Nature anar’

Ici est un pays qui ne dit pas facilement son nom d’humides turbulences, dans les sillages du silence embrumé.
Pierre Pelot, « Lorraine », in De crépuscule en crépuscule, photographies de Vincent Munier

Cela fait un moment déjà que me titillait l’envie d’un retour aux sources. Retour aux racines, plus précisément, puisque je suis née en terre lorraine, ai passé mon enfance au pied puis à flanc de colline, dans ces coins de ville liminaires de la forêt. Il suffisait de grimper un peu pour plonger dans un ailleurs craquant de nuances brunes et vertes. Encore aujourd’hui, en ces temps d’expansion des zones de pavillons, nos routes restent prisées, la nuit, des biches et de leurs faons…
Petite, je ne me rappelle pas avoir interrogé ce monde. Il était là, voisin, visité rituellement lors de la balade en famille du dimanche matin. Maintenant, depuis la grande ville, je regarde en arrière. On dit souvent qu’il n’y a rien en Lorraine. Je l’ai dit moi-même, un peu plombée par l’omniprésence des zones industrielles, par la domination des tours de la centrale nucléaire de Cattenom sur le paysage de plaines. J’ai trop laissé le bruit des camions sur l’autoroute oblitérer le craquement de branches de la forêt mosellane, ce trésor. Il n’est pas trop tard. Je retrace mes pas, les pieds affermis, sensibilisés en leur rapport à la terre qu’ils foulent par ces racines que de plus en plus je me sens pousser. Curieuse j’étais alors de retrouver la forêt natale. Pour guides sur les sentiers, une mère et un chien – tout est bien.

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Tucson, les deux Charles, et Spiderman en kilt

(Quelques pensées errantes inspirées par le contenu de ma boite aux lettres ce matin…)

C’est à travers les oeuvres de Charles de Lint que je suis tombée amoureuse des environs de Tucson et du désert. Un monde où les nuits dégagent un parfum de mythe, où les plantes et cactus sont dotés d’une vie et d’une sagesse millénaires, où hommes et animaux s’appellent « cousins » et se retrouvent sur le chemin des esprits. Lire la suite