Make a Wave / Wave a Flag

Independance Day

The flag of Independance.

Independance Day cette année n’est pas un jour de fête nationale.

C’est un jour de lutte internationale,
pour la liberté, les droits, le respect de la vie privée,
contre l’espionnage d’Etat, et la complicité des grandes compagnies du big bad web.

Contre PRISM.

     Nous sommes tous concernés.

Tous surveillés.
Enregistrés.
Enfermés.

Dans des dossiers, des bases de données, des profils, des algorithmes.

Tous consommateurs
– ce vilain profil qui dans le regard de Big Brother prime notre statut de citoyens –

Tous potentiellement criminels
au gré des équations mouvantes des gouvernements.

Dans un monde où la balance des libertés peut si vite basculer,
dans des sociétés où green peut devenir the new red,
il faut être dingue pour ne pas être parano.
(comme on disait chez les premiers Greenpeace people)

Nous avons tous nos secrets.
Right?
Right.

Nous avons tous le droit à la privacy.
Right?

Time to fight.
Shout.
Make a wave.

Let them spy that.

Let them record the massive Call for Freedom.

Let’s spell the fuckin’ Stop Watching Us signs in front of the cams.

Let’s howl for freedom.

The best way ever to celebrate independance.

*

With many thanks to Lea Silhol for the list of actions / the call for action !

Not in my name (la numérisation des oeuvres indisponibles)

Ok le monde a gagné, je sors d’ermitage et replonge dans les flux bruyants.

Le bruit qui m’accrocha ? La numérisation des oeuvres numériques indisponibles – c’est ainsi qu’on dit quand on est poli. Quand on veut être clair et franc, on parle plutôt de vol officiel, de spoliation d’auteurs.
Pas besoin, je pense, de vous faire une énième présentation du projet, d’autres l’ont fait, en mieux et en nombre, depuis que ce truc fit sa disgracieuse apparition à l’horizon du monde de l’édition.
Voir, par exemple, pour le cadre de base, l’annonce sur Actualitté de cet accord – excepté qu’accord, il n’y a pas, vu les manifestations d’opposition massive de la part des auteurs, et qu’accord pour la numérisation il ne sera pas demandé : les oeuvres seront numérisées sauf si l’auteur / ses ayant-droits / l’éditeur fait la démarche active de s’y opposer. Mieux encore, l’auteur ne sera pas même averti, c’est à lui, encore une fois, de se bouger pour vérifier si ses textes figurent ou non dans le registre des parutions qui seront numérisées cette année-là. Pretty fucked up, uh ? Adieu droits garantis par contrat, adieu liberté du parcours créatif, tous à la moulinette de la numérisation de masse – la « nouvelle usine à gaz », selon la très juste formule de Lucie Chenu dans son récent article « Planquez-vous, voilà la nouvelle usine à gaz ».
Si vous avez eu le bon réflexe de cliquer, vous l’avez vu : le « registre des livres indisponibles », cru 2013, est arrivé, et il s’avère carrément indigeste. Ce n’est pas une liste mais une base de données, avec ses failles, ses incohérences, ses données manquantes – ce qui peut avoir des conséquences graves, en l’occurrence. Et même lorsque la base fonctionne et qu’un auteur repère un titre qu’il souhaite sauver de ladite usine à gaz et à formatage, le processus pour le faire retirer de la liste a l’air bien pain-in-the-ass. Bref en plus de l’usine, c’est le bordel.
Encore une fois, je vous renvoie pour les problèmes posés et exposés, à l’article de Lucie Chenu :

(…) tout cela fourmille d’erreurs et d’imprécisions. Par exemple, certains ouvrages collectifs ne sont donnés en résultat que si l’on tape le titre, et pas si l’on tape le nom de leurs auteurs. Des noms d’auteurs sont rentrés avec des fautes d’orthographe (et si j’ai pu m’en apercevoir par hasard, m’est avis qu’il y en a une foultitude d’autres que je n’ai pas repérés). On trouve aussi des ouvrages réédités, en papier ou en e-book, et qui sont loin d’être indisponibles. (…)
Enfin, les erreurs, les nombreux bugs du site, les fautes d’orthographe, etc. posent un réel problème d’ordre juridique. Que se passera-t-il si un auteur vérifie la liste et ne trouve pas ses œuvres, parce que son nom est mal orthographié ou bien parce qu’il n’est carrément pas listé en tant qu’auteur alors que les ouvrages collectifs auxquels il a participé le sont, eux, bel et bien, ou tout simplement parce que le site déconne et dit qu’il n’y a pas de résultat, que se passe-t-il donc, si cet auteur laisse passer la date et voit ensuite apparaître un livre piraténumérique ?

… et à celui de François Bon, « Auteurs, contre l’Etat voleur, réclamez vos droits ! »

Évidemment, on nous en prévient, nous avons le droit de demander – c’est ça l’opt-out – le retrait de l’ouvrage. Le vol d’abord, et à vous de vous débrouiller pour réparer le casse.

On clique sur le formulaire et on remplit les case : 
- civilité, demandent-ils, 1er critère obligatoire – et toi, BNF, t’en as eu de la civilité pour entrer chez moi et venir fouiller mes armoires ?
- engagement sur l’honneur à fournir que je suis bien l’auteur de mes propres textes – en dehors de l’absurdité, puisque c’est eux-mêmes qui me déclarent l’auteur de ce texte, sinon je ne l’aurais pas trouvé – toi, BNF, t’en as eu, de l’honneur, à venir visiter mes chiottes voir s’il n’y avait pas encore un petit épuisé à mettre dans tes poches ?
- envoyer une copie de ma carte d’identité, comme chez les flics – et toi, BNF, je peux avoir l’identité des sbires que tu as employés à ton ramassage ?

Je vais le faire cependant. Parce que je ne veux pas que s’accomplisse sur mon dos un acte de vulgaire arracheur de sac. J’accepterai l’humiliation de rédiger une déclaration sur l’honneur comme quoi j’ai l’honneur d’être moi quand j’écris mes livres, que j’ai une carte d’identité et que je paye mes impôts.

Et vue de l’étranger, elle a bel air, tiens, l’édition française, qui oblige les traducteurs et anglophones/philes à lancer des messages d’alerte sur facebook pour avertir le monde du pillage généralisé :

France: stealing books isn’t piracy when the government does it

Bon. Je n’ai rien d’original à ajouter à ce qui a été dit à propos de ce foutage de gueule en mode industrie intensive. Mais je voulais faire entendre ma voix de lectrice, puisque le discours officiel et pro-numérisation des indisponibles, plutôt que d’admettre que l’Etat engraisse les organismes intermédiaires tout en faisant de la prime à l’incompétence pour les éditeurs qui toucheront de l’argent sur des oeuvres pour lesquelles ils ont cessé de se bouger les fesses, joue volontiers sur le registre du droit des lecteurs : droit de ‘reLIRE’ un texte, droit d’accès à l’intégralité de la production littéraire, blablabla.

Or donc, je le dis tout net : NON. PAS EN MON NOM.
Je n’ai pas d’intérêts en jeu, je ne suis pas auteur (le fait d’avoir quelques préfaces, trads, et autres textounets disséminés çà et là ne m’inscrit pas dans une démarche d’auteur, j’ai déjà expliqué par là de quelle logique interne tout cela relevait).
Et donc, en tant que lectrice, j’estime que la spoliation des auteurs, c’est un prix bien trop cher  à payer pour l’accès à une oeuvre. Je refuse d’y participer – même pour des ouvrages que je pourrais rechercher. Je ne veux pas participer à un processus qui mord, crame, coupe la main qui me nourrit le coeur, froisse et arrache les plumes qui me donnent des ailes à l’âme. C’est un crève-coeur et une rage.

En tant qu’amoureuse d’éditions belles et logiques dans leur cohérence entre forme et contenu, je pleure à l’idée de la laide foirade que promettent d’être ces trucs numérisés. J’aime autant patienter des années pour que survienne le moment de synchronicité qui permettra ze réédition. Un exemple ?
Yves et Ada Rémy, Les Soldats de la Mer. L’une des plumes fantastiques les plus enthousiasmantes que j’aie pu lire récemment, avec un univers onirique subtil, un régal. Première édition en 1968, puis des rééditions diverses en 1980 (j’étais pas néé), 1987 (je savais pas lire), et 1998 (j’étais occupée à dévorer tout le fonds de litt. classique). Ouvrage indisponible depuis, je ne l’ai découvert que gràce à mon libraire qui me le colla quasi d’office entre les pattes. Et voilà, en 2013, grâce à l’association Dystopia, tadam : belle couv’, bon travail de relecture, édition numérique et papier (avec préface d’Anne-Sylvie Homassel pour la réédition papier), et projet plus vaste de publication de l’oeuvre de ce duo de charme. Que seraient devenus ces Soldats, s’ils s’étaient dans l’intervalle trouvés incorporés dans une vague de numérisations massives ? Des oeuvres que j’aime profondément s’avèrent actuellement indisponibles, et je ne tiens pas à ce que ReLIRE détruise toutes leurs chances de vraie réédition, le moment venu.
Et je parle en collectionneuse / complétiste acharnée. Je peux passer des heures, des mois, à chercher les éléments manquants et épuisés de la bibliographie d’un auteur que j’apprécie. Aucun fichier numérisé à la va-vite, probablement bourré d’erreurs (à en juger par la non-qualité du travail effectué au niveau de la base de données de ReLIRE), ne vaudra l’émotion qu’on éprouve à déballer de ses mimines tremblantes un exemplaire tout marqué par ses vies précédentes. Pas d’égale à cette émotion, si ce n’est la réédition parfaite, telle que rêvée par l’auteur…
(Par pitié, qu’on ne vienne pas me faire le coup de l’élitisme. Je suis smicarde, je sais ce que c’est que d’avoir faim, vraiment faim, ou de se creuser un ulcère faute de savoir comment payer le métro pour aller bosser… Ça ne m’empêche pas d’avoir de l’éthique et un sens esthétique. Ça ne fait pas de moi non plus une adversaire de la culture pour tous, ou de la culture gratuite : je brasse avec enthousiasme, tant que l’initiative vient de l’artiste et se place en harmonie et cohérence avec sa démarche.)

En tant qu’être humain, enfin, une personne savourant la liberté des routes, les siennes et celles d’autrui, je vomis la perspective d’une telle intrusion sur le parcours créatif d’autrui. Je ne peux imaginer la fureur et le dégoût qui seraient miens si quelqu’un venait ainsi se servir parmi les créations que j’ai données au monde, pour les formater sans délicatesse ni respect de leur forme, de leur passé, de leur mode d’exister. Il est à craindre que dans une telle situation, me connaissant, j’irais couper net les liens qui me connecteraient à ce monde si activement adepte de la laideur, pour ne communiquer qu’avec mes silences intérieurs, mon cercle de confiance, et le ciel.
Faut-il donc rappeler qu’il y a parfois de bonnes raisons pour qu’une oeuvre ne soit plus disponible à la vente, en dehors de la disparition ou de l’incompétence d’un éditeur ? Oubliera-t-on tout simplement la volonté de l’auteur, ses évolutions, tout ce qui peut l’amener à ne pas désirer, parfois, la réédition d’un texte ? Fera-t-on cela, cracher à la gueule du créateur que l’on vole, lui dire que sa liberté et son regard sur ses propres bébés ne comptent pour rien ?

Not in my name.

... impression – empreinte – palimpsestes terrestres...

Greater than the sum (une boule à facettes pour ouvrir le bal)

Brendan Perry – Ark

Une tour de fer et de lumière, une matière profondément physique mêlée à une matière profondément métaphysique : métal qui naît du feu qui génère la lumière.
Non pas un objet esthétique, mais l’aspiration à une forme éthique.

Claudio Parmiggiani, Le Phare d’Islande

*

Mon premier s’offre au monde sous le double signe de la sincérité et de la vérité.

Il se présente sous la forme du témoignage de Marion, 18 ans, ancienne étudiante de la filière agricole, qui projetait de devenir éleveuse bio. « Je me suis dirigée vers l’élevage car j’aimais les animaux et j’ai abandonné cette idée parce que j’aime sincèrement les animaux. »

Son blog Au coeur du problème témoigne de ce qu’elle a vu et vécu – tout ce qui l’a dissuadée de poursuivre sur cette route – au cours de ses stages dans différents secteurs de l’élevage, de l’animalerie à l’établissement laitier, en passant par la reproduction de porcs ou le marquage de poussins.

Extraits, ambiance :

Aujourd’hui en salle de traite, une vache m’a donné un coup dans le ventre. Je n’ai rien dit, on l’a séparée de son petit la veille et si ont m’avait arraché mon gamin 10 min après mon accouchement je pense que je serais tentée de donner moi aussi des coups de pieds au connard qui prend le lait que je produis pour mon gamin.

***

Hier j’ai été aider un agriculteur pour le baguage de ses poussins. Au téléphone il m’expliqua que nous allions mettre des bagues aux volailles pour la traçabilité de la viande.
Dans ma tête je m’imagine attacher des bagues délicatement aux pattes de mignons petits poussins. Certes les poussins étaient mignons mais je n’aurais jamais pu imaginer une méthode pareille.
[la suite sur l’article « Baguage des poussins« ]

On a beau savoir, ou dire qu’on sait, qu’on a fait ses choix de consommateur (végétalien) en connaissance de cause – la réalité dont cette jeune femme partage l’expérience terrasse. Et renforce le pas, sur une autre route, la voie de la compassion, de l’empathie, du respect élémentaire.

*** ** ***

Mon second se dresse sous le signe de la colère.
Mon second aimerait être souffle de révolte, prémices d’un changement qui n’a rien à voir avec celui de certain mensonger slogan politique. Mon second se place dans la continuité de toutes les horreurs qui ces dernières années ne firent pas assez frémir notre société, et se rêve rupture.
Mon second crie que tout est lié, voit l’ensemble du spectre de l’enfance à la vieillesse, et ne peut supporter de voir l’une et l’autre criminalisées, mises à la rue sans recours.

Mon second, moi-même c’est à dire, se dresse sous le signe de la colère, c’est à dire de la solidarité, quand on accuse un bébé de mendicité (il a le tort d’être né d’une mère rom), quand on expulse de sa retraite une vieille dame (elle est coupable de pauvreté).

Allons-nous permettre à 2013 de se poursuivre sous de tels auspices ?

*** * ***

Mon troisième n’en a pas fini d’entrelacer aux vents ses petits fils d’espoir.
Mon troisième se rappelle avoir déjà beaucoup signé de messages de protestation, avoir fait passer beaucoup d’informations, sur les horreurs liées au maintien envers et contre toute humanité de l’expérimentation animale au sein des laboratoires. Mon troisième se réjouit de voir passer, de faire passer aujourd’hui une forme de pétition nouvelle, dont les organisateurs ont eu l’intelligence de recourir aux voies ouvertes par l’Europe. L’initiative citoyenne européenne permet aux dits citoyens de prendre les devants quand ils estiment que les instances officielles traînent par trop les pieds, et de réclamer devant l’Europe un changement législatif qu’ils estiment nécessaires. Pour ce faire, il faut réunir un million de signature, réparties entre les différents Etats membres – pour la France, l’objectif minimal est de 55500 signataires (voir ce document pour le détail).
Le collectif Stop Vivisection a saisi cette occasion de faire bouger les choses en matière de lutte contre l’expérimentation animale, en déposant la demande suivante :

Nous demandons instamment à la Commission européenne d’abroger la directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques et de présenter à la place une nouvelle proposition de directive visant à mettre fin à l’expérimentation animale et de rendre obligatoire, pour la recherche biomédicale et toxicologique, l’utilisation de données pertinentes pour l’espèce humaine.

Pour appuyer cette initiative de votre signature, rendez-vous sur le site de collecte, en cliquant ici – tout citoyen de l’UE en âge de voter peut participer. Il vous faudra fournir un numéro de passeport, carte d’identité ou permis de conduire, ce qui peut surprendre ou susciter des réticences, mais bon, on est là dans une démarche citoyenne et officielle, c’est à mon avis plus sûr que de livrer toutes ses coordonnées aux vautours publicitaires qui permettent à la plupart des sites de pétition de tourner… :-)
Voilà, on a jusqu’au 1er novembre 2013 (date de clôture de la collecte de signatures) pour que cette initiative puisse passer à l’étape suivante, donc n’hésitez pas à faire tourner, si le coeur vous dit de faire progresser la communauté animale au sein des instances citoyennes !

*

Mon tout se veut entier, se sait complexe, et vous envoie pour 2013, du haut de ses rêves de phare, ses plus beaux voeux de lumière, qu’elle soit aube ou bougie, lanterne ou foyer, fraternelle, spirituelle, qu’elle vous vienne de l’Autre, et vous soit intime.

I feel greater than the sum of all my parts
A domestic beast with a hairy heart
Trapped within a walled suburbia

I’ve found my taste is somewhat underground
Between the shadows and the cracks
I’m building my utopia…

I need to break free from all that binds
That makes me old before my time
In this world of dystopia

My love is like a bright guiding light
Shining in the darkness of the night
The star of my utopia

Brendan  Perry, « Utopia » (from Ark)

Bagage pour la route, offrande à l’hôte

Lecture à l’aube du poète afghan Sayd Bahodine Majrouh, ses Chants de l’errance. Un jeune homme déraciné s’interroge sur le sens de l’exil, et porte son questionnement aux pieds de différents groupes, hommes, femmes, autochtones, dirigeants, philanthropes, les pierres même. Les enfants lui répondent en petits princes…

« On a marché, marché. Peu à peu on a su que la lune et les étoiles et la voie lactée nous suivaient. Elles venaient chaque nuit scintiller juste au-dessus de nos têtes, et ça nous rassurait. Parce qu’après la première nuit, on avait eu très peur de les perdre. On craignait qu’elles n’aillent rester en arrière, accrochées dans le ciel de notre pays. (…)
— Même que certains se décourageaient ! Quand on descendait dans le fond des gorges et des crevasses, quelques étoiles se glissaient derrière la montagne, et ceux-là se lamentaient et gémissaient que les astres et la voie lactée se fatiguaient de nous suivre et rebroussaient chemin comme ces étoiles-là, disparues de l’autre côté du monde. Lorsqu’on remontait le versant d’en face, on les voyait réapparaître à mesure que l’on regagnait les hauteurs, et on souriait de la panique des inquiets… »

(…) Il était impossible d’exiler ces enfants. Habitants de l’univers, leur patrie était infinie. Tard dans la nuit, sous le vaste ciel où scintillaient « leur » lune et « leurs » étoiles, après des myriades de rires, de fraîcheur et de récits fantastiques de leur cru, je regagnai ma patrie : la liberté.

Sayd Bahodine Majrouh, Chants de l’errance
(éd. Orphée / La Différence)


CRA de Rennes, 2008 – pic (c)François Lepage

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Steel Fire in White

Je ne devrais pas être là.
Things to do. Places to be. People to see.
(vieux refrain, pas vrai ?)

Mais avant… suivre jusqu’au bout, avec vous, la piste ouverte par ma complice de marche sur sa Clef de Fa, dans son dernier, déchirant « Message in a Bottle« . Message déroulé, bouteille bue avec son goût de sel, jusqu’au dépôt – et le gris des cendres de virer gris acier. Un goût de métal en bouche, à défaut de pouvoir mettre une sensation sur l’invisible danger.

J’en ai certainement déjà parlé ici, mais chopez si vous le pouvez le documentaire Into Eternity, film glacé, beauté froide aux relents de science-fiction, sur la construction d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires en Finlande.

… disait donc l’amie. Ai trouvé hier sur ma route Into Eternity et, m’inclinant devant la synchro et les conseils, l’ai attrapé, et visionné dans la foulée.

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Love & Revolution

For Freedom, Beauty, Truth, and Love.

Je vous parle depuis une petite boite en vrac.
Ma chambre, vrac complet. Des piles de vêtements trempés, de books en équilibre précaire au bord du crash, de cartons couverts de slogans, fruit d’essais ratés.
Ma chambre, jamais devenue si proche du pur point de chute. Choir dans le lit, sous la douche, pour chasser le froid. Le reste du temps, rire, humour un rien halluciné, que l’hiver a lancé son occupation OccupyBones.

Je vois de l’occupation partout. Occupy Hope, Occupy Books, Occupy the Minds, the World. Occupy Money, so money won’t occupy you. Occupy the ads, the walls. Occupy Art, Occupy Hearts.
Occupy yourself. C’est la base. Be the change. Be the light you want to see in the world. Be the lighthouse, standing tall in the wind, shining hope, shining change. Occupy the sky, to keep the big companies from colonializing it.
Occupy public space, occupy the parks, the plazas. Occupy interstices, and occupy open air. Occupy the voids, the gaps.
And learn to share, to live and breathe and dream and act there together.

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L’insupportable quotidien (cliché, 1952-2010)

Une ancienne entrée de blog, initialement postée sur myspace, remontée dans les souvenirs et que je fais remonter par ici. Je n’en suis pas fière. La scène n’est pas belle, pas propre, pas nette. Pas de happy ending, et pas de fin, puisque tout cela s’amplifie.
C’était en 2010. Nous sommes en octobre 2011, et un brave maire UMP poursuit gaiement sa guerre aux pauvres, mettant à l’amende les glaneurs de poubelles. Elle est où, la saleté ?
Nous sommes en octobre 2011, et quatre militaires déployés en rose des vents, mais sans fleur au fusil, guettent à l’entrée du métro. Il y a un nombre incroyable ces jours-ci de cars de crs alignés le long des grands axes. Des caméras partout, et, comme me l’avouera une employée de la ratp, prêtes à s’assurer que les agents font leur travail, virent les mendiants, ces indésirables. « Ca ne m’amuse pas, mais je n’ai pas le choix, on est surveillés. » Lire la suite