je clique, je sauve. Je me sens mieux. Conscience soulagée. Je peux passer à autre chose, je zappe, un autre clic. C’est le speed, notre addiction.
C’est le risque.
Cliquez pour contribuer à sauver. Yes. Mais, cliquez dans la continuité de vos actions quotidiennes, dans un flux de conscience permanent. Et, parfois, ne cliquez pas. Débranchez le buzz, le bruit étouffant, la machine gourmande, pour entendre le bruissement du monde.
Écoutez pour sauver. Take care. Pay attention. Et célébrez. Célébrez pour sauver.

Nous sommes partie du problème et nous en avons conscience.
Nous sommes partie de la solution et nous en faisons acte.
Mais au-delà, au-delà : nous sommes partie du Mystère. Et nous y participons.

Envie, aujourd’hui, de dire la magie d’une graine de maïs née dans la patience et l’émerveillement.
Il faut se mesurer à Monsanto. Oui. Cliquer, signer, crier haut contre la mort programmée des graines et des terres.
Et il faut se souvenir que Monsanto, avec tous ses tours de passe-passe génétiques et ses cadenas juridiques, n’est rien, rien, face au savoir-faire du fermier, et aux variations de beauté du vivant.

Ce matin, le monde vous présente :

Le maïs perle de verre

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Steel Fire in White

Je ne devrais pas être là.
Things to do. Places to be. People to see.
(vieux refrain, pas vrai ?)

Mais avant… suivre jusqu’au bout, avec vous, la piste ouverte par ma complice de marche sur sa Clef de Fa, dans son dernier, déchirant « Message in a Bottle« . Message déroulé, bouteille bue avec son goût de sel, jusqu’au dépôt – et le gris des cendres de virer gris acier. Un goût de métal en bouche, à défaut de pouvoir mettre une sensation sur l’invisible danger.

J’en ai certainement déjà parlé ici, mais chopez si vous le pouvez le documentaire Into Eternity, film glacé, beauté froide aux relents de science-fiction, sur la construction d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires en Finlande.

… disait donc l’amie. Ai trouvé hier sur ma route Into Eternity et, m’inclinant devant la synchro et les conseils, l’ai attrapé, et visionné dans la foulée.

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Love & Revolution

For Freedom, Beauty, Truth, and Love.

Je vous parle depuis une petite boite en vrac.
Ma chambre, vrac complet. Des piles de vêtements trempés, de books en équilibre précaire au bord du crash, de cartons couverts de slogans, fruit d’essais ratés.
Ma chambre, jamais devenue si proche du pur point de chute. Choir dans le lit, sous la douche, pour chasser le froid. Le reste du temps, rire, humour un rien halluciné, que l’hiver a lancé son occupation OccupyBones.

Je vois de l’occupation partout. Occupy Hope, Occupy Books, Occupy the Minds, the World. Occupy Money, so money won’t occupy you. Occupy the ads, the walls. Occupy Art, Occupy Hearts.
Occupy yourself. C’est la base. Be the change. Be the light you want to see in the world. Be the lighthouse, standing tall in the wind, shining hope, shining change. Occupy the sky, to keep the big companies from colonializing it.
Occupy public space, occupy the parks, the plazas. Occupy interstices, and occupy open air. Occupy the voids, the gaps.
And learn to share, to live and breathe and dream and act there together.

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Carpe noctem

Viens de finir la lecture de Ravens in the Library. Drôle de bestiole, cette antho. Un petit bout de magie en acte et en pages, celle qui sauve les gens : Lire la suite