De Pages et d’Espaces

La grande ville est trop étroite. La vue y est trop basse. De la rue, pas d’horizon. Regard plombé vers le béton, où les ailes de pigeon à la chair amalgamée déploient encore leur squelette, tristes restes d’une si belle architecture promise au vent et au ciel, qui n’a plus pour s’animer que le souffle du passage des roues assassines.
Croassement de corbeau. Rappel sauvage en la cité. Regard tiré vers le ciel. Un sourire s’envole.
Et un livre déploie ses pages, vastes, si vastes, espaces de wilderness.

Poussée première : le ciel, en ce point où il rencontre les porteurs de la terre.
Poussée première : la cime, de celles qui n’oublient les racines.
« Nous étreignons la terre, mais nous la parcourons rarement ! M’est avis que nous pourrions nous élever un peu plus. Nous pourrions au moins grimper à un arbre. », disait Thoreau. Go. Lire la suite

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De la Marche et des Hommes

« C’est vrai, nous ne sommes que des croisés au coeur défaillant, même les marcheurs d’aujourd’hui, qui ne se lancent jamais dans la moindre entreprise de longue haleine exigeant quelque persévérance. Nos expéditions ne sont que des périples qui nous ramènent le soir auprès de l’âtre d’où nous étions partis. La moitié de la promenade consiste à revenir sur nos pas. Nous devrions entreprendre chaque balade dans un esprit d’aventure éternelle, sans retour ; prêt à ne renvoyer que nos coeurs embaumés, comme des reliques de nos royaumes désolés. Si vous êtes prêt à abandonner père et mère, frère et soeur, femme, enfants et amis et à ne jamais les revoir ; si vous avez payé toutes vos dettes, rédigé votre testament, réglé toutes vos affaires et êtes un homme libre ; alors vous êtes prêt pour aller marcher. »
Thoreau, De la Marche Lire la suite